samedi 4 mai 2013

Nantes, capitale verte : (6) Danteken Pis

François Delarozière est un plasticien de grand talent et, semble-t-il, un businessman avisé, mais un scénariste contestable doublé d’un acteur calamiteux. Le pitch de l’Aéroflorale tel qu’il l’a présenté à Bruxelles avant-hier est complètement raté. On peut s’en rendre compte grâce à une vidéo de Presse Océan réalisée par Virginie Meillerais, disponible sur YouTube. Cette plate imitation d’un point de presse de la Nasa relève du canular foireux, du bidonnage même pas bidonnant.


Certes, l’Aéroflorale est un spectacle, une fiction. Mais le traitement choisi n’est pas en phase avec la mission du label Green Capital, censé distinguer des réalisations exemplaires et non des simulacres. Les dignes fonctionnaires de la Commission européenne qui l’ont décerné pourront venir en voisins contempler ce pastiche d’expédition scientifique vouée à l’étude du chicon et du chou de Bruxelles, et s’interroger sur la pertinence de leur choix...

L’exemplarité n’est pas nécessairement lugubre. Mais pour écrire cette histoire de serre volante, il aurait fallu la poésie d’un Cyrano de Bergerac, l’enthousiasme scientiste d’un Jules Verne ou l’humour d’un Alphonse Allais ; pour la dire il aurait fallu la faconde d’un Depardieu, la préciosité d’un Luchini ou l’ironie d’un Poelverde. Comme le montre la vidéo, le discours bruxellois tombe à plat. Le public ne rit que lorsque le commandant FD, affublé d’une combinaison vaguement aéronautique, s’emmêle dans ses dates ; le clown est plutôt triste.

François Delarozière n’aurait pas dû sortir de son domaine d’excellence. Mais la responsabilité principale incombe à Nantes Métropole qui n’a pas su cadrer son prestataire. À quoi bon avoir fourni tant d’efforts en vue d'obtenir le label Green Capital si c’est pour le galvauder dans ce gag affligeant ?

L’intégrale de Nantes, capitale verte :

2 commentaires:

Leblanchet a dit…

Dès lors que Delarozière se sépare de Royal, les deux parties y perdent. Royal perd le concepteur de marionnettes dont la technicité ne correspondait pas à la rusticité attendue par le metteur en scène, d'autre part Delarozière n'étant pas un conteur mais un illustrateur, les histoires accompagnant les Machines restent d'une indigence totale.

Une perte réciproque, puisque Royal rhabille depuis ses marionnettes pour illustrer de petits contes urbains, alors que Les Machines élaborent des automates sans autres histoires que leur redevance à des esthétiques empruntées.

Sven Jelure a dit…

Bien vu... Cependant, la décadence ne serait-elle pas une sorte de rançon du succès autant qu'une conséquence de la dispersion des compétences ? Une fois qu'on a réussi quelque chose, on est tenté de le refaire, pas toujours avec bonheur. Dans mes propres souvenirs, la "Visite du sultan des Indes" (2005, je crois) a été une sorte de point culminant, et depuis lors, tout est plus ou moins redite.