dimanche 2 décembre 2012

Alors, on n’abolit plus ?

C’est aujourd’hui la Journée mondiale pour l’abolition de l’esclavage, patronnée par les Nations Unies. Le monde devrait avoir les yeux tournés vers le Mémorial de l’abolition de l’esclavage. Mais non, rien du tout. Épuisé sans doute par sa manifestation estivale, Le Voyage à Nantes, pourtant responsable du Mémorial et du tourisme à Nantes, n'a pas été capable de saisir l’occasion. Même le site web du Mémorial n’en dit rien. (En revanche, il annonce encore les Rencontres internationales du Mémorial, les 22, 23 et 24 mars… 2012.)

Aboli bibelot d'inanité budgétivore
La création du Mémorial, on l’a suffisamment dit ici, était une mauvaise idée. Sa réalisation a été problématique. Ses délais ont largement dérapé. Son budget a explosé. Le choix des textes affichés a été fait en dépit du bon sens. Le résultat est très médiocre. Et même son respect des libertés publiques laisse à désirer. Il aurait mieux valu ne pas le faire, mais enfin, puisqu’on l’a fait, autant essayer de l'utiliser.

Caen a fait de son Mémorial une référence incontournable sur la Seconde guerre mondiale et même plus généralement sur la guerre et la paix. Ses expositions tournent dans le monde entier. Il attire autour de 400.000 visiteurs payants par an, malgré un tarif d’entrée élevé (tarif normal : 18,30 euros, mais 5 euros seulement pour les Caennais). Il est le centre d’abondantes activités touristiques, scientifiques et culturelles. Le Mémorial de Caen est un moteur, celui de Nantes est un boulet.

Et qu’on ne dise pas que l’esclavage n’est pas un thème aussi porteur que la guerre : notre Mémorial le dit lui-même, en ce moment précis, 27 millions de personnes sont esclaves de par le monde. Il faut croire que l’équipe de Jean Blaise a la tête ailleurs.

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