mardi 12 décembre 2017

Le Voyage à Nantes : le vrai coût des œuvres d’Estuaire selon la chambre régionale des comptes

Il faudra bien sûr revenir en détail sur le rapport de la chambre régionale des comptes consacré au Voyage à Nantes – y compris sur ce qui n’y est pas dit. En guise d’amuse-gueule, un bref retour en arrière sur les œuvres dites « pérennes » (quoique...) réalisées dans le cadre des opérations Estuaire. La troisième de ces biennales, celle de 2011 qui a eu lieu en 2012, se situe dans la période couverte par l’examen de la chambre régionale des comptes*.

Interrogé sur le coût d’une de ces œuvres, Jean Blaise répondait : « J’en sais rien et je m’en fous complètement ». La chambre « s’en fout » moins : elle a dressé un tableau du montant d’acquisition des œuvres, reproduit p. 61 de son rapport.

Le record appartient à l’Observatoire de Tadashi Kawamata à Lavau avec plus de 850.000 euros. Soit. Sa tour et son kilomètre de cheminement représentent un gros travail de menuiserie. Le problème est plutôt de savoir sur quelle durée l’amortir, car son bois de châtaignier vieillit vite.

Sur la deuxième marche du podium, c’est à peine croyable : la Maison dans la Loire de Couëron, avec plus de 800.000 euros. On se frotte les yeux. Huit cent mille euros pour ce gros cube de béton tout bête, posé de travers sur un fond vaseux ? On se dit que la somme doit englober aussi son ancêtre plus audacieuse de la première édition d’Estuaire, vite engloutie par la Loire. Mais non : la chambre régionale des comptes indique bien que la date de début d’immobilisation est le 1er juin 2012. Son inventeur, Jean-Luc Courcoult, est un habitué des gros budgets, ceci explique peut-être cela.

Les Anneaux de Buren, moitié moins chers que le Péage sauvage

À côté, le Serpent d’Océan de Huang Yong Ping, à Saint-Brévin, aurait presque l’air d’un cadeau. Il est vrai que l’œuvre n’est pas tout à fait unique puisque son auteur a multiplié les serpents géants. Au passage, un petit mystère : le Serpent est inscrit dans les comptes du Voyages à Nantes pour 750.595,10 euros. D’après l’Union européenne, qui en a financé une partie, il a coûté 694.955 euros. D’où vient la différence, soit quand même 55.640 euros ? La chambre ne semble pas l’avoir remarquée.

À cause de cet écart, le Péage sauvage rate le podium : il est quatrième avec 709.410 euros. Le Péage sauvage ? Qui se souvient donc de cette construction de bois censée représenter un péage d’autoroute ? Elle est toujours là, noircie par le temps, derrière la piscine de la Petite Californie. Les habitants de Malakoff qui rejoignent à pied la station de tram Moutonnerie peuvent la voir – du moins les jours où les hautes herbes ont été coupées.

Autrement plus visibles, les Anneaux de Buren n’ont coûté que 312.443,38 euros, soit même pas le double du Pendule de Trentemoult, qui n’est jamais qu’un gros balancier accroché à une trémie à sable, 186.141,94 euros**. Pour les familiers de l’île de Nantes, le Mètre à ruban de la rue La Nouë Bras-de-fer a coûté 91.113,91 euros, le Zebra Crossing, un peu plus loin, 55.949,78 euros (sa conception n’a pourtant pas demandé un effort colossal : il reproduit un passage pour piétons à l’anglaise) et la Résolution des forces en présence, énorme et spectaculaire hérisson de bois initialement exposé par Vincent Mauger place du Bouffay, 100.477,06 euros.>
_____________
* Les éditions 2007 et 2009 avaient déjà valu à Jean Blaise les reproches de la chambre régionale des comptes en 2011 ! C'est un "bon client".
** Sans compter le coût de la rénovation effectuée en 2014 sur cette oeuvre de 2009.

lundi 11 décembre 2017

Lobbying pour NDDL (44) Réfayraultdum

Jean-Marc Ayrault est sorti de son placard hier pour réclamer dans Le Journal du dimanche la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes. À trois jours de la remise du rapport des médiateurs au gouvernement, il veut peser dans la balance. Mais de quel côté son poids la fera-t-il pencher ? N’est-il pas discrédité au point que s’il dit oui, l’opinion ira vers le non ? Sera-t-il Grouchy ou Blücher ?

« Passer outre le référendum serait un déni de démocratie », proclame-t-il. Certes, en tant que maire de Nantes, il était familier des présentations biaisées, si ce n’est mensongères (au point même de voir une flèche sur une cathédrale qui n’en a jamais porté). Mais on ne peut soupçonner un ancien premier ministre d’ignorer que ce « référendum »était en réalité une simple « consultation ». C’est donc délibérément qu'il a choisi de fausser le vocabulaire. Il n’est pas seul : tout le camp pro-aéroport en fait autant ces temps-ci. Voici une affichette brandie l’autre jour à Nantes :


 Et voici le bulletin de vote réel du 26 juin 2016 :

On voit que la transformation de la « consultation » en « référendum » n’est pas une simple étourderie. Il y a falsification délibérée. Et si évidente qu’on peut s’interroger sur sa motivation : Pourquoi jouer ainsi sur les mots ? Qui cherche-t-on à tromper avec une manipulation aussi grossière ?
Plus c'est gros plus ça passe ?

mercredi 6 décembre 2017

Quelle promotion pour Jean Blaise après le contrôle de la chambre régionale des comptes ?

Tout à la fin de sa séance du 8 décembre, au 39e point de l’ordre du jour, alors que chacun fatigué n’aspirera qu’à rentrer chez soi, le conseil de Nantes Métropole doit examiner le rapport de la chambre régionale des comptes sur Le Voyage à Nantes.

Il sera un peu tard alors pour déterminer la promotion méritée par Jean Blaise. Oui, la promotion. Ce n’est pas la première fois qu’il croise le chemin de la Chambre. En 2011, elle avait sévèrement critiqué sa gestion du Lieu Unique. Que croit-on qu’il arriva ? Avant même que l’encre du rapport ne fût sèche, Jean-Marc Ayrault promut le patron du LU à la tête d’une structure beaucoup plus importante, Le Voyage à Nantes. Johanna Rolland ne saurait faire moins que son prédécesseur.

À en croire le dossier publié hier par Presse Océan, les critiques de la chambre régionale des comptes se concentreraient sur la construction du Carrousel des mondes marins. Celle-ci date pourtant d’une époque où Jean Blaise, qui venait d’être épinglé au titre du Lieu Unique, aurait dû rectifier sa gestion.

Travaux de construction du Carrousel en 2011
Insister sur le Carrousel présente quand même un avantage : c’est de l’histoire ancienne puisque l’attraction des Machines de l’île a été inaugurée en juillet 2012. Braquer les projecteurs sur un aspect secondaire des reproches qu’on leur fait est une tactique classique des personnages et institutions visés par les rapports de la cour des comptes et des chambres régionales des comptes. Comme les rapports leur sont communiqués avant publication, il n’est pas difficile d’organiser des « fuites » par l’intermédiaire de journalistes bienveillants. Serait-ce le cas ici ? Le doute est permis puisqu’il est arrivé à Emmanuel Vautier, signataire du dossier de Presse Océan, de relayer les dires de Jean Blaise sans trop de contestation. On verra bien dans quelques jours, à la publication du rapport d’observations définitives, si le Carrousel y tient la vedette ou pas.

Déjà, pourtant, certains signes donnent à penser que les critiques de la Chambre ne se bornent pas là. Par exemple, le Voyage à Nantes a publié cette année dans la rubrique « Marchés publics » de son site web des avis de marchés publics portant sur la réalisation d’œuvres destinées à son opération estivale 2017 (« une œuvre pour la place Royale à Nantes », « une œuvre pour la place Graslin à Nantes », « une œuvre pour la place du Bouffay à Nantes » et « une installation ludique », formule cabalistique qui désignait sans doute le toboggan du château des ducs de Bretagne ‑ tiens, il n’est donc pas une « œuvre », lui ?). En creux, cela pose la question de l’absence de marchés publics les cinq années précédentes. Les sommes en jeu pourraient se chiffrer en millions d’euros.

mardi 5 décembre 2017

Lobbying pour NDDL (43) Référendum du 26 juin 2016 ? C’est juste pas vrai

De l’eau a passé sous les ponts depuis l’époque où le président de la région des Pays de la Loire cherchait un professionnel du lobbying pour assurer la propagande du projet de Notre-Dame-des-Landes aux frais des contribuables. Il est clair que, de manière plus discrète, des professionnels de la communication sont entrés dans la boucle par la suite.

Depuis quelques mois, il semble qu’ait été recruté un spécialiste de la communication événementielle. Celle-ci vise à organiser des événements plus ou moins spectaculaires qui produiront des retombées presse et des images reprises par les réseaux sociaux. On a ainsi vu un empilement de cartons de déménagement devant la préfecture ou un simulacre de crash aérien devant la cathédrale.

Ces opérations ont rempli leur objectif tactique : elles ont fait causer. Sur le plan stratégique, c’est autre chose : elles ont montré la faible capacité de mobilisation des partisans de l’aéroport, rassemblant au maximum deux cents ou trois cents personnes. Ce que le gouvernement, qui devrait prendre sa décision dans la deuxième quinzaine de décembre, n’aura pas manqué de noter.

Sur le plan éthique enfin, le dernier en date de ces événements pose problème. Les professionnels de la communication aiment à dire que leur métier, c’est « la vérité bien dite ». Mais samedi dernier, l’événement pro-NDDL a consisté à « rebaptiser » la place Royale en « place du référendum du 26 juin 2016 ». Là, on sort carrément de la vérité pour entrer dans l’univers des fake news.

Un marqueur d’ignorance juridique

Le mot « référendum » est souvent utilisé sur les réseaux sociaux à propos du scrutin du 26 juin 2016. C’est en général un marqueur d’ignorance juridique. Ce scrutin était en effet une « consultation locale » et pas du tout un référendum. Un référendum est une procédure décisionnaire. Une consultation est juste… consultative. La première phrase de l’ordonnance du 21 avril 2016, qui a créé la consultation locale, est tout à fait explicite : « L'État peut consulter les électeurs d'une aire territoriale déterminée afin de recueillir leur avis… ».

Consultation : c'était écrit dessus
Recueillir leur avis : on ne saurait mieux dire que le vote était une indication, pas une décision, celle-ci restant de la compétence de l’État, comme tout ce qui concerne le transport aérien. Bien entendu, cela invalide toutes les proclamations sur le thème « le peuple de Loire-Atlantique a décidé que l’aéroport devait être construit ». Le peuple n’a rien décidé du tout, il a juste donné son avis, la décision n’appartenant qu’au gouvernement qui l’avait interrogé. Lequel gouvernement a implicitement décidé de ne pas suivre cet avis puisqu’il n’a rien fait.

Peut-être l’internaute de base ne fait-il pas bien la distinction entre référendum et consultation. En revanche, on ne soupçonnera pas les dirigeants des associations pro-aéroport d’ignorer la loi, dont par ailleurs ils se réclament sans cesse. C’est donc délibérément qu’ils ont falsifié la vérité en communiquant sur le thème du « référendum du 26 juin 2016 » au lieu de la « consultation du 26 juin 2016 ». Tout en rendant compte de leur événement, Ouest France les a assez sèchement recadrés : « Rappelons que c’était une consultation pour avis ».

Cet épisode est peut-être mineur. Mais il oblige à se poser cette question : Si les partisans du projet ne reculent pas devant une falsification aussi patente, se pourrait-il que leurs arguments soient mensongers aussi sur d’autres points ?

lundi 4 décembre 2017

Bolopoly (36) : Amato revient à Nantes pour parler d’autre chose

Ce soir à 19h50, à l’IMT Atlantique, Massimo Amato prononcera une conférence sur le thème : « Monnaie unique ou monnaie commune : quel avenir pour l'Euro ? ».

Professeur à l’université Bocconi de Milan, Massimo Amato est un spécialiste de l’histoire économique. Ses cours s’intitulent « Storia, istituzioni e crisi del sistema finanziario globale » ou « Storia economica e del pensiero economico ». Après avoir exploré le passé de l’économie, il disserte donc sur l’avenir. Pourquoi pas ? mais c’est plutôt sur le présent qu’on aimerait l’interroger.

Car le professeur Amato est le père spirituel de la SoNantes, notre désastreuse monnaie locale « complémentaire ». Hébergé pendant dix-huit mois par une institution para-municipale, l’Institut d’études avancées de Nantes, il y avait milité pour la création d'une monnaie locale. Et il avait convaincu l’adjoint aux finances de Nantes, Pascal Bolo, qui lui a publiquement rendu hommage devant le conseil municipal en décembre 2014 (à propos – ou pas – Amato signifie « Aimé » en italien ; le mot vient du latin « amator », qui a donné « amateur » en français).

En 2012, Massimo Amato "conseiller scientifique auprès de la Ville", parlait volontiers
de la future SoNantes (extrait d'une copie d'écran, page Facebook de la Sonantes)
Parler aujourd’hui, à Nantes, de l’avenir de l’euro, n’est-ce pas une manière de noyer le poisSoNantes ? Mais non, pas du tout, voyons. Massimo Amato est l’invité du Collège des transitions sociétales, un « think & do tank » local qui se consacre aux grandes idées sur l’avenir de la société. Il ne s’abaisse pas à des thèmes aussi minimes qu’une monnaire locale. Toute question sur la SoNantes serait donc malvenue.

vendredi 1 décembre 2017

Le musée d'arts de Nantes a-t-il choisi le bon Saint Matthieu ?

Une quarantaine de tableaux de Nicolas Régnier sont exposés jusqu'au 11 mars 2018 au musée d’arts de Nantes. Celui qui a fait le plus de chemin pour parvenir jusqu’à nous est Saint Matthieu et l’Ange, venu de Saratosa, en Floride. Il a été légué en 1936 par John Ringling au musée qui porte son nom et n’en est jamais sorti.

Saint Matthew and the Angel par Nicolas Régnier,
John and Mable Ringling Museum of Art, Sarasota, Florida
Jamais ? Une rapide recherche en ligne le montre pourtant ici et là, et puis encore ailleurs. Il est passé en vente aux enchères le 27 octobre 2010, le 15 avril 2011, le 29 novembre 2012, le 22 février 2013, le 3 décembre 2013 et le 10 décembre 2015, sous réserve d’autres ventes non répertoriées. Cela fait beaucoup pour une seule œuvre sédentaire.

En fait, ce Saint Matthieu existe en une demi-douzaine de versions. Autant peintre que marchand d’art, Nicolas Régnier a pu produire à la chaîne ; on le soupçonne même d’avoir fourgué quelques faux peints par l’un de ses gendres. D’un vendeur à l’autre, le tableau est tantôt « de Nicolas Régnier », tantôt attribué à son atelier ou à un « follower ».

La version passée en salle des ventes à Munich en 2015 était en principe « de Nicolas Régnier ». Elle a été adjugée 8.500 euros. À Drouot, un peu plus tôt, le même Saint Matthieu, toujours « d’une parfaite originalité », et expertisé par le professeur Mina Gregori, était estimé entre 8.000 et 12.000 euros. À ce tarif là, le musée d’arts aurait mieux fait d’acheter carrément le tableau au lieu de faire venir son frère de Floride à grands frais !

mardi 28 novembre 2017

Miroir d’eau z’alouettes : (5) Jean-Marc Ayrault s’en lave les mains

Un avis de marché publié au cœur de l’été dernier invitait les entreprises à présenter leurs offres pour l’entretien du miroir d’eau situé devant le château des ducs de Bretagne. On s’était bien douté que l’énorme installation souterraine qui le fait fonctionner allait coûter cher à l’usage. Nantes Métropole ne se faisait pas trop d’illusions, d’ailleurs. À l’époque de la construction, en 2015, elle annonçait un coût d’entretien annuel compris entre 30.000 et 90.000 euros par an.

C’était déjà beaucoup par rapport à Bordeaux. La maintenance annuelle de son propre miroir d’eau – presque trois plus vaste que le nôtre – coûte entre 10.000 et 50.000 euros par an, d’après les services municipaux bordelais.

C’était déjà beaucoup… et pourtant ce n’était pas assez. Le résultat vient de tomber : 128.845,48 euros HT, soit 43 % de plus que le maximum envisagé il y deux ans. Jean-Marc Ayrault a eu son miroir d’eau et il est parti avant d’avoir à jouer les arroseurs arrosés. Aux Nantais d’éponger.

jeudi 23 novembre 2017

Sept ans après, la Villa Déchets a-t-elle l’âge de raison ?

Jusqu’à dimanche, c’est la Semaine européenne de la réduction des déchets. Nantes a quelques titres à faire valoir à ce sujet. Voici sept ans, en novembre 2010, la Villa Déchets, entièrement construite avec des matériaux de récupération, voyait le jour sur le site des Chantiers navals.

Conçue par un architecte d’intérieur, Frédéric Tabary, et un marchand de biens, Yann Falquerho, fondateurs de l’association Tabakero, elle avait été construite grâce à 280.000 euros de mécénat apportés par Maisons du monde et à 7.000 journées de travail fournies par des bénévoles. Ceux-ci avaient récupéré, trié et exploité des déchets pour construire une maison de 70 m2.

Cela en faisait le logement le plus cher au m² construit à Nantes cette année-là. Mais c’était un bon investissement puisque la villa serait « 100% durable », comme l’indiquait le site web créé pour elle. Les techniciens de Nantes Métropole avaient bien montré un peu de réticence. Qu’importe ! Soucieux de faire de Nantes, au moins en apparence, la « capitale verte de l’Europe », Jean-Marc Ayrault leur avait imposé le projet. Les clés de la construction lui avaient été remises solennellement le 2 décembre 2010. Pendant quelques semaines, la presse nationale et régionale avait salué son souci écologique.

Sept ans, pour les banques, c’est le début du long terme. Pour les enfants, c’est celui de l’âge de raison. Sept ans après, où en est cette réalisation emblématique ? Après avoir été démontée puis remontée sur un terrain du côté de La Bottière, la villa déglinguée a été détruite pour de bon voici un an et demi. Elle a prouvé exactement l’inverse de ce qu’elle était censée démontrer.


lundi 20 novembre 2017

Des gros sous pour le Fonds de dotation de l’Arbre aux hérons ?

Le Fonds de dotation de l’Arbre aux hérons a désormais existence légale : sa création a été publiée au Journal officiel le 11 novembre. C’est comme si c’était fait : les 12 millions d’euros de financements privés nécessaires vont arriver dans la foulée. Johanna Rolland va pouvoir s’occuper à présent du troisième tiers des financements de l'Arbre : ceux qui ne proviendront ni du privé ni de Nantes Métropole mais d’autres contribuables (européens ? français ? paysdeloirons ? départementaux ?).

Faux nez de Nantes Métropole* et construction juridique un peu branlante, le Fonds de dotation est forcément irréprochable sur le plan financier, n’est-ce pas, puisqu’il compte parmi ses membres fondateurs la Chambre de commerce et d'industrie de Nantes-St-Nazaire, la Jeune chambre économique Nantes Métropole sud Loire, le MEDEF de Loire Atlantique et le Crédit Mutuel Loire Atlantique Centre Ouest ? Euh… pas si sûr, en réalité.

Ses fondateurs ont pris soin d’affirmer que son objet était de financer une « œuvre d’art ». Le Code général des impôts, annexe 3, a fixé en son article 98 A une liste des réalisations considérées comme œuvres d’art en matière de TVA. Elle comprend les « productions originales de l'art statuaire ou de la sculpture en toutes matières », sous une réserve cependant : « les productions sont exécutées entièrement par l'artiste ». Pour être d’équerre, François Delarozière devrait jouer du chalumeau pendant un bout de temps !

Le Fonds de dotation compte lancer une campagne de financement participatif auprès des particuliers. L'objectif évoqué à ce jour est de 200.000 euros. Cela ne dénote pas une énorme ambition ; en 2016, Jean Le Cam a récolté 367.172 euros sur KissKissBankBank pour sa participation au Vendée Globe. Surtout, ces 200.000 euros ne représentent encore que 1,66 % de l’objectif du Fonds de dotation. Il manque 11,8 millions d’euros.

Pour les fournir, on compte sur les entreprises. Quand elles donnent à une œuvre d'intérêt général, elles peuvent réduire leurs impôts de 60% de leurs dons dans la limite de 5‰ de leur chiffre d’affaires. Pour parvenir à 11,8 millions d’euros de dons, comptez 2,36 milliards de chiffre d’affaires. Ah ! oui, quand même… Idea Groupe, dont le PDG, Bruno Hug de Larauze, est aussi président du Fonds de dotation de l’Arbre aux hérons, pourrait ainsi, au regard de son chiffre d’affaires 2016, faire un don de 92.595 euros. Il en faudra 127 autres de même taille pour atteindre l’objectif. Et autant de patrons prêts à annoncer à leurs salariés qu'ils vont faire un don à une installation touristique.

La réduction d’impôts n’est pas tout : il y a aussi les contreparties. Elles pourraient bien susciter des situations cocasses sur lesquelles on reviendra. 

lundi 13 novembre 2017

Bolopoly (35) : FiascoNantes

« SoNantes : le fiasco de la monnaie locale », titre aujourd’hui Presse Océan sur toute la largeur de sa Une. « Le constat est sévère, c’est un échec », confirme Philippe Corbou en pages intérieures. Et moi qui hésitais à revenir sur le sujet, comme me l’avait suggéré Herminie44 fin octobre

La SoNantes est en plein marasme. Depuis des mois, le compteur des entreprises adhérentes est bloqué sur 175. Le plus récent adhérent répertorié à ce jour par son annuaire, Olibaba, spécialiste des produits à base d’olive, était déjà signalé comme nouvel adhérent le 18 juillet dernier sur le compte Facebook de la SoNantaise. Lors du lancement de la SoNantes en avril 2015, ses fondateurs affichaient une cible de 3.000 entreprises adhérentes en trois ans : il ne reste que 14 % du temps pour remplir 94 % de l’objectif…

« Ce projet n’a pas coûté le moindre centime d’argent public », assure Pascal Bolo, « grand argentier de la ville ». Quelle blague ! Pendant des années, lui-même, un professeur d’université et le directeur général du Crédit Municipal ont multiplié les réflexions et les voyages d’étude. Cette phase a déjà coûté 0,8 million d’euros. Puis le Crédit Municipal a investi dans l’aventure 2 millions d’euros, dont plus de 750.000 ont déjà été engloutis par les pertes des années 2015 et 2016. Or, comme il le précise lui-même, le Crédit Municipal est « un établissement public de crédit et d’aide sociale, propriété de la ville de Nantes ». Ce qui coûte au Crédit Municipal coûte aux Nantais.

Si elle n'est pas toujours clairvoyante, l’opposition, dans cette matière économique, s’est montrée plus éclairée que l’homme qui dirige les finances municipales. À plusieurs reprises, Laurence Garnier avait dit que ça ne pouvait pas marcher. Et ce blog ne disait pas autre chose. La série Bolopoly est longue ; en voici les précédents épisodes :

samedi 11 novembre 2017

Le nouveau moteur de l’Éléphant : (4) business hybride

Le moteur hybride choisi pour rééquiper l’Éléphant a-t-il une génération de retard ? Ici, il faut lancer un appel solennel aux spécialistes de l’énergie électrique : Quelle puissance faut-il pour déplacer à 2 km/h sur terrain plat une machine de 48 tonnes ? Et, aux prix actuels, que coûteraient les batteries nécessaires ? Un indice : deux sociétés suisses viennent de convertir au tout-électrique un énorme dumper Komatsu de 45 tonnes à vide plus 65 tonnes de charge, qui livre des blocs de pierre à une cimenterie depuis une carrière à flanc de montagne sur une pente à 13 %. Ses batteries ont une capacité de 700 kWh. Il se pourrait donc qu’on reparle de la technique avant longtemps.

Mais revenons au montage de l’opération. Nantes Métropole propriétaire de l’Éléphant paie l’essentiel des travaux, à charge pour la société publique locale (SPL) Le Voyage à Nantes, gestionnaire des Machines de l’île, de réaliser le programme. Le Voyage à Nantes est soumis aux règles des marchés publics pour l’ensemble de ses achats. Or, la liste des achats publics affichée par Le Voyage à Nantes ne comporte pas trace d’un appel d’offres concernant l’achat du moteur et des services connexes. Il semble que ce marché de 413.000 euros HT ait été confié de gré à gré à la société Dintec.

Dintec n’est pas un inconnu : c’est ce petit bureau d’études, déjà, qui a conçu le moteur hybride du cheval-dragon construit par l'association La Machine, animée par François Delarozière, dont on connaît les liens étroits avec Les Machines de l’île. Sur son propre site web, Dintec indique être membre de cette association. Il fait partie d’un groupe nantais prospère dont l’une des principales activités est la vente de moteurs diesel et qui a fêté ses 35 ans aux Machines de l’île en 2013. Le fondateur de ce groupe, aujourd’hui en retraite, est un ami personnel de François Delarozière, notait incidemment le magazine municipal Nantes Passion il y a quelques mois.

Comme le monde est petit et Chantenay plus encore, il se trouve que le groupe ou ses actionnaires détiennent une bonne partie des terrains les plus proches de la carrière de Miséry. La décision soudain prise d’y construire l’Arbre aux Hérons imaginé par François Delarozière, animateur de La Machine, et Pierre Orefice, directeur des Machines de l’île, peut leur laisser espérer une jolie plus-value. De ses nouveaux bureaux, Dintec pourrait même surveiller le chantier en direct. Entre amis, il est bien normal de se rendre des services. 

vendredi 10 novembre 2017

Le nouveau moteur de l’Éléphant : (3) recalé à la session de rattrapage

On dirait que Pierre Orefice a été piqué au vif par les deux billets publiés ici ces derniers jours à propos du changement de moteur du Grand Éléphant : « Un très mauvais choix initial » et « Beaucoup de rien pour bruit ». Emmanuel Vautier et Stéphane Pajot, lui prêtent aujourd’hui leur plume dans Presse Océan pour tenter de remettre son discours d’aplomb.

Hélas, le patron des Machines de l’île se montre une fois de plus brouillé avec les chiffres. Il réaffirme que l’Éléphant, dont le circuit « fait environ 1 km » aurait parcouru 20.000 km en dix ans.  « Comment les Machines aboutissent-elles à 20.000 km ? » demande le quotidien. « Nous avons fait une moyenne : 9 voyages sur 300 jours par an », répond le patron des Machines. On n’a donc pas pensé à équiper l’Éléphant d’un compteur kilométrique ? Cela aurait été plus prudent, car ce calcul à la louche est faux.

Si par « voyages » Pierre Orefice désignait autant de circuits, il devrait revendiquer un kilométrage 35 % plus élevé, 27.000 km parcourus et non 20.000. En effet, de notoriété publique, 9 voyages x 300 jours x 10 ans x 1 km = 27.000 km. Comment se tromper dans un calcul aussi élémentaire ? (La question s'adresse aussi à Emmanuel Vautier et Stéphane Pajot, qui auraient dû repérer l'erreur au premier coup d'oeil.)
Le verdict de Google Earth : des Nefs au Carrousel, l’Éléphant parcourt 327,63 m.
Mais l'erreur la plus grave est ailleurs. Les neuf « voyages » par jour désignent en réalité des « embarquements » pour des trajets de moins de 350 mètres chacun en moyenne, allant soit des Nefs au Carrousel, soit du Carrousel à la passerelle, soit de la passerelle aux Nefs, qui mis bout à bout forment un circuit complet. Pierre Orefice aurait donc dû annoncer 9 voyages x 300 jours x 10 ans x 0,350 km = 9.450 km. Les 20.000 km revendiqués sont bidons pour plus de la moitié !

Si l’on voulait entrer dans les détails, il faudrait préciser que de 2007 à 2012, les trajets étaient un peu plus longs car le Carrousel n’existait pas. Mais ils étaient aussi moins nombreux : ils variaient de quatre embarquements en basse saison à huit en haute saison. La moyenne de neuf voyages par jour retenue par Pierre Orefice est donc erronée. Il faudrait aussi noter que si les Machines sont bien ouvertes environ 300 jours par an, le nombre de jours de fonctionnement de l’Éléphant est inférieur. Du fait des pannes, des révisions et des intempéries (en théorie, l’Éléphant ne devrait pas fonctionner quand le vent souffle à plus de 50 km/h, soit une cinquantaine de jours par an), il faudrait retrancher du total plusieurs centaines de kilomètres. 

jeudi 9 novembre 2017

Le nouveau moteur de l’Éléphant : (2) beaucoup de rien pour bruit

En arrêt pour travaux, l’Éléphant de l’île de Nantes va être équipé d’un moteur hybride. Il fonctionnera au thermique et à l’électrique. Ce sera « le premier pachyderme mécanique éco-responsable », se rengorgent Les Machines de l’île.

Dans une motorisation hybride standard, le moteur électrique fonctionne seul quand les besoins d’énergie sont faibles (typiquement, à petite vitesse) ou en appoint du moteur thermique pour répondre à un besoin ponctuel (typiquement, pour accélérer ou monter une côte). Ses batteries sont rechargées par le moteur thermique en vitesse de croisière ou par récupération d’énergie cinétique au freinage ou en descente. Une motorisation hybride est donc intéressante lorsque les terrains et les vitesses sont divers.

L’Éléphant va-t-il désormais galoper à hybride abattue à travers l’esplanade des Chantiers ? Ou se cabrer à la manière du cheval-dragon ? Cramponnez-vous là-haut, ça va secouer ! En dehors de ces hypothèses, s'il continue à fonctionner à toute petite vitesse stabilisée, sans côte à monter ou à descendre, un moteur hybride ne lui sera pas d'une grande utilité. Ses besoins en énergie demeureront identiques. Il consommera moins (quoique certainement pas les « dix fois moins » annoncées par Pierre Orefice) parce que son moteur diesel sera plus efficient, un point c’est tout.

Un moteur en retard d’une génération ?

Reste quand même un unique avantage : doté d’un moteur hybride, l’Éléphant pourra fonctionner à l’électricité, donc en silence, sur certaines parties de son parcours, en particulier sous les Nefs. Ce ne sera pas du luxe ? Si quand même, pour plusieurs raisons :
  • Le nouveau moteur diesel de 140 ch devrait déjà être moins bruyant que son prédécesseur de 420 cv. 
  • Le ronronnement de l’Éléphant, contrairement au prix des billets, n'est pas souvent critiqué par les visiteurs. Pour certains même, il participe au spectacle. « Sympathique, bruyant, des enfants partout... », écrit l'un d'eux,
  • Le barrissement de l’Éléphant est plus bruyant que son moteur ; pourtant, il est douteux qu’on y renonce.
  • Surtout, le bruit pourrait être largement réduit par un capot insonorisant (camouflé par exemple en éléphanteau suivant sa mère).

Cette dernière disposition était d’ailleurs possible dès le début, en 2007. Pourquoi la réduction du bruit est-elle soudain devenue un objectif si impérieux qu’on lui consacre des centaines de milliers d’euros ? Pour faire moderne ? La Toyota Prius, hybride elle aussi, est née dix ans avant l’Éléphant, en 1997 ! (Accessoirement, on note que son silence n’est pas seulement une affaire de moteur : Toyota a soigné l’insonorisation.) Mais à présent, tous les grands constructeurs automobiles lancent des modèles 100 % électriques. Au niveau mondial, Google enregistre quatre fois plus de recherches sur « electric car » que sur « hybrid car ». En choisissant un diesel en 2007, Les Machines de l’île avaient un temps de retard. Et en choisissant un hybride en 2017 ?

À Ergué-Gaberic, près de Quimper, BlueSolutions, filiale du groupe Bolloré, construit aujourd’hui le BlueTram, tramway électrique sans rails ni caténaires capable de parcourir 2 km sur une seule recharge de 20 secondes. Deux kilomètres : plus qu’il n’en faudrait à l’Éléphant pour une tournée complète des Nefs aux Nefs. Si l’on tenait à changer de moteur, voilà pour le coup une solution qui aurait fait moderne.

« On aurait été incapables de le trouver parce que l’on restait bloqués sur l’île de Nantes », disait Pierre Orefice l’an dernier à propos du site choisi pour l’Arbre aux Hérons. Reste-t-il à présent bloqué sur le Bas-Chantenay au point de ne pas imaginer qu’on puisse trouver des motoristes ailleurs en Bretagne ?

mardi 7 novembre 2017

Le nouveau moteur de l’Éléphant : (1) une machine partie du mauvais pied

« Votre voiture diesel a 20.000 km, le moteur est bon à changer » : le jour où votre garagiste vous annonce ça, devis de 7.700 euros H.T. à la clé pour un modèle acheté neuf 20.000 euros il y a dix ans, vous vous mettez en rogne. Vous maudissez le constructeur. Le vendeur aura de vos nouvelles. Mais quand Les Machines de l’île nous disent que notre Éléphant (nous en sommes tous un peu propriétaires puisqu’il appartient à Nantes Métropole) est à l’arrêt pour changer de moteur et que les travaux vont coûter 770.000 euros hors taxes (dont 413.000 pour le moteur lui-même), tout le monde a l’air de trouver ça normal.

« Le Grand Éléphant se refait une beauté après avoir parcouru près de 20 000 kilomètres et effectué pas moins de 23 000 voyages », assurent Les Machines de l’île. Dont la calculette doit être déréglée une fois de plus. L’Éléphant a peut-être effectué dans les 23.000 voyages depuis 2007, soit pas loin de huit par jour de fonctionnement en moyenne, mais cela ne fait pas 20.000 km. Ses « voyages » conduisent l'engin des Nefs au Carrousel, du Carrousel à la passerelle ou de la passerelle aux Nefs, soit des trajets de 350 m en moyenne. 23.000 x 350 m = 8.050 km*. C’est bien la première fois qu’on trafique le compteur d’un véhicule pour lui ajouter des kilomètres.

En tout état de cause, fût-elle même de 20.000 km, la distance parcourue – à moins de 2 km/h de moyenne sur terrain plat et ferme – n’avait pas de quoi épuiser un diesel de 420 chevaux. Pourquoi le remplacer, alors ? Par souci d’« exemplarité » (sic). Le nouveau moteur « va consommer dix fois moins et sera moins bruyant », a assuré Pierre Orefice à 20 Minutes. « Il polluera bien moins en rejetant vingt fois moins de particules dans l'atmosphère », a-t-il aussi promis à Ouest France. Dix fois moins de carburant, vingt fois moins de particules ? Soit le patron des Machines de l’île nous raconte des histoires, soit le moteur d’origine était un choix vraiment catastrophique.

Confirmation : le moteur de 420 ch va être remplacé par un moteur de 140 ch seulement alors que les besoins en énergie ne seront pas moindres. Ce qui est exemplaire n’est pas la vertu du nouveau moteur mais l’inadéquation de l’ancien. Plus étonnant encore : le remplacement du moteur est confié à ceux qui avaient fait un mauvais choix de départ. Faire et défaire, c’est toujours facturer.
______________

* La réalité est un peu supérieure, peut-être 10.000 km, car de 2007 à 2012, avant l’inauguration du Carrousel, les voyages étaient plus longs : la boucle des Nefs aux Nefs ne comptait que deux tronçons au lieu de trois.

Mise à jour du 8 novembre : Une première version de ce texte indiquait que les travaux allaient coûter 7,7 millions d'euros H.T. C'était une coquille, bien entendu : le changement de moteur n'allait pas coûter trois ou quatre fois le prix initial de l'Éléphant ! Merci aux lecteurs vigilants qui ont rectifié et toutes mes excuses à ceux qui auraient été induits en erreur.

lundi 6 novembre 2017

Le Fonds de dotation de l’Arbre aux hérons, OVNI juridique ?

Le Fonds de dotation de l’Arbre aux hérons est un faux nez de Nantes Métropole. Cela suffit à créer une insécurité juridique. Ce n’est pas tout. Les rédacteurs de ses statuts semblent s’être ingéniés à multiplier les risques. Du moins dans la version adoptée par le conseil de Nantes Métropole le 26 juin 2017.

Ce Fonds est un fonds « redistributeur ». Un tel fonds reçoit et gère des biens et « redistribue [les revenus] pour assister une personne morale à but non lucratif dans l'accomplissement de ses œuvres et de ses missions d'intérêt général » (Loi n° 2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l'économie, art. 140). Il doit définir sa propre mission avec rigueur. Le Comité stratégique des fonds de dotation réclame qu’elle « soit décrite avec précision dans les statuts afin que son caractère d’intérêt général ne prête pas à contestation ». Cette exigence a été rappelée par le ministre de l’Intérieur et le ministre de l’Économie dans une circulaire aux préfets.

Le Fonds de dotation de l’Arbre aux hérons décrit-il sa mission avec précision ? Selon l’article 2 de ses statuts, il « a pour objet de financer les actions concourant à la création d’une œuvre d’art d’intérêt général dénommée « Arbre aux Hérons » sur le site de la carrière Chantenay à Nantes. » Cela peut sembler précis. Hélas, le même article ajoute que le fonds « a pour vocation de :
  • Concevoir et mettre en oeuvre la stratégie de recherche de fonds privés d’entreprises, d’associations et de particuliers désireux de participer au financement de l’ « Arbre aux Hérons »,
  • Animer le collectif des donateurs et des acteurs du projet en leur donnant les informations sur l’avancement du projet en relation avec Nantes Métropole et le Maître d’œuvre
  • Concevoir en lien étroit avec les auteurs le récit et la communication qui doivent accompagner le projet »
Il vise donc à jouer un rôle large. Un fonds de dotation s’occupe normalement d’activités « amont » : il recueille des capitaux, les gère et choisit la cause qui en bénéficiera. La suite n’est pas son affaire. Le Fonds de dotation de l’Arbre aux hérons, lui, compte s’occuper d’activités « aval ». Les statuts eux-mêmes le qualifient explicitement d’« outil de gouvernance ». En amont, il n’a pas le choix : il « reversera la dotation en capital et ses autres ressources à Nantes Métropole en vue de la réalisation du projet ‘Arbre aux Hérons’ ».

Là, on débusque une petite astuce. On l’a vu, l’objet du fonds est de financer « la création d’une œuvre d’art […] dénommée ‘Arbre aux Hérons’ »… mais l’argent récolté servira à « la réalisation du projet ‘Arbre aux Hérons’ ». De même que Voyage à Nantes désigne à la fois une société publique locale et l’opération estivale qu’elle organise, Arbre aux Hérons désigne à la fois une « œuvre » et un « projet ». Ce dernier est décrit par les statuts comme « un projet unique et singulier qui permettra au territoire de la métropole nantaise de franchir un cap en termes de rayonnement et de visibilité mondiale, et aussi de renforcer son développement touristique et économique avec des retombées directes pour le territoire ». On est loin de l’œuvre d’art, désormais.

Corrélativement, la troisième « vocation » énoncée plus haut intrigue. Vu l’ampleur du projet, concevoir « le récit et la communication qui doivent [l’]accompagner » est un travail considérable. Et vu l’ambition affichée, il ne peut être confié à des amateurs. Le Fonds de dotation sera-t-il en réalité une direction de la communication ou une agence de publicité ? On note que l’article 10 des statuts inclut parmi ses ressources « le produit des rétributions perçues pour services rendus ».

Inutile de pousser plus loin les conjectures, il faudra observer la pratique effective du Fonds. Toujours est-il que sa mission n’est pas « décrite avec précision dans les statuts ».

lundi 30 octobre 2017

Le Fonds de dotation de l’Arbre aux hérons en danger de transparence

« Nouvelle étape clef pour l'arbre aux hérons avec le premier conseil d'administration du fonds de dotation réuni ce soir avec tous les partenaires économiques du projet qui a élu Bruno Hug de Larauze à sa présidence », a proclamé Johanna Rolland dans la soirée du 26 octobre sur son compte Facebook, avant de confirmer en 121 signes sur Twitter quelques minutes plus tard.


Que MM. de Larauze et Delarozière s’accrochent aux mêmes branches n’a rien d’un scoop. L’information avait été éventée dès le 14 septembre à l’occasion d’un entretien avec Johanna Rolland réalisé par Franck Renaud, pour Place Publique, et Éric Chalmel pour son blog Les États et empires de la Lune. « Vous avez nommé un chef d’entreprise, Bruno Hug de Larauze, ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie des Pays de la Loire, à la tête du fonds de dotation destiné à réunir des fonds privés pour le projet d’Arbre aux hérons », avaient-ils noté. Non seulement le maire de Nantes n’avait pas démenti mais elle avait placé un lien vers l’article sur son propre blog.

Ce détail chronologique a-t-il la moindre importance ? Ça se pourrait. Que sait-on à ce jour du Fonds de dotation de l'Arbre aux hérons ?

De toute évidence, il n’a pas l’indépendance exigée par la loi. C'est un instrument entre les mains de Nantes Métropole. Vis-à-vis de celle-ci, on pourrait dire qu'il est « transparent ». Cette transparence-là n'est pas une qualité. C'est une notion dégagée par la jurisprudence à propos d'associations créées par des collectivités pour réaliser des opérations en s'affranchissant des contraintes du droit public. Elle est sanctionnée par la Cour des comptes et la justice administrative ; en substance, c’est comme si l’association n’existait pas. 

Sauf erreur, les fonds de dotation étant de création récente, aucun n’a encore été jugé « transparent ». Mais celui de l’Arbre aux hérons pourrait être un bon candidat. Avec quelles conséquences ? Eh ! bien, que diriez-vous par exemple d’une remise en cause de la déductibilité fiscale des dons ? Mais pas d'affolement : à ce stade, il ne s'agit que d'hypothèses. Les premiers donateurs serviront de cobayes.

mercredi 25 octobre 2017

Glissements progressifs du blaisir

Paysage glissé, alias le toboggan du château des ducs de Bretagne, est-il là pour toujours ? Ce sera une installation « pérenne et remontée chaque été », avait dit, ou laissé entendre, Jean Blaise lors de la présentation du Voyage à Nantes 2017. Pour être remonté, encore faudrait-il qu’il fût démonté. Ce n’est pas le genre d’opération qu’on improvise. La dépose de l’installation devrait être à peu près aussi coûteuse et délicate que sa pose et faire intervenir à nouveau personnels et matériels spécialisés. Elle a été prévue dès le début.

Ou plutôt, manifestement, elle ne l’a pas été. Par oubli, par négligence, par calcul ? Quelle que soit l’explication, elle n’est pas à la gloire du Voyage à Nantes. Le toboggan est donc là pour un moment. « On va le laisser pendu aux remparts pour le transformer et le rallonger », avouait Jean Blaise à Julie Charrier-Jégo (Presse Océan du 1er septembre 2017) dès la fin du VAN 2017. Et voilà comment ce Paysage glissé d’un été glisse à la fois dans le temps et dans l’espace, devenant plus durable afin de devenir plus long.

Cette non-dépendaison pose quand même problème à plus d’un titre.

L’aspect esthétique n’est sans doute pas le plus important. Le toboggan zèbre un pan de rempart sans intérêt historique ni architectural, reconstruit à moindres frais après l’explosion de la poudrière du château en 1800. Sa courbe puissante, ses teintes brunâtres aux reflets métalliques font assez heroic fantasy, dans le fond. S’il paraît incongru, il n’est pas forcément une catastrophe visuelle.

L’aspect sanitaire mériterait plus ample analyse. La plate-forme où atterrissent les hardis
tobogganautes est posée au-dessus des douves. Que trouverait-on au-dessous, mijotant dans l’obscurité des eaux stagnantes ? L’idée même n’est pas ragoûtante.

L’aspect technique laisse dubitatif. « Nous avions fait les études nécessaires », assure Jean Blaise lui-même. Si les études nécessaires ont donné un toboggan raté, par quel miracle des études superflues donneraient-elles un toboggan réussi ? En rallongeant le toboggan d’un tronçon en pente douce, on espère sans doute éviter des chutes brutales à la minorité des visiteurs qui descendent trop vite. Ceux qui descendent à petite vitesse devront terminer la descente à pied ; le cas n’était déjà pas rare dans la configuration actuelle. Régler un défaut ne ferait qu’accentuer l’autre. Le vrai problème est qu’on ne peut pas faire un toboggan pour toutes les morphologies et toutes les positions. Ce n’est pas un hasard si la plupart des grands toboggans aboutissent dans une piscine, ce qui règle la question radicalement : tout le monde à l’eau. Mais qui désire plonger dans les douves du château (voir le paragraphe précédent) ? Quant au second gros problème technique du toboggan, la température, une prolongation n’y changerait rien. Quand le soleil tape, l’acier chauffe. À moins d’en faire une attraction nocturne ou de lui ajouter une toiture, il faudra toujours fermer Paysage glissé les après-midi de grand beau temps.

L’aspect juridique enfin est franchement abusif. Paysage glissé adorne le château au titre non d’un permis de construire mais d’une simple autorisation temporaire d’occupation. Il devait être démonté à la fin de la manifestation estivale. En se dispensant de l’enlever, le Voyage à Nantes s’est placé délibérément dans l’illégalité. Le comble est qu’il est aussi chargé par la ville de Nantes de gérer le château des ducs de Bretagne dans le cadre d’une délégation de service public (DSP) ! Toutes proportions gardées, il se conduit envers le château comme une famille d’accueil pédophile envers un enfant confié par les services sociaux...

Remarque complémentaire : Nantes Métropole accorde ses DSP au Voyage à Nantes sans appels d’offres. Elle se fonde pour cela sur une disposition dérogatoire du code général des collectivités territoriales : la mise en concurrence n’est pas obligatoire quand le délégant exerce sur le délégataire « un contrôle analogue à celui qu'il exerce sur ses propres services ». Nantes Métropole laisserait-elle ses propres services s’asseoir sur le droit de la construction ?

De l’autre côté de la douve, la statue d’Anne de Bretagne par Jean Fréour contemple le toboggan avec comme un petit sourire ironique. Les Malouins avaient reproché à la duchesse de construire au flanc de leur château une tour dont ils ne voulaient pas. « Quic-en-groigne, avait-elle répondu, ainsi sera car tel est mon bon blaisir. » Plaisir, pardon.

mardi 24 octobre 2017

La pancarte sauvage du cours Saint-Pierre fait encore des siennes

« Ce n’est pas la girouette qui tourne, c'est le vent », disait un politicien de la IVème République habitué à retourner sa veste. Serait-ce un vent surréaliste qui transforme en girouette la pancarte du cours Saint-Pierre censée orienter les piétons vers le musée d’arts et le jardin des plantes ? Elle s’est longtemps ingéniée à les égarer en les dirigeant vers la Tour LU.

On croyait les choses revenues dans l’ordre et la pancarte replacée dans le bon sens – même si l’indocile engin en avait profité pour raccourcir le temps de marche jusqu'au musée, passé de 3 minutes en 2016 à 2 en 2017. Or voici que cette pancarte indomptable pointe à nouveau vers la Tour LU !

samedi 14 octobre 2017

Les nouveaux remparts de Nantes

Place Louis XVI, on peut voir des vestiges de la muraille médiévale de Nantes.


Et aussi de la muraille contemporaine.


 Un nouveau Moyen-âge ? Plutôt un âge très moyen.

jeudi 12 octobre 2017

Royal de Luxe va-t-il rendre l’argent ? (Question rhétorique.)

Gratuit, le spectacle Miniatures de Royal de Luxe cet été ? Pas du tout : pour y assister, il fallait du temps, et le temps c’est de l’argent. Je ne parle pas ici des 80 minutes que durait le spectacle mais de l’attente pour obtenir l’un des 16.000 billets « gratuits ». On a vu des gens patienter plus de cinq heures ! Si chaque billet a « coûté » en moyenne deux heures de poireautage, il y en a pour 32.000 heures de perdues à faire la queue, soit plus de 60 % d’une vie entière de travail. Mais après tout, chacun utilise son temps à sa guise.

Jean-Luc Courcoult sur le mur de
Royal de Luxe
Miniatures a coûté 650.000 euros à la collectivité. Les contribuables ont donc payé 40,63 euros par spectateur. Pas mal pour un spectacle « gratuit ». D’autant plus que le spectacle a été montré aussi à Malines, en Belgique, essentiellement aux frais de la commune et du gouvernement flamand, à raison de 500.000 euros pour 12.000 spectateurs. (Oui, là aussi, le théâtre « de rue » se joue désormais en espace clos.)

Il faudrait bien sûr tenir compte aussi de la mise en place de la salle de spectacle en plein air, de la perte de recettes sur le parking de la Petite Hollande pendant près d’un mois, des frais de communication pris en charge par la ville, d’une partie des avantages permanents assurés à Royal de Luxe par Nantes Métropole, etc. Mais restons-en pour l’instant à ce montant : 650.000 + 500.000 = 1.150.000 euros.

Un spectacle tout petit-petit-petit-petit

Pour financer quoi ? Comme son nom l’indique, Miniatures, ce n’était pas grand chose. Hormis quelques centaines de verres cassés (416,67 euros les mille chez IKEA), les accessoires étaient réduits au strict minimum et la distribution n’était pas bien nombreuse. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le patron de la troupe lui-même, Jean-Luc Courcoult, qui présentait Miniatures à Presse Océan comme « un spectacle tout petit-petit-petit-petit, avec pas grand monde dessus, pas beaucoup d'argent pour le monter, à peu près une dizaine de personnes pour le faire ».

Pas beaucoup d’argent pour monter le spectacle, plus d’un million pour le montrer : Royal de Luxe doit rouler sur l’or. Cela sera facile à constater puisque toute association qui perçoit plus de 153.000 euros de subventions publiques dans l’année doit publier ses comptes au Journal Officiel (article L612-4 du code de commerce et décret du 14 mai 2009). Rien que pour l’année 2016, la préparation de Miniatures avait valu à Royal de Luxe 310.000 euros de subvention de Nantes Métropole.

Royal de Luxe hors-la-loi depuis le 1er octobre

Qu’en dit donc le Journal Officiel ? Rien. Royal de Luxe n’a publié ses comptes annuels qu’une seule fois. Ceux de l’année 2012. L’association avait perçu cette année-là 1.459.602,80 euros de subventions, contre 1.607.393,36 euros en 2011. Il faut dire que l’obligation légale n’est assortie d’aucune sanction directe : pourquoi se gêner ? Heureusement pour Royal de Luxe, les Nantais ne sont pas très curieux, car n’importe lequel d’entre eux pourrait demander au président du tribunal de l’obliger à publier ses comptes.

Mais ici, l’obligation légale se double d’une obligation contractuelle. La convention portant sur la subvention 2016 signée entre Nantes Métropole et Royal de Luxe conditionne les versements au respect de différentes clauses dont l’une se réfère explicitement à l’article L612-4 du code de commerce, c’est-à-dire à la publication des comptes.

Fabrice Roussel et Jacques Leroy, signataires de cette convention respectivement au nom de Nantes Métropole et de Royal de Luxe, honoreront-ils leur engagement ? Pour le second, c’est déjà trop tard : les comptes de Royal de Luxe pour 2016 auraient dû être publiés au plus tard le 30 septembre. Reste à voir si le premier saura se faire respecter en résiliant la convention, comme le prévoit l’article 10 de celle-ci.

jeudi 28 septembre 2017

Ces pancartes municipales nantaises qui égarent les piétons

Ah ! la poésie des panneaux municipaux pour piétons ! On a évoqué ici cette pancarte du cours Saint-Pierre qui a longtemps envoyé vers la tour LU les visiteurs en quête du musée des beaux-arts. Relibellée « musée d’arts » et redirigée correctement vers l’établissement, elle a aussi raccourci le temps nécessaire pour y parvenir : l’an dernier, c’était 3 minutes, aujourd’hui, c’est 2 seulement.

Mais Nantes n’a pas fini de s’emmêler les panneaux. Un lecteur me signale (merci EL) une belle étrangeté. Place Louis XVI, une paire de pancartes indique que pour arriver au musée d’arts et au jardin des plantes, il faut marcher vers le sud. Et en même temps, une autre paire de pancartes placée sur le même poteau montre qu’il faut marcher vers l’est.

Ah…

Bizarre, n’est-ce pas ? Et pourtant ça n’est pas faux. Tous les Nantais savent que depuis la place Louis XVI* on peut aller au musée et au jardin par la rue Gambetta, vers l’est donc, ou par le cours Saint-Pierre, vers le sud donc, puis la rue Clemenceau. Ils le savent même si bien, les Nantais, qu’ils n’ont pas besoin que des pancartes municipales le leur disent. Ces pancartes sont faites pour les touristes.

Et croit-on vraiment qu’elles les éclairent ? Deux musées d’arts ! s’exclament les touristes optimistes. Quelle ville bien dotée ! Mais lequel des deux allons-nous visiter ? Et de le jouer à pile ou face… Quand aux pessimistes, on en a vu hésiter longuement puis finir par renoncer, puisque de toute façon, à cette heure-ci, ça doit être fermé.

Les uns et les autres ont tort. Les touristes disciplinés, eux, n’hésitent pas : pour arriver au musée d’arts, ils ne lèvent pas les yeux vers les pancartes, ils les baissent vers la ligne verte. Et celle-ci les dirige… vers le nord, par la rue Saint-Clément**.
_____________________
* Les Nantais ne savent pas tous que c’est vrai aussi depuis la place du Maréchal-Foch.
** Et elle est où, au fait, la rue du Maréchal-Joffre ?

mardi 26 septembre 2017

Le fonds de dotation de l’Arbre aux hérons, trop bien doté en dirigeants

Le fonds de dotation de l’Arbre aux hérons va-t-il partir en vrille ? En tout cas, son décollage paraît laborieux. Ce fonds censé permettre le cofinancement privé du projet d’Arbre aux hérons doit entrer en action dans les prochains jours et sera piloté par la CCI, annonce la presse. Sa création imminente est annoncée depuis plusieurs mois ; ses statuts ont été adoptés par le conseil de Nantes Métropole au mois de juin.

Ainsi – un instant d’attention soutenue s’il vous plaît – un établissement public (la CCI) et une collectivité locale (Nantes Métropole) vont créer un fonds de dotation (forme juridique instaurée en 2008) pour cofinancer un équipement géré par une société à capitaux publics relevant du droit privé (Les Machines de l’île) et construit par une association loi de 1901 (La Machine). Ça commence à chauffer sous les crânes.

Et ça n’est pas fini. Nantes Métropole a publié le 20 septembre sur le site de l’APEC une offre d'emploi portant sur un poste de « Délégué(e) général(e) de fonds de dotation, Arbre aux Hérons » présenté comme un « cadre du secteur privé ».

Et en même temps, comme dirait Emmanuel Macron, Nantes Métropole a publié sur le site web de la fonction publique territoriale une autre offre d'emploi concernant un poste de « Délégué.e générale.e de fonds de dotation, Arbre aux Hérons » (oui, on pratique l’écriture « inclusive » dans la fonction publique), au grade d’administrateur, administrateur hors classe ou administrateur général.

Deux délégué.e.s généra.les.ux, l’un.e fonctionnaire et l’autre cadre ? C’est au moins un.e de trop ! Et probablement deux de trop, en réalité. La loi exige d’un fonds de dotation qu’il soit indépendant. Peut-il l’être si son délégué général est embauché par une collectivité locale, cofondatrice du fonds ? Pire : la loi interdit aux collectivités locales de subventionner les fonds de dotation. Gérer un recrutement, n’est-ce pas déjà une subvention en nature ? Sans parler bien sûr de l’éventuelle rémunération du délégué général. La rémunération brute moyenne d’un administrateur général dépasse 60.000 euros. 

Décidément, comme prévu par La Méforme d’une ville, le dossier Arbre aux hérons devient une usine à gaz inextricable. Nantes Métropole s’en serait-elle aperçue à retardement ? En tout cas, les deux offres d’emploi ont soudain cessé d’être disponibles ce matin.

Mais il n’est pas difficile d’en trouver trace sur le web, sous cache Google ou sur le site Facebook créé par la Jeune chambre économique Sud-Loire.
__________
P.S. Comme un lecteur me le fait remarquer (merci EL), la date limite de réponse, le 25 septembre, peut expliquer la suppression des deux annonces. Mais elle n'explique pas pourquoi on a proposé simultanément un poste de fonctionnaire et un poste de cadre privé. Et elle soulève un autre mystère : qu'espère-t-on en publiant le 20 une offre d'emploi à échéance du 25 ? Attirer de bons candidats ? Ou bien être sûr de ne recevoir que la réponse qu'on avait déjà dans la manche ?