mercredi 26 octobre 2016

La droite au couteau entre les dents

Bruno Retailleau à la barre de fer, François Pinte au nunchaku, Julien Bainvel à la batte de base-ball, Laurence Garnier à la kalach’… Les voici donc à droite, à présent, les « sauvageons », comme dit le ministre de l’Intérieur ? C’est en tout cas ce qu’on imagine devant ce titre alarmiste de Ouest France dénonçant l’insécurité à Nantes. « La droite attaque ». Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour vendre du papier journal ! Ou pour gagner des voix ?



samedi 22 octobre 2016

Lèse-Blaise : (7) Xavier Crouan encense Jean Blaise ? Attendez voir !

Le nouveau directeur de l’information et de la relation au citoyen de Nantes Métropole, Xavier Crouan, entend « passer du dire au faire », assurait Presse Océan mardi dernier. Il ne se fait donc aucune illusion sur le travail de ses prédécesseurs !

Mais il se fait quand même des illusions sur ses collègues. Il loue « l’efficacité » de Jean Blaise : celui-ci aurait su « se mettre en phase avec une société qui veut vivre sur l’espace public et profiter de l’événement ». Or pour se mettre en phase avec une telle société, il suffit d’obtenir le budget, puis de régaler gratuitement. Au vu de l’étiquette « événement », le public comprend qu’il va pouvoir « profiter », pas la peine de le lui dire deux fois. La « relation au citoyen » est plus facile quand on le régale à l’œil.

Cependant, en fait d’efficacité, le « panem et circenses » de Jean Blaise est très en retrait sur celui des empereurs romains. La ligne verte a quand même moins de gueule qu’un combat de gladiateurs au Colisée. Là où il montre une grande efficacité, en revanche – et le professionnel qu’est Xavier Crouan ne tardera pas à s’en apercevoir ‑ c’est dans l’auto-promotion. Passer du faire au dire. De dossier de presse en communiqué, à force de proclamer ses propres mérites et de ressasser l’unique vrai succès de sa carrière, celui des premières Allumées dans les années 1990, il a fini par se composer une réputation que Tibère ou Domitien pourraient envier.

Xavier Crouan devrait cependant se méfier. La prochaine grande opération dont Jean Blaise devrait se mêler en tant que général en chef du tourisme nantais, est la réouverture du musée des beaux-arts, ou si l’on préfère l’ouverture du musée d’arts. Or les musées, il n’y croit plus. « L’art en intérieur va disparaître un jour de toute façon », déclarait-il à Médiapart voici quelques mois,

Peut-être faut-il y voir un reste d’amertume après le relatif échec de l’exposition inaugurale du MuCem de Marseille, Présentée vivante, dont il était l’un des commissaires, en 2013*. Mais s’il ne croit plus aux musées, comment pourrait-il bien gérer l’ouverture de celui de Nantes ? Vu l’importance capitale de l’événement, Johanna Rolland devrait sans doute veiller à ce que son exploitation touristique soit assurée par quelqu’un de plus convaincu.
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* En compagnie de Joy Sorman. Comme le monde est petit ! C’est aussi Joy Sorman qui a interviewé Jean Blaise pour Médiapart. Avec la férocité investigatrice qu’on imagine.


N.B. Merci à E.L. pour le lien vers la vidéo de Médiapart. Merci à A.L.P. pour ses conseils orthographiques.

lundi 17 octobre 2016

Lobbying pour NDDL (36) : des journées décisives

Gros camions de gendarmerie flambant neufs dans les rues de Nantes ce soir : livraison de routine, gesticulation ou prémices d’un assaut imminent sur Notre-Dame-des-Landes ?


Ce qui est certain, c’est que les jours prochains seront décisifs. La consultation du 26 juin est loin. Tout le monde voit bien que, au-delà de la quantité des avis sur le projet d’aéroport, la qualité des engagements n’est pas du tout la même dans les deux camps. Là où les opposants ont réuni peut-être trente mille personnes le 8 octobre, les partisans n’en ont pas rassemblé trente une semaine plus tard. Grenouille (ou triton crêté) qui veut se faire plus grosse que le bœuf, ils n’ont pu qu’empiler des cartons pleins de vide pour se donner de l’importance. En évitant prudemment de s’aventurer au-delà du bourg.

Et puis, depuis les doutes exprimés par François Hollande dans Un président ne devrait pas dire ça… et la franche opposition manifestée par Ségolène Hollande hier dans Le Journal du dimanche, le projet court un risque imminent de désaffection. À quoi bon ? Est-ce qu’un nouvel aéroport est vraiment utile ? N’y a-t-il pas mieux à faire de l’argent des contribuables ? Ces questions sont désormais dans l’air. On s’aperçoit (ou l’on s’avoue) que l’aéroport n’a jamais été une nécessité économique mais davantage un moyen pour quelques-uns de montrer qui a la plus grosse.

Les partisans les plus fervents de l’aéroport – on songe à Manuel Valls, à Bruno Retailleau, à Jean-Marc Ayrault… – se sont aventurés dans la situation du coyote de Tex Avery. Ils tricotaient des gambettes sans s’apercevoir que leurs soutiens étaient en train de s’effilocher. La déclaration de Ségolène Royal le leur révèle tout à coup. Ils savent que la chute va être dure. Surtout sans un aéroport pour atterrir.

Que faire dans cette situation ? La tactique la plus logique serait de tenter d’atteindre au plus vite un point de non-retour. Une fois la bataille engagée, on arguerait de la nécessité de « rétablir l’autorité de l’État » pour aller jusqu’au bout…