dimanche 14 août 2016

La Cantine du Voyage à l’unisson du VAN : tout le monde descend

En 2013, La Cantine du Voyage fut un désastre. On changea la déco. En 2014, ce fut un désastre. On changea le menu. En 2015, ce fut un désastre. On ajouta un potager. Et en 2016, c’est encore un désastre. Les avis publiés sur TripAdvisor depuis début mai – plus de 70, excusez du peu – sont tout aussi éloquents que par le passé : hormis quelques jobards toujours contents (ou peut-être des comparses), les commentateurs, dans leur majorité, adorent le cadre, déplorent le service et fustigent l’assiette. Résultat : malgré la Loire, malgré le grand air, malgré les transats, malgré le design, malgré le label du Voyage à Nantes, La Cantine du Voyage est classée à ce jour n° 845 sur 1 054 restaurants à Nantes !

Elle arrive loin derrière de nombreux fast-foods, une foule de pizzerias, plusieurs libre-service comme la cafeteria d’IKEA et même quelques établissements disparus (Gusto, Le Bistroquet…). Or  avec deux cents commentaires tout rond, elle est l’un des restaurants nantais les plus abondamment commentés par rapport à son ancienneté, quatre ans soit au total une quinzaine de mois d’activité seulement.

Chaque année, on prend les mêmes et on recommence, avec les mêmes résultats. Le gag est à ce point répétitif qu’on se demande si ça n’est pas un système. Se taper le poulet de la Cantine serait-il une sorte de rite de passage pour le bobo néo-nantais ? Une petite brimade pas trop douloureuse qu’il faut supporter vaillamment pour que l’assistance entonne : « Il est des nôôôtres ! » ? On songe au Tord-Boyaux de Pierre Perret, un « boui-boui bien crado » mais aussi bien bobo (en 1963, déjà…) :

Cet endroit est tellement sympathique
Qu'y a déjà l'tout Paris qui rapplique
Un p'tit peu déçu d'pas être invité
Ni filmé par les actualités.

Cette place to be est une émanation du Voyage à Nantes, qui l’a créée, financée, avalisée. Comme chaque année, elle fait partie de son programme estival officiel ; elle en forme cette année les étapes n°27, 28 et 29. Le VAN prétend faire dans la « promotion culinaire ». C’est très légitime de la part d’un office de tourisme, mais encore faudrait-il le faire bien. Si le poulet-pommes de terre ‑ et encore, pas toujours bien cuit ‑ est le summum de la cuisine nantaise, Nantes n’est sûrement pas une destination pour les gourmets.

Comme le note un commentateur de TripAdvisor, plutôt bienveillant d’ailleurs : « Il faudrait réellement que le Voyage à Nantes réagissent au plus vite avant qu'il soit trop tard car le concept est très bien si il est bien exploité et avant que la réputation du Voyage à Nantes se dégrade a cause de cette " cantine ". » Mais Le Voyage à Nantes aurait eu tout le temps de réagir depuis 2013. S’il ne l’a pas fait, c’est que la formule lui convient*. Et dans le fond, on voit bien pourquoi. La Cantine du Voyage est à l’unisson du reste. Comme l’ensemble de l’opération estivale, elle se situe sur une ligne racoleuse, tape à l’œil, bas de gamme, de nature à attirer un public peu exigeant qu’elle ne cherche pas à éduquer davantage. Ce n’est pas plus de la cuisine que le VAN n’est de l’art – mais pas moins non plus. On y va en tongs.

Et la formule n’est pas encore épuisée. Après la création d’un potager bio (quoique exposé aux particules fines du boulevard de la Prairie au duc) en 2016, parions sur l’installation d’un poulailler en 2017. Le client pourra y choisir son poulet en direct, peut-être même l’égorger lui-même. Quant à savoir lequel des deux sera le plus plumé…
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* Et à Jean-Marc Ayrault aussi, revenu tout sourire manger avec les copains et les copines voici quelques jours.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Fuite ce jour, de la cabine aquarium du Voyage à Nantes et une rivière encore étanche aux sorties de bateaux de plaisance. L'écluse de Saint Félix n'est toujours pas réparée... Dans l'agglomération, l'on construit des dizaines de réservoirs à kérosène par mois chez Airbus, mais nous ne sommes pas foutus de trouver un tourneur-fraiseur depuis des semaines pour réparer ce putain de cardan !

Anonyme a dit…

Ah la "cantoche"... Dimanche 21 août 2016, dans après-midi, en longeant cette fameuse "cantine", forte odeur de graillon et de crème solaire !! Raison : peu de monde aux tables mais transats tous occupés, certains par de jolis éléments féminins soigneusement "crémés" au soleil... Un peu plus loin, quelques curieux dans l'ersatz de "souk" mais pas un chat à la billetterie du Carrousel ! Passage de l'éléphant devant quelques badauds blasés malgré les grands coups de jet d'eau à pleine trompe... Ca fait rigoler les gamins. Et avec ça nombreux cyclistes, certains en Bicloo, disputant le passage aux piétons le long du hangar à bananes... Dix ans que les "Machines" existent et seulement un éléphant-Diesel et un vague manège... A Nantes, la culture populaire ne s'en remue guère les trois premières lettres !!

Anonyme a dit…

Consommation de l'Éléphant-diesel estimée à 300 litres de gas-oil par jour ! Nous invitons les visiteurs, lors de pics de pollution, à tenir les poussettes et les enfants à l'écart, de ne pas utiliser les transats situés à proximité ou d'étaler de nappe à carreaux sur les pelouses en rive, ou encore d'entamer un jogging dans les allées ....

@Anonyme précédent : un pachyderme esseulé est suffisant pour le porte-monnaie des nantais et déjà de trop pour l'environnement !