mercredi 13 avril 2016

Ça vous fonctionnouille ou ça vous investouille ?

J’ose à peine évoquer encore les poteaux indicateurs pour piétons qui parsèment le centre de Nantes. Ma dernière note sur le sujet constatait une rectification effectuée par les services municipaux sur un panneau du cours Saint-Pierre. Plutôt sympa, non ? Elle m’avait quand même valu des reproches. J’ai donc longtemps hésité avant de récidiver.

Je m’étais étonné, il y a près de deux ans de cela, de voir les distances indiquées pour les piétons en temps de parcours et non en mètres, comme si tout le monde marchait du même pas. Bizarrement, il n’existait qu’une exception, un panneau situé place des Petits-murs, en marge du cours des 50-Otages. Il indiquait que les toilettes les plus proches (d’ailleurs parfaitement visibles) se trouvaient à 25 mètres de là. Ça, c’était du panneau utile. Hélas, l’an dernier, il avait disparu, victime sans doute de quelque vandale.

Or voici qu’il est revenu, pareil à lui-même, il y a quelques semaines de cela. Pourquoi donc a-t-il fallu attendre si longtemps ? À propos du panneau du cours Saint-Pierre, un aimable correspondant municipal nous avait écrit que les huit mois nécessaires pour lui faire effectuer une rotation d’un quart de tour s’expliquaient par une pénurie de crédits de fonctionnement, réduits au profit des investissements. Mais alors, pourquoi un an s’est-il écoulé pour un remplacement de panneau qu’on présume imputé au budget des investissements ? La comptabilité municipale a de ces mystères…

Le lecteur attentif aura remarqué que le poteau, sur la photo ci-contre, penche fortement. Ce n’est pas par esprit d’imitation de son proche voisin, l’hôtel La Pérouse. Simplement, il est comme ça depuis qu’il a été vandalisé. Pourquoi ne pas l’avoir redressé en même temps qu’on remplaçait le panneau ? La réponse est évidente : parce que ça, c’est du fonctionnement, et les crédits de fonctionnement, etc. La suite en 2017, probablement.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Cela relève de la bonne gestion ; d'ici 2017, un pavé lancé pourrait bien redresser le poteau. Il suffit pour cela de positionner une compagnie de CRS au bon endroit, du côté inverse de celui vers où ça penche (devant l'hôtel La Pérouse, d'après votre photo). Il doit exister une probabilité statistique non négligeable pour que cela fonctionne. Quelle économie alors... D'ailleurs, Madame le maire a officiellement pris contact avec la préfecture, ce 13 avril, afin qu'une collaboration trans-compétencielle rende possible cet heureux dénouement.

Anonyme a dit…

Bon. On peut juger la probabilité statistique non négligeable, mais la question de l'angle sera déterminante, sans pour autant être facile à déterminer. De plus, le pavé devra être lancé dans une position ascendante plutôt que descendante, il me semble. Cela suppose que le lanceur soit très proche du poteau, mais mauvais viseur (pour atteindre l'obstacle plutôt que le CRS). Et assez costaud. Je ne voudrais vexer personne, mais nos casseurs sont généralement jeunes et véloces, et beaux comme la révolte, mais pas énormes. Je doute que la vitesse de leur bras puisse compenser leur faible masse musculaire...
La solution : l'entrisme. Nos CRS sont de beaux bestiaux, deux mètres au garrot, et plus d'un quintal, presque deux tout équipé. Il suffirait qu'un CRS se glisse, déguisé, dans le groupe d'émeutiers pour faire le travail (bien entraîné au préalable, pour éviter de blesser un collègue). La probabilité statistique, de - non négligeable - passerait alors à - excellente.
Autre facteur : afin d'éviter que le poteau ne se casse sous le choc, il faudra le ramollir. La solution : le feu. Il suffirait de laisser une ou deux poubelles débordantes de matières facilement inflammables au bon endroit, à environ un mètre en amont du souffle du vent.
Madame le maire a déjà contacté les services de la météo pour connaître la direction du vent, le jour des prochains débordements. Elle a également laissé fuité un projet de réduction des dépenses, qui impactera le personnel municipal, notamment les services chargés de la collecte des ordures ménagères. Une bonne petite grève pourrait expliquer la présence des conteneurs juste à côté du poteau.
Ainsi, cher Sven, le problème du poteau pourrait être réglé avant la fin du mois !