mercredi 30 décembre 2015

Ayrault erre

« Serai-je président de l’Assemblée nationale ? », se demande Jean-Marc Ayrault à la rubrique « octobre », dans le cahier Frap 2015 publié ce matin par Presse Océan. Le dessinateur et le député ont à présent leur réponse : c’est non. En comptant que Claude Bartolone libérerait la place, Jean-Marc Ayrault a misé sur le mauvais cheval.

Pareil quand il a déposé avec un autre député un amendement sur la CSG, dézingué hier par le Conseil constitutionnel. Ce qui fait un peu désordre pour un ancien Premier ministre… qui au surplus aurait bien aimé siéger au Conseil constitutionnel, à en croire Le Canard enchaîné.

Et quand, dimanche, Jean-Marc Ayrault a pris position contre la déchéance de nationalité pour les terroristes bi-nationaux, il fallait bien s’y attendre : selon un sondage dévoilé lundi, 86 % des Français sont pour. Quand ça veut pas, ça veut pas.

Comment se fait-il qu’un ex-maire de Nantes au jugement naguère réputé aussi sûr soit si régulièrement à côté de la plaque désormais ? Eh ! bien, si l’on reconsidérait ses réalisations d’autrefois à tête reposée, sans le secours de la puissante dircom’ de Nantes Métropole, n’en viendrait-on pas à se dire que, du musée des Beaux-arts à l’aménagement de l’île de Nantes en passant par Estuaire et Le Voyage à Nantes, son jugement n’était peut-être pas si sûr que ça en réalité ? Et quand on songe aux dossiers laissés en suspens, l’Ayraultport de Notre-Dame-des-Landes ou le nouveau CHU, ça ne rassure pas.

jeudi 17 décembre 2015

Lobbying pour NDDL (20) : demain, la faute à Retailleau ?

« L’action se passe dans les Pays de la Loire, c’est-à-dire nulle part »
Sven Jelure, d’après Alfred Jarry, Ubu roi

JupitAir France rend-il fous ceux qu’ils veut perdre ? Le projet de NDDL a inspiré à Jacques Auxiette les gestes les plus grotesques de son mandat de président de région. Bruno Retailleau semble prêt à assumer pleinement la succession. Quelle mouche l’a donc piqué pour que son premier geste présidentiel soit de réclamer le début des travaux ?

Sa profession de foi pour le second tour des élections régionales avançait 21 propositions. « L’évacuation immédiate de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes » ne venait qu’en dix-neuvième position. La construction d’un nouvel aéroport n’y figurait pas*. Il y avait dans le lot des mesures autrement plus urgentes et aux avantages plus évidents : la relance de l’apprentissage (numéro un de la liste), le patriotisme économique régional, la fin du matraquage fiscal…

Surtout, se poser d’emblée en champion de la construction d’un nouvel aéroport pourrait s’avérer désastreux pour une carrière politique. Déjà, il n’y a pas si longtemps, l’appellation « Ayraultport » était une banderille piquée sur un premier ministre en perdition. Bientôt, ce sera pire. L’électorat commence à s’inquiéter massivement du réchauffement climatique. Deux ou trois catastrophes naturelles apportées par El Niño cet hiver et la cause sera entendue : un constructeur d’aéroport sera un ennemi du genre humain.

Plus prosaïquement, si le projet se réalise, ses conséquences seront imputées à celui dont le nom sera attaché au projet d’aéroport. Les pertubations routières occasionnées par les travaux ? L’augmentation de la fiscalité locale ? Les manifestations violentes des zadistes ? C’est la faute à Retailleau ! Et s’il y a des morts, MM. Hollande, Valls et Cazeneuve seront bien aise de rester en seconde ligne.

Les avantages futurs de l’aéroport feraient-ils oublier ces désagréments ? On peut en douter. Les taxes d’aéroport plus lourdes pour les passagers ? Les déménagements imposés aux agents aéroportuaires ? Le coût de l’entretien de Nantes Atlantique conservé pour Airbus ? C’est la faute à Retailleau !

Bruno Retailleau sait tout cela, bien sûr. Pour limiter ses risques personnels, il aurait pu commander une étude ouverte réalisée publiquement par des prestataires indépendants afin d’administrer la preuve qu’un nouvel aéroport reste nécessaire aujourd’hui. Faut-il que les enjeux occultes de l’aéroport soient lourds pour qu’il ait préféré reprendre à son compte le flambeau de Jacques Auxiette.
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* Ce qu'on est tenté d'expliquer ainsi : les sondages d'avant régionales montraient que les électeurs étaient majoritairement hostiles aux zadistes tout en étant défavorables au projet d'aéroport.

vendredi 11 décembre 2015

Lobbying pour NDDL (19) : s’il est cynique, qui Vinci nique-t-il ?

Vinci a donc abandonné in extremis, hier, au palais de justice de Nantes, la procédure d’expulsion engagée contre plusieurs habitants et agriculteurs installés sur la zone du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Les dirigeants du groupe (ou plutôt de sa filiale AGO) sont humains, après tout. Leur avocat a invoqué un « souci d’humanité » : qui oserait mettre ses semblables à la rue à quelques jours de Noël ? 

Cette hypothèse n’est pas la seule possible. Ni la plus plausible. « La volte-face est incroyable », admet franchement Yan Gauchard, dans Presse Océan. Depuis des années, les décisions de justice favorables sont un axe de communication majeur des partisans du projet d’aéroport. Pourquoi renoncer à une nouvelle victoire quasiment assurée, qui leur aurait permis de dire une fois de plus : « Voyez, la loi est avec nous » ? Et puis, comme l’a fait observer le vice-président du TGI, la procédure était prévisible depuis longtemps : pourquoi avoir attendu le dernier moment pour y renoncer ? Aurait-on soudain découvert le 10 décembre que Noël se fêtait le 25 ?

Cette considération calendaire en appelle évidemment une autre : le second tour des élections régionales a lieu le 13. Une décision d’expulsion aurait eu un effet désastreux pour la liste menée par Christophe Clergeau, déjà pas très sûre du bon report des voix écolos après une fusion cafouilleuse. Et si au surplus le prononcé du jugement avait provoqué des incidents, c’était pire : il ne restait qu’à choisir entre réprimer énergiquement, et perdre encore plus d’électeurs verts, ou tolérer des incidents, et mobiliser encore plus les électeurs de droite…

Vinci a donc retiré une sacrée épine du pied aux socialistes. Mais pourquoi donc ? A priori, il aurait tout intérêt à ce que la liste de droite soit élue. Bruno Retailleau est tout aussi favorable que Christophe Clergeau au projet d’aéroport, mais lui, au moins, ne serait pas plombé par des alliés écolos prompts à jouer les cailloux dans la chaussure de chantier. Compte tenu de la prime majoritaire, les verts n’auraient plus que quelques élus dans une assemblée régionale de droite.

Pour que Vinci cherche à sauver Christophe Clergeau, il faudrait que les socialistes lui aient accordé des gages sérieux. Lesquels ? Les paris sont ouverts. Il se peut que Vinci ait sincèrement voulu jouer les père Noël envers les zadistes, oui. Mais il se pourrait aussi que sa sagesse lui vaille un joli cadeau dans son petit soulier.

jeudi 10 décembre 2015

Lobbying pour NDDL (18) : la nuit des aéroports vivants

« Si je veux enterrer un problème, je crée une commission », disait, paraît-il, Clemenceau. C’est en substance la voie choisie par Christophe Clergeau et Sophie Bringuy, têtes de liste du PS et d’EELV pour les élections régionales.

Le véritable enjeu de leurs discussions, on le subodore, était la répartition des postes. Mais comment se débarrasser de Notre-Dame-des-Landes ? En créant une commission. Ou plutôt en recréant une commission, puisqu’il a déjà existé une « commission de dialogue » qui n’a rien donné. C’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleurs plats de lentilles

L’étude à effectuer visera « la recherche du consensus entre les partisans du projet de Notre-Dame-des-Landes et de ceux de l’optimisation de Nantes-Atlantique », dit le communiqué officiel de Mme Bringuy et de M. Clergeau. Ça ne mange pas de pain : on peut très bien être partisan à la fois de la création d’un nouvel aéroport ET de l’optimisation de l’aéroport existant, dont personne n’envisage la fermeture, Airbus oblige. Dire qu’il a fallu une nuit entière de négociations pour en arriver là…

La voie était donc libre pour aéroportiser en rond. On se demande alors pourquoi Christophe Clergeau a cru devoir proclamer que ses nouveaux colistiers s’étaient fait rouler dans la farine. « Les écologistes n’ont pas obtenu de moratoire ni sur les travaux ni sur l’expulsion des opposants », a-t-il souligné (Presse Océan du 8 décembre). Autant inviter tout de suite les adversaires de NDDL à voter pour la liste du Front national, seule protagoniste du deuxième tour à s’opposer encore au projet de Vinci !

Certes, la nuit de négociation avait été longue et les résultats du premier tour avaient de quoi susciter quelque fébrilité. Mais pour diriger une région, un peu de sang-froid ne serait-il pas indiqué ?

Sourires roses, sourires verts ou sourires jaunes ? (extrait du site de M. Clergeau)

mardi 8 décembre 2015

Quand les hérons partent en vrille

Pierre Orefice tente de s’accrocher aux branches. Johanna Rolland a dit non à l’Arbre aux hérons ? Il continue à faire campagne par l’intermédiaire de Presse Océan. On peut y voir une persévérance qui force l’admiration… ou une obstination qui dépasse les bornes.

« Il n’y a pas d’autre avenir en dehors de ce projet », assure-t-il. Autrement dit, sans Arbre aux hérons, on ferme boutique. Pourtant, en tant que directeur général salarié des Machines de l'île, il est payé pour mettre en œuvre la politique définie par le conseil d'administration de la SPL Le Voyage à Nantes – qui appartient essentiellement à Nantes Métropole. Il lui incombe de faire fonctionner cet équipement, pas de décider de son avenir.

Dans n’importe quelle entreprise sérieuse, un DG qui mettrait ainsi publiquement en doute l’avenir de son activité serait aussitôt limogé par son PDG et son conseil d'administration ! On va bien voir si Le Voyage à Nantes est une entreprise sérieuse…

Au passage, Pierre Orefice annonce des festivités en juillet 2016 « pour les 10 ans de La Machine ». Il y a un os, là. La Machine est une association de droit privé, principal fournisseur des Machines de l’île certes, mais juste un fournisseur quand même. Ce n’est pas à Pierre Orefice d’organiser ses festivités d’anniversaire. Et puis, la création de cette association (dont le siège se trouve en Haute-Garonne !) remonte à 1999 : un peu tard pour fêter ses 10 ans.

Alors, la langue du DG aurait-elle fourché ? Voulait-il parler du dixième anniversaire des Machines de l’île ? Cela pourrait être révélateur d’une confusion entre La Machine et Les Machines, entre intérêts privés et fonds publics. Et ce serait révélateur en tout cas d’une confusion de dates : Les Machines de l’île ont été inaugurées le 30 juin 2007 : cela va faire neuf ans et pas dix ! 

À droite, La Machine, à gauche Les Machines de l’île, entre les deux, une certaine confusion ?

samedi 5 décembre 2015

Tentative d'achat de votes à Nantes

Oui, c'était un vrai paquet de biscuits tentateurs qui était déposé tout à l'heure sur la rambarde de la Loire, à l'entrée de la passerelle Victor-Schoelcher... Mais les électeurs mangent-ils de ce biscuit-là ?