lundi 28 septembre 2015

Il n’y aura pas de Nanteswagen

Volkswagen a truqué ses chiffres de pollution. Quand ses voitures devaient passer des tests, un logiciel optimisait leur fonctionnement pour réduire les émissions de CO2. Cela revient au fond à pousser à bout la démarche d’optimisation automatique des automobiles : en cas de verglas, on active l’antipatinage, si la nuit tombe, on allume les phares, quand la voiture passe un test… eh ! bien on fait en sorte de réussir le test.

La serre "volante" arrive au Bouffay
en septembre 2013
Mais c’est très mal, on est bien d’accord. Le trucage prouve la perversité du capitalisme international, car il est inenvisageable dans le secteur public et les collectivités locales. Ce n’est pas à Nantes qu’on stabiliserait les impôts juste avant les élections et qu’on les augmenterait deux fois plus vite après, « en conditions normales de circulation ». Ou qu’on présenterait des chiffres de fréquentation touristique estivale bidonnés. Ou qu’on illustrerait les vertus écolos de la ville en baladant à travers l’Europe une serre « volante » transportée en réalité par de gros semi-remorques bien polluants. Etc.

La valeur du groupe Volkswagen a diminué de 15 milliards de dollars d’un coup (le capitalisme international a peut-être une forme de morale, après tout). On n’ose penser à la diminution de la valeur de la ville de Nantes si par malheur une seule des trois hypothèses ci-dessus (entre autres) se réalisait…

jeudi 17 septembre 2015

Lobbying pour NDDL (15) : saturé, Nantes Atlantique progresse encore

À force de rencontrer des chiffres officiels bidonnés, évidemment, on finit par devenir méfiant. Tiens, par exemple, les chiffres sur le trafic de l’aéroport de Nantes Atlantique cet été. Selon un communiqué du groupe Vinci, l’aéroport a vu passer 473.498 passagers en juillet et 501.399 en août. Un record, +10,2 % par rapport à juillet 2014, +7,5 % par rapport à août 2014.

Pourquoi pas ? Mais on se souvient de ce que la presse locale annonçait l’an dernier sur la foi des dires du même groupe Vinci : « Nantes Atlantique est saturé avec quatre ans d’avance ». « Saturé : qui ne peut contenir plus », dit mon dictionnaire. Entre l’annonce de la saturation en 2014 et l’annonce de la progression en 2015, l’une des deux était fausse. Je ne sais pas laquelle, mais ce constat m’incite à prendre avec un grain de sel ce que dit Vinci.

Revenons à la fréquentation de cet été. Vinci a compté 473.498 passagers en juillet mais les statistiques officielles de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) n'en signalent que 464.664, soit un écart de 8.834 personnes, ou 1,9 %. Entre le chiffre de Vinci et celui de l’État, l’un des deux est faux. Je ne sais pas lequel, mais etc.

En lecteur attentif, vous avez remarqué que je ne dis rien des chiffres du mois d’août. Et pour cause. La DREAL devait publier ses statistiques mensuelles du mois d’août le 8 septembre. Elle l’a fait pour toutes ses rubriques… sauf pour le trafic de passagers à Nantes Atlantique. La prochaine mise à jour aura lieu le 7 octobre. L’eau aura coulé sous les ponts aériens : qui songera alors à revenir sur les chiffres de l’été ? L’abstention de la DREAL ne prouve rien, mais elle favorise de noirs soupçons à propos d’un dossier déjà pas franchement clair.

Vinci souligne que la progression enregistrée d'une année sur l'autre en juillet par Nantes Atlantique représente, avec plus de 10 %, « la plus haute croissance des dix premiers aéroports français ». On comprend ce cocorico. Mais quand le trafic a baissé, en mai, et stagné, en juin, Vinci ne s’en est pas vanté. Revenons aux statistiques officielles. Sur les sept premiers mois de l’année, indique la direction générale de l’aviation civile (DGAC), le nombre de passagers n’a progressé que de 4 % à Nantes Atlantique, soit beaucoup moins qu’à Beauvais, Bâle-Mulhouse et Bordeaux. 


À propos de saturation
« Le pont n’est pas saturé », assure Philippe Grosvalet à propos du pont de Saint-Nazaire dans un entretien avec Stéphane Le Hesran (Presse Océan du 17 septembre). « Il y a des bouchons quelques jours par an, comme sur les autoroutes. Double-t-on pour autant les voies d’autoroutes ? » Inutile donc de construire un nouveau pont.                     
Se pourrait-il qu’il s’agisse du même Philippe Grosvalet que celui qui en 2012 relayait sur son blog une pétition « anticipant la saturation de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique » pour réclamer la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes ?

mercredi 16 septembre 2015

Des Nantais prolixes avec GO Leaks ?

Nantes est une ville en pointe dans le numérique… mais elle le doit surtout à des initiatives privées. Les institutionnels tentent de ramener la couverture à eux. Mais ils ne la ramèneront pas trop avec GO Leaks, le Wikileaks à la nantaise (GO signifie « Grand Ouest »).

Cette plate-forme de leaks (révélations anonymes de secrets concernant un large public) est présentée par le magazine Fragil dans un entretien avec un hacker nantais, Datapulte, recueilli par Pierre-Adrien Roux. Normal : l’un des inspirateurs de GO Leaks est Romain Ledroit, rédacteur en chef de Fragil.

GO Leaks sera « un espace web sur lequel des citoyens, des sources, vont déposer des documents de manière anonyme en direction de journalistes ». L’objectif est de protéger les sources des journalistes : sur GO Leaks, un « lanceur d’alerte » pourra faire « fuiter » des informations sensibles sans perdre son emploi. Sur quel sujet ? « L’exemple phare, c’est Notre-Dame-des-Landes », dit Datapulte. « C’est typiquement le genre de sujets où on aimerait avoir des infos. » Autre exemple : « le Voyage à Nantes qui reste extrêmement discret sur ses financements et ses dépenses ».

Notre-Dame-des-Landes, Le Voyage à Nantes : deux dossiers dont les promoteurs, pourtant, communiquent énormément. Les créateurs de GO Leaks auraient-ils des raisons de penser que cette communication n’est pas toujours franche et loyale ?

lundi 14 septembre 2015

Bilan du Voyage à Nantes 2015 : des chiffres à la Debombourg

Les bilans du Voyage à Nantes ne déçoivent jamais. « Cet été, le Voyage à Nantes a enregistré 2.056.000 passages sur les sites jalonnant la ligne verte, soit 66.745 passages de plus que l’an dernier », trompette le site web de la ville de Nantes. Le nombre de « passants » aurait donc augmenté de près de 3,4 %.

C’est ça un succès ? La plupart des sites touristiques bretons évoquent des fréquentations en hausse
de 5 à 10 %. Le Puy du Fou, qui dénombre des billets vendus et non de simples passants comptés par des « médiateurs », annonce 12 % de visiteurs de plus qu’en 2014. De quoi avons-nous l’air avec nos 3,4 % ?

Mais ce n’est pas tout. Les 2.056.000 passages, indique Nantes Métropole, ont été comptabilisés par 36 médiateurs sur 54 sites. Bravo aux médiateurs qui ont réussi à décompter des passants sur des sites où ils ne se trouvaient pas !

Et ce n’est encore pas tout. Si Le Voyage à Nantes a enregistré cette année « 66.745 passages de plus que l’an dernier », c’est donc qu’on avait compté l’an dernier 1.989.255 passages (2.056.000 – 66.745), n’est-ce pas ? Eh ! bien pas du tout. Le bilan officiel du Voyage à Nantes de l’an dernier publié le 4 septembre 2014 faisait état de 2.101.800 visites. Au lieu de gagner 66.745 passages, on en aurait en réalité perdu 45.800 !

Et attendez, ce n’est pas fini ! Le bilan de l’an dernier, toujours lui, précise que les 2.101.800 visites de l’an dernier ont été comptabilisées sur 33 sites. C’est-à-dire 21 sites de moins que cette année. Évidemment : comme une bonne partie des visiteurs suivent la ligne verte, plus on place de points de comptage, meilleurs sont les résultats. Le touriste discipliné qui parcourt la totalité de la ligne a été compté pour 33 passages l’an dernier et pour 54 cette année. Il faut croire que ça n’a pas suffi puisque le total est inférieur cette année : le nombre moyen de passages par site se serait effondré, de 63.691 à 38.074 ! Du moins à en croire les chiffres fournis par le Voyage à Nantes lui-même ; heureusement, ils n’ont jamais été très crédibles.

dimanche 13 septembre 2015

Les trois mystères pékinois du cheval-dragon : (9) migrant de Calais

Partira, partira pas ? Jean Blaise déclarait que le cheval-dragon de La Machine repartait dans quelques jours pour la Chine et François Delarozière qu’il resterait à Nantes au moins un an. Lequel des deux parlait sans savoir ? Jean Blaise, manifestement. Normal, puisque le directeur du Voyage à Nantes est un outsider à l’égard de Long Ma. La mécanique a été construite par La Machine, association de droit privé dont Le Voyage à Nantes est un simple client.

La scène nationale Le Channel vient d’annoncer que Long Ma allait migrer vers Calais du 23 au 26 juin 2016. Serait-ce donc que la Chine n’est pas pressée de le récupérer ? Ce ne serait pas très poli, s’agissant d’un cadeau diplomatique.