mercredi 12 août 2015

Les Machines de l’île n’ont pas vu passer leur 3 millionième visiteur

Le « X millionième visiteur », figure imposée des équipements touristiques, permet de booster la fréquentation (avant) et d’émettre des communiqués de victoire (après). Les Machines de l’île avaient ainsi fêté avec force cadeaux et compliments leur millionième visiteur, le 5 mars 2011, puis leur deux millionième visiteur, le 22 juin 2013. À quand le trois millionième ?

Les Machines de l’île, à en croire leurs chiffres officiels ou semi-officiels, ont réalisé les scores suivants (petit rappel : elles parlent toujours de « visiteurs » alors qu’il s’agit en réalité du nombre de billets vendus) :
2007
194.037
2008
243.509
2009
261.540
2010
283.211
2011
306.379
2012
505.244
2013
521.032
2014
592.171

Soit un total général de 2.907.123 billets vendus de l’origine à fin 2014*. Il n’en manquait donc que 92.877 pour parvenir au cap fatidique. D’après les statistiques de fréquentation antérieures, celui-ci aurait dû être franchi au printemps. Or, à ce jour, Les Machines n’ont pas annoncé de trois millionième visiteur !

L’heureux élu est-il passé si vite qu’elles ne l’ont même pas vu ? Si elles l'ont vu, pourquoi se sont-elles privées d'une si bonne occasion de communiquer ? Pour éviter qu'un trois millionième tardif ne révèle une fréquentation en baisse ? Il est vrai qu'un trou d'air aurait fait mauvais genre à un moment où Pierre Orefice et François Delarozière lançaient une Nième tentative en faveur de leur projet d’Arbre aux hérons…

Pas toujours foule (cette photo date de l'après-midi du 6 mai, un mercredi pourtant)
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* La progression continue de ces scores est une illusion d'optique. Comme l'année 2007 ne comportait qu'un semestre, la fréquentation a en réalité baissé en 2008. De même, le Carrousel des mondes marins ayant ouvert ses portes à la mi-juillet 2012, la fréquentation de 2013, sa première année complète, était en recul.

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Je ne m'étonne plus a chaque fois que je passe sur l'île de voir l'éléphant vide et le carrousel tourner à vide. A 8,5€ le tour de carrousel + 8,5€ la gallerie ou l'éléphant et 1,6€ de réduction en cas de combinaison des deux, cela fait quand même pour une famille de 4 personnes plus de 50€ (si on tient compte des tarifs réduit enfant) ! Mais il est vrai que Nantes est la cité des trouducs de Bretagne ;) Elle pourra sans difficulté prétendre à la première place des attractions subventionnées par millions.

Sven Jelure a dit…

Apparemment, le Grand éléphant n'a pas de mal à remplir ses flancs (l'après-midi, en tout cas) et joue à guichets fermés... quand il joue puisqu'il lui arrive de tomber en panne. En revanche, la fréquentation de la Galerie et du Carrousel paraît nettement moins bonne que l'an dernier. Il n'est pas dit que les subventions soient réduites pour autant ! L'an dernier, elles ont été de 1,2 millions d'euros, comme en 2013, soit 2 euros par billet acheté. Vous trouvez que votre famille de quatre personnes paie cher pour visiter deux attractions ? Eh ! bien elle coûte 16 euros au contribuable pour n'en visiter aucune !

Cyril44 a dit…

Il faudrait voir si la proportion de touristes présents aux machines de l'Ile va aussi dépenser de l'argent dans le centre ville ; dans un tel cas, les subventions données aux machines représenterait un investissement "rentable" pour la ville et ses habitants.

Sinon, il est grand temps d'arrêter le massacre...ce que Johanna devrait finir par faire comme elle a fait avec les Salons Mauduit et l'Hotel de la Duchesse Anne : vers le démantèlement des machines ?

Sven Jelure a dit…

Investissement rentable ? C'était l'idée de Jean-Marc Ayrault en 2004. Les Machines auraient dû équilibrer leur exploitation, ou presque, à partir de 2009, mais elles ont toujours besoin de grosses subventions (d'une légalité douteuse) pour survivre. Quant à rentabiliser l'investissement lui-même, et le site des Chantiers (qui en soit représente une valeur colossale), c'est absolument sans espoir ! Sans être nulles, les retombées du tourisme ne sont pas à la hauteur. JMA a légué à Johanna Rolland un dossier empoisonné, car aujourd'hui il est politiquement impossible de siffler la fin de partie. J'imagine plutôt qu'elle fera, en effet, comme avec l'hôtel de la Duchesse Anne : attendre qu'elles tombent en botte, puis s'en débarrasser le plus discrètement possible.

Anonyme a dit…


Il serait intéressant de mettre en perspective les chiffres du tourisme au niveau national avec ceux de Nantes. Un record de fréquentation (85 millions de personnes), un chiffre d'affaires en hausse (entre 4 et 4,5 %) depuis le début de l'année sont annoncés. Si la progression de Nantes est moindre, ou seulement égale, c'est que les investissement n'ont pas payés. C'est que la stratégie est mauvaise : les étrangers se foutent bien de la prétendue "créativité" locale, ils viennent chercher en France de la vieille culture européenne, de la vieille pierre, du patrimoine. De la singularité historique, et pas ce qu'il peuvent trouver dans n'importe quelle métropole (réelle) boostée par la croissance : du plastique futuristo-caquetant.

Sven Jelure a dit…

Je crois que, sans le dire, Le Voyage à Nantes a réorienté sa stratégie vers les visites de proximité, en cherchant à attirer les habitants de la Loire-Atlantique et des départements voisins et les estivants en vacances sur la côte, en offrant de la distraction populaire, qui ne fait pas mal à la tête ! Cette stratégie est bonne pour faire du chiffre (on se bouscule au jardin des plantes), mais pas pour faire de l'image. De plus, elle ne fonctionne que dans le court terme : pour faire venir du monde, il faudra toujours mettre du charbon dans la chaudière, des petits trucs à voir le long de la ligne verte, alors que les villes patrimoniales en ont beaucoup moins besoin. En tout cas, elle n'est pas à la hauteur de l'ambition affichée par Jean-Marc Ayrault en 2004 et par Le Voyage à Nantes à sa création : faire de Nantes une ville de tourisme national et international. Je ne sais pas si cette ambition était réaliste, mais je suis sûr, comme vous le dites, que la stratégie est mauvaise.