lundi 23 février 2015

Bolopoly (17) : pourquoi le SoNantes pourrait marcher quand même

MM. Pascal Bolo et Jacques Stern présentent leur monnaie locale ce soir. Ne vous précipitez pas sur votre agenda : la conférence n’a pas lieu à Nantes mais dans les salons de l’hôtel Renaissance à Bruxelles... On s’en voudrait de leur couper leurs effets et de gâcher l'anniversaire du premier, 53 ans aujourd'hui. D’autant plus que l’investissement en temps et en argent, financé in fine par les contribuables, n’est pas négligeable*. Alors, essayons de positiver : malgré tout, le SoNantes pourrait marcher quand même.
On a tous joué à la marchande et au Monopoly®. On adore échanger des ersatz de monnaie. On a aimé, en 2012, cette vidéo où la monnaie locale prenait la forme d’un Petit Beurre (qui n’était apparemment pas de chez LU : déjà de la fausse monnaie ?). Bristol ne cache pas que les billets somptueux de sa monnaie locale, le Bristol Pound, visent à séduire les touristes ; certains les conservent en souvenir au lieu de les dépenser, c’est tout bénef’. Le seul problème, c’est que le SoNantes sera une monnaie virtuelle, dématérialisée : ni pièces, ni billets. Il faut trouver autre chose.
Facile : puisque le SoNantes est dématérialisé, on pourra le trimballer dans un porte-monnaie électronique. On a tous vu un peu partout le logo Monéo, on dirait bien que ça marche, ça ! En fait, non, ça boite. Lancé en fanfare en 1999, Monéo a commencé à décliner dès 2004. Pendant quelque temps, la carte d’étudiant de l’Université de Nantes a été une carte Monéo. Elle a été abandonnée en 2013. Quid de l’ancienne carte ? « Si elle est encore valide, vous pourrez toujours utiliser le porte-monnaie Monéo chez les commerçants qui l'utilisent encore », répond l’Université de Nantes. Quel enthousiasme ! Il faut trouver autre chose.
La carte Pass’Sup Monéo de l’Université de Nantes a quand même fonctionné quelque temps, comme dans d’autres universités. Tout simplement, les étudiants n’avaient pas le choix. Sans elle, pas de repas au resto U. De même, si vous voulez bénéficier du tarif de sationnement résident à Nantes, vous devez utiliser la carte Monéo remise par Nantes Gestion Équipements. La leçon est claire : pour que le SoNantes marche, il suffit que des gens soient obligés de l’utiliser. Et Nantes Métropole est une métropole suffisamment puissante pour tordre un peu le bras à certains de ses partenaires et administrés. CQFD.
_____________________
* Prix approximatifs au 22 février, par personne :
- Nantes-Bruxelles A/R en avion (HOP!) : environ 750 euros
- Nantes-Bruxelles A/R en train, 1e classe : environ 520 euros
- 1 nuit à l’hôtel Renaissance : à partir de 200 euros
La conférence sera suivie d’un buffet ; le Renaissance propose des formules buffet à partir de 52 euros par personne.

3 commentaires:

Jobarde Rollande a dit…

Sot Nantes pourrait devenir la nouvelle devise.

Regardez du côté de l'Eusko qui fonctionne car il matérialise un attachement cuturel et linguistique.

Sur le même modèle Nantes pourrait revendiquer le "sot". En se référant à Jules Verne qui savait vanter les quelques qualités qu'il prétait volontiers aux nantais : "Des sots bâtissant sur le sable ...un peuple marchand/Sachant bien compter son argent/Qui le jour, la nuit le tourmente;..."

Anonyme a dit…

Cette présentation à Bruxelles est à elle seule le symbole du fossé qui sépare le discours (du pouvoir) de la réalité. Présenter une monnaie locale à quelques 700 kilomètres de sa "localité", il fallait y penser, quand même.

Sven Jelure a dit…

Il y a un prétexte : aux côtés d'une demi-douzaine d'autres collectivités et associations, Nantes fait partie d'un groupement soutenu par l'Union européenne, Community Currencies in Action, spécialisé dans l'étude des monnaies locales. Il brasse beaucoup d'air. Je ne sais pas s'il faut y voir une excuse ou une circonstance aggravante pour la conférence SoNantes de Bruxelles.