vendredi 21 novembre 2014

Les Échos s’embrouillent dans les comptes des Machines de l’île

Les Échos, c’est « le quotidien de l’économie », c’est écrit dessus. Mais ça ne l’empêche pas de s’emmêler parfois dans les chiffres. « L'univers onirique des machines de l'île attire chaque année plus de 500.000 visiteurs payants » assurait le journal avant-hier, avec une double attribution à Emmanuel Guimard et à Stanislas du Guerny. Hélas non ! D’abord, ça n’est pas « chaque année » puisque, à ce jour, Les Machines de l’île n’ont revendiqué avoir dépassé le seuil des 500.000 qu’en 2013 – exactement 521.032.

Et surtout, il ne s’agit pas de 500.000 visiteurs mais de 500.000 billets vendus. Comme chacune des trois attractions a sa propre billetterie et qu’au moins une partie des clients en visitent plus d’une, 521.032 billets vendus signifient entre 521.032 et 173.677 visiteurs. Médiane : 260.516 visiteurs. Or 260.000 visiteurs, ce serait à peu près autant que Planète sauvage ou l’Océarium du Croisic : rien de bien impressionnant pour un site de centre ville qui bénéficie d’un soutien massif, en argent et en nature, de la part de Nantes Métropole.

Les Échos terminent leur article par cette précision qui tue : « sur cet été, la fréquentation a plus que doublé ». On se demande bien où le quotidien de l’économie a pu aller chercher cela. Un coup d’œil au site officiel de la ville de Nantes, par exemple, lui aurait appris que « Les Machines de l’île ont quant à elles connu une progression de 24% d’entrées payantes par rapport à l’été 2013 ». Joli score sans doute, mais tout de même loin du plus de 100 % annoncé par Les Échos.

On a vu plus d’une fois Les Machines de l’île gonfler leurs chiffres. Serait-ce contagieux ?

6 commentaires:

Jobarde Rollande a dit…

les journalistes des Echos comme leurs confrères sont pris par le temps, on va dire comme ça. Ils prennent pour "argent comptant" les données communiquées par des sources plus enclines à embellir le tableau pour justifier les subventions et autres avantages dont elles bénéficient.
Le fact checking semble inexistant sur les sujets de promotion de l'action culturelle des villes.

Espérons que les journalistes auront connaissance de votre mise au point, car on n'imagine mal les Machines demander un rectificatif!

Sven Jelure a dit…

Vous avez sûrement raison, les journalistes ne jouent pas à armes égales. En face de rédactions toujours moins nombreuses, les collectivités locales et leurs associations relais disposent de dircoms toujours plus nombreuses. Et qui disposent d'un pouvoir de pression évident : il ne doit pas être difficile de priver d'information celui qui s'aviserait de creuser un peu au lieu de répercuter le storytelling officiel. Mais si la presse perd ses lecteurs, et donc ses moyens d'être autonome, ça pourrait bien être parce qu'elle n'informe plus suffisamment...

Anonyme a dit…

Et revoilà l'argument foireux resservi pour la 156ème fois par Sven qui pointe encore la différence entre "billets vendus" et "visiteurs" aux Machines de l'île ! N'oublions pas que les autres sites, beaucoup plus sérieux, tels que Planète Sauvage, l'Océarium du Croisic, le Puy du Fou et même le Louvre exigent le code postal, le numéro de sécurité sociale et même le groupe sanguin de chaque visiteur lors de l'achat des billets afin d'être sûrs de ne pas le comptabiliser plus de deux fois de suite dans leurs statistiques !

Anonyme a dit…

Ne vous prenez pas la tête… Le correspondant appartient à l'agence Api dont le boss fondateur (il l'est toujours ?)- ancien correspondant des Echos - est de mèche avec les pontes de la métropole…
Quant aux autres journaux du phare de l'ouest… Je connais leur pratique. Ok, y a de la surchauffe mais dans le genre "on lèche, on lâche, on lynche…" la lèche suffit… Ils ont perdu le sens critique depuis belle lurette ! Et l'ont-ils eu un jour ?!?!

Sven Jelure a dit…

L'étonnant n'est pas que je ressorte cet argument "foireux" pour la 156ème fois... c'est que Les Machines de l'île continuent année après année à faire mine de croire que billet = visiteur... et que la presse continue de faire mine de les croire ! L'argument n'est pas moins juste la 156ème fois que la première.
Car oui, si vous allez au Puy du Fou ou à l'Océarium, vous payez un billet et un seul pour entrer et voir toutes les attractions, tandis qu'aux Machines, vous devez acheter trois billets si vous voulez visiter la Galerie, l'Elephant et le Carrousel.
Comme la différence saute aux yeux et que l'argument de la connerie des gens ne me satisfait pas, je dois bien envisager l'hypothèse de la mauvaise foi.

Sven Jelure a dit…

Et j'ai quand même peine à croire qu'une agence de presse voudrait risquer sa crédibilité, qui est son fonds de commerce, sur ce genre de détail. Mais évidemment, cela pousse à s'interroger sur les motivations possibles d'un tel article, qui arrive complètement "out of the blue", un mois et demi après l'information elle-même (la fréquentation des Machines en été). A quoi sert cet article si ce n'est pas à informer ?