jeudi 17 octobre 2013

Qui croit encore aux chiffres du Voyage à Nantes ?

Combien a rapporté Le Voyage à Nantes 2013 ? C’est écrit en toutes lettres dans le « Bilan de l’événement estival 2013 » établi par les services de Jean Blaise : ses « retombées économiques » s’élèvent à 52,3 millions d’euros.

Oui, enfin… en incluant les dépenses des estivants venus à Nantes en juillet-août 2013 pour voir, non les bonzoms de Cordal, mais le portrait de Madame de Senonnes au musée des Beaux-arts (mauvaise pioche) ou le reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne au musée Dobrée (idem), ou tout simplement la famille ou les amis. Rapportés à 52.3 millions d’euros de chiffre d’affaires, les 3 millions d’euros du Voyage à Nantes 2013 paraissent un budget promotionnel acceptable (5,6 %). Mais si seuls 10 % des visiteurs sont venus pour la promo estivale, le coût de celle-ci est prohibitif : pour attirer 1 euro de dépense à Nantes, on aurait dépensé 0,57 euro en frais de promotion !

Comme on l’a dit dans le billet précédent, tous les chiffres affichés dans le bilan du Voyage à Nantes 2013 sont extrapolés à partir d’une donnée unique : les déclarations de taxe de séjour, c’est-à-dire le nombre de personnes ayant séjourné au moins une nuit en hébergement marchand (+ 7,9 % par rapport à 2012). Comment savoir combien de visiteurs sont venus à Nantes cette année en passant la nuit chez des amis ou en ne restant que la journée ? Apparemment, le Voyage à Nantes a repris la fréquentation de l’an dernier et lui a appliqué un taux d’augmentation de 7,X %. Puis il a considéré que chaque visiteur avait dépensé autant d’argent que l’an dernier : 55 euros par jour pour un touriste en hébergement marchand, 35 euros pour un touriste en hébergement non marchand, 42 euros pour un excursionniste à la journée.

Une telle extrapolation est hautement aléatoire. Par exemple, de nombreux acteurs du tourisme estiment que les estivants ont serré les cordons de la bourse cette année : le chiffrage du Voyage à Nantes n’en tient pas compte. Et puis, que valent les chiffres pris pour base ? Ils sont issus d’un sondage mené l’an dernier auprès de 1.713 personnes prises au hasard sur cinq lieux touristiques de Nantes au cours de l’été 2012, sans la moindre certitude que cet échantillon soit représentatif. Qui plus est, les chiffres ont été « redressés » par le cabinet qui a réalisé l’étude. Le montant des dépenses des excursionnistes paraît spécialement douteux. Une famille de quatre personnes venue de Rennes pour la journée dépense-t-elle vraiment 42 x 4 = 168 euros à Nantes ? Se pourrait-il que les sondeurs n'aient interrogé que des adultes… alors que les enfants sont compris dans le nombre total de visiteurs ? Les sondeurs sont des pros qui ne feraient pas ce genre d’erreur ? Il faut rappeler que la même étude réalisée par le même prestataire à l’été 2011 s’était révélée complètement fausse !
 
Cet empilement de calculs hasardeux n’a pas empêché Jean Blaise de prendre les 52,3 millions d’euros pour argent comptant. Mais on dirait que ses affichages soulèvent désormais quelque scepticisme. Si le site web de la ville de Nantes reprend sans sourciller le montant allégué, rares sont les médias à en faire autant. Ouest-France entreprises signale que « l'été 2013 est qualifié ‘d'été record’ par Le Voyage à Nantes » mais se garde bien d'indiquer un chiffre. Métro observe une prudente neutralité :  « les retombées économiques sont estimées à 52,3 millions d’euros sur le territoire, 3,8 millions de plus que l’an passé, affirme Jean Blaise ». Idîle se contente d’un conditionnel : « les dépenses des 650 000 visiteurs extérieurs estivaux s’élèveraient à 52,3 millions d’euros ». Beaucoup d'autres se sont abstenus. La parole de Jean Blaise est d’argent comptant, le silence de la presse est d’or.

11 commentaires:

Anonyme a dit…

Extrapolation contre extrapolation, 1 partout la balle au centre...

Sven Jelure a dit…

Aucune extrapolation dans ce billet qui ne prétend pas dresser un "vrai" bilan ! Il s'agit seulement de montrer que les chiffres avancés par Jean Blaise ne sont pas très crédibles (et qu'ils sont de moins en moins crus, d'ailleurs). Et puis, je ne suis pas payé par la collectivité pour dire ce que je dis, c'est mon opinion perso, tandis que Jean Blaise raconte des carabistouilles à nos frais.

LE CONTRIBUABLE a dit…

Anonyme post 1:

Je vous invite à relire ce lien:

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Voyage-a-Nantes-des-tops-des-flops-et-de-la-com-_44109-avd-20131008-66092586_actuLocale.Ht

En 2012 , P.O. éditait:
Les grands succès du voyage et les petites déceptions. Des journalistes de la presse supplétive acquis à ce projet titreront - ils - cette année - la vérité du bilan d'un gaspillage légitimement contesté? Blaise cette année se montre plus prudent d'un aveu des dysfonctionnements. Ils sont si visibles qu'ils ne peut faire le contraire. En, outre, Les journaux de la défense des contribuables et des consommateurs sont déjà présents. Le comble, c'est déjà la publication du Voyage pour 2014. L'autre RDV de la cour des comptes!

Mais anonyme post 1, l'avenir sera chiffré et je ne doute pas que vous viendrez y ajouter le score des impôts nouveaux. Je vous signale que l'argentier de Nantes et passé en une Minute de reportage sur une chaîne télévisée. La ruineuse fiscalité en était le thème! Nantes choisit par les journalistes pour en illustrer d'images le débat!L'argentier Nantais a oublié de parler de la culture du gaspillage Nantais et du voyage à Nantes. Mais, sans doute que vous conseillerez les Vice- Président(es) de l'armée mexicaine du conseil municipale de reverser les primes et salaires de cumuls. Sans doute que la candidate de la majorité y pense pour tenir sa promesse électorale de ne pas augmenter les impôts pendant tout son mandat. Mais peut être que la nouvelle monnaie nantaise s'affichera en salaire RSA culturel des créateurs Nantais. Pardonnez d'avoir équilibré la balance de vos extrapolations dont le boulet est la fiscalité Nantaise comme celle national!

Sven Jelure a dit…

Merci pour ce rappel. On voit bien que le scepticisme monte à l'égard de Jean Blaise, ou plutôt qu'il commence à s'exprimer plus ouvertement. D'où peut-être cet "aveu" des dysfonctionnements les plus évidents, qui pourraient être une tentative pour reconquérir un peu de crédibilité.

LE CONTRIBUABLE a dit…

Absolument SVEN,


J'en ai la certitude et ce rappel devrait en rappeler bien d'autres dont je m’abstiens volontairement. Je laisse développer les posts. J'invite à lire de l'information titré en première page d' O.F d’aujourd’hui. Blaise doit en être aussi fébrile que la majorité municipale de ne plus disposer de la propagande d'une pensée unique.

TITRE O.F aujourd’hui, première page:

MUNICIPALES DANS L' AGGLO NANTAISE: QUI VA Y ALLER?

LA PRÉSIDENCE DE NANTES MÉTROPOLE!

Sans doute que les événements politiques nationaux impopulaires d'injustices précipiteront les événements locaux de confirmations chiffrée.

Je laisse la transparence à celles et ceux qui souhaitent sans fébrilité le débat!

Anonyme a dit…

Qui croit encore aux chiffres avancés par Jean Blaise ? Certainement pas lui : il communique les chiffres qui l'arrangent. Et ceux qui se sentent l'âme à gauche le croient sur parole, sans y regarder de trop prêt ; la solidarité est l'une des qualités à laquelle ils prétendent.
Au dire de certains employés du Lieu Unique, Jean Blaise ne désirait pas prendre la direction de Voyage à Nantes, il était bien (au chaud) là où il était. D'ailleurs, la communication, les chiffres, n'ont jamais été son fort. Et le voilà, le pauvre, obligé de jongler avec des visites fantômes, des dépenses présumées, des journalistes (un peu) moins complaisant qu'avant... Jean Blaise est l'homme des coups, et non des coûts. L'événementiel lui convient, pas le long terme. Il a su, avec les Allumés, profiter du carnet d'adresses de personnes bien implantées dans les villes invitées (sans les remercier ensuite - un classique) mais également, il faut le reconnaître, créer à chaque fois une dynamique qui n'aurait pas existé sans lui. La mission que lui a confiée la mairie le dépasse aujourd'hui (mais qui serait à la hauteur ?). L'ex-aventurier se retrouve dans le rôle du Général (couvert de médailles, et qui jouit paisiblement de sa notabilité, ainsi que des rentes associées) à qui l'on demande soudain de retourner au Front, conquérir des territoires improbables. Une sorte de Cambronne sommé de reprendre du service, après 1832 (lorsque le préfet de Loire-Inférieure le nomme conseillé municipal de Saint-Sébastien, il démissionne immédiatement, pour raison de santé). Si le Général (le vrai) a pu renoncer à cette charge, si légère au regard des exploits accomplis, notre Général (culturel) aurait été bien inspiré d'en faire autant. Cambronne ironisa d'ailleurs sur la phrase qui lui a été attribuée : « Je n'ai pas pu dire "la Garde meurt mais ne se rend pas", puisque je ne suis pas mort et que je me suis rendu ». Mais Blaise ne peut se permettre d'être aussi humble : il connaît ses réels mérites, biens moindres. Il sait ses prophéties auto-réalisatrices trop fragiles. Il n'est qu'un politique, un Cambronne culturel. Et s'il contemple aujourd'hui la statue du Général, son voisin du Cours, c'est avec des yeux lourds de ressentiment : pourquoi lui, et pas moi !

Sven Jelure a dit…

Merci pour ce portrait bien troussé. Je pense à un billet, ou une série de billets, sur le vrai parcours de Jean Blaise. Et je note que la plupart des commentateurs qui évoquent les mérites du personnage citent, comme vous-même, Les Allumées, qui datent d'une vingtaine d'années (1990-1995). Mais en dehors de cela...

LE CONTRIBUABLE a dit…

Historien anonyme: Superbe post que j'ai lu avec plaisir et présenté à mon entourage. D'une autre époque et apolitique du sujet, Blaise n'est pas Aimé Delrue, le Coluche nantais. Personnage dont le CV est ignoré par les passagers voyageurs de la station! Spoliée aujourd'hui par la culture caricaturale de Blaise et des autres " patrons" ... Dont celle du statut d'état:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Royal_de_luxe

En ce qui concerne l'histoire, les écoliers connaissent - ils: Le général Cambronne, célèbre pour quelques mots et qui a passé une partie de sa vie à Saint-Sébastien-sur-Loire.

Les Misérables de Victor Hugo sont -ils un classique interdit par la richesse culturelle du premier budget de France de l'éducation dite nationale! Au vrai d'une leçon, ici, je dois rappeler que les meilleurs résultats du BAC furent obtenus par les Bretons de la langue "défendue - défendue" en 2012. V.H. qui fut Royaliste, Bonapartiste puis Républicain était fils de Général d' empire! Ici, je dois citer le panurgisme de la juste définition de Leblanchet ( autre sujet défendu) du passage romantique de VH. En espérant sa lecture. J'ose présenter la naïveté électorale et le militantisme aveugle d'une sorte de métaphore romantique avec le panurgisme Nantais:

" Pontmercy à Waterloo , Thénardier volait un officier mourant qui s'évanouit juste après, Thénardier le traîna et en profita pour lui voler sa légion d'honneur, sa bourse et sa montre, l'officier en fut reconnaissant voulut lui offrir sa bourse et sa montre mais Thénardier les avaient volées. L'officier demanda le nom de l'homme qui lui avait sauvé la vie pour le remercier. Thénardier répondit:" Le détrousseur de cadavres". Bref! Ici, finit la " Cosette", j'ignore si la" cantine du voyage dans le dur est démontée! La cantinière Thénardier citée comme une réussite. Je voudrais " extrapoler" le coût de l'investissement durable avec la recette effective! Anonyme historien, je serais heureux d'avance de vous lire à nouveau! Je sais que 60 000 contrôleurs de petites et grandes fraudes seraient plus utiles que 60 000 enseignants sans histoire! Un Milliard de perte frauduleuse estimée en Loire - Atlantique. Et les augmentations d'impôts injustes favorisent la tentation!

Leblanchet a dit…

Le point de départ des acteurs culturels des mandatures Ayraultiennes est à situer à l'opération Cargo 92. Tous les acteurs sont en place, ils vont tenter à tour de rôle d'obtenir les plus grasses subventions. Philippe Bouler, Jean-Luc Courcoult, Pierre Oréfice figurent dans le trio de tête. Ne les oubliez pas. En focalisant sur Jean Blaise vous offrez un bouc émissaire aux rancoeurs locales.

LE CONTRIBUABLE a dit…

Merci Leblanchet de cet autre rappel de mémoire qui s' ajoute à ta juste analyse de celles et ceux que j'ose traiter de vautours à SUBVENTIONS. Le lien de l'émission C Dans l'air d'aujourd'hui n'est pas encore en ligne. Très pédagogique et confirmant du présent titre: " Ces Maires qui dépensent trop". Passage du clientélisme électorale associatif qui résiste à la mauvaise gestion non sanctionnée! 2014 Nantes, une nouvelle fois? Je vous invite ( à moins d'avoir vue l'émission) à consulter dès la mise en ligne ou à regarder la rediffusion de l'émission. J'adresse ici un extrait du long résumé de C' dans l'air. Nous constatons qu'une réforme du ' millefeuilles d'impôts est urgente"! Je vous démontre par avance le mensonge et l'impossibilité de la promesse électorale de la candidate "majorité Municipale": Aucune augmentation d'impôts pendant son mandat.

Extrait résumé C dans l'air:

Dépenses et investissements en hausse épinglés par la Cour des comptes, dette à combler ou bien encore politique de décentralisation qui a élargi les charges pesant sur les collectivités locales alors que les dotations de l’État ont dans le même temps diminué… Si les raisons sont diverses, la fiscalité locale a flambé ces cinq dernières années. Ainsi entre 2007 et 2012, les taxes foncières ont bondi de 21,17%, a dénoncé ces derniers jours l’Union des propriétaires immobiliers.

ICI, LE MENSONGE ÉLECTORALE DE LA CANDIDATE en contradiction des prévisions:

Et l’horizon ne serait pas près de s’éclaircir. Avec la baisse des dotations des collectivités locales (1,5 milliard d’euros) adoptée dans le budget 2014, le président de l'Association des maires de France et certains experts s’attendent à ce que les impôts locaux repartent à la hausse en 2015, voire dès le printemps prochain dans certaines communes.

BONNE SOIRÉE A TOUS!

PS: L'émission évoque les régions qui dès l'origine encore sous la domination d'état ne furent pas pas respectées d'un découpage historique. J'ose citer la BRETAGNE! Le département déterminé en frontière d'une journée de cheval encore cité. Europe de dépendance oubliée dans le débat? Voire, lois remontant jusqu'à Louis XIV. Cadastre non révisé fiscalement depuis 1970 ( lois) et qui risque le boomerang d'alignements neuf et anciens!

un furet dans la ville blog nantes a dit…

quel article ! ... votre blog Nantais en met plein la gueule des politiques locaux ! Bim Bam Bom

stanley