jeudi 18 avril 2013

Bolopoly (9) : on paiera en SoNantes plutôt qu'en NantCoin

Annoncé pour début 2013, le nom de la future monnaie locale nantaise a enfin été dévoilé le 17 avril. SoNantes. Drôle de nom, tant la rime avec « trébuchantes » est téléphonée. Notre monnaie ne part seulement en retard, elle part du mauvais pied, comme naguère Le Voyage à Nantes. Du mauvais pied, mais pas vite : le lancement était prévu en juin prochain, il attendra mai 2014.

SoNantes (ou So Nantes) a déjà pas mal servi comme titre d’une exposition artistique, d’une émission de radio et d’un blog (celui d’une journaliste nanto-bulgare de la radio locale Eur@adio Nantes ; mais comme celle-ci ne vit que de subventions versées principalement par la ville de Nantes et par Nantes métropole, tout devrait s’arranger). C’est aussi le nom de chœurs hongrois et polonais.

On a déjà signalé ici les faiblesses du projet. Tournons-nous un instant vers les autres. Sept exemples, nous dit le site officiel Une monnaie pour Nantes, ont « éclairé la réflexion nantaise ». Où en sont ils à ce jour ?
  • La barre des 100.000 livres déposées sur des comptes en Bristol Pound (1 BP = 1 £) a été passée début avril ; cela représente en moyenne un peu plus de 23 pence par habitant.
  • Dix ans après leur création, 650.000 Chiemgauers (1 Chiemgauer = 1 euro) circulent en Bavière. Ils sont utilisés par 3.000 personnes, soit 0,66 % de la population concernée.
  • Le Retz’l a été lancé le 15 avril dernier et il est donc trop tôt pour faire le point (c’est sans doute en éclaireur qu’il a « éclairé la réflexion nantaise »). On peut se le procurer dans trois « comptoirs de change » : le fleuriste Floridée et Le Petit atelier Safishop, aux Couëts, et la Ferme de La Ranjonnière, à Bouguenais.
  • Le Sol-Violette toulousain a été lancé en mai 2011 par l’association Folies (sic). Six mois plus tard, le système comptait 10.104 sols en circulation (1 sol = 1 euro). Il n’a pas été publié de bilan plus récent, mais le blog qui relate l’activité du Sol-Violette est en sommeil depuis août 2012.
  • Le WIR suisse demeure le vaisseau amiral des monnaies locales. La banque qui le gère est depuis longtemps devenue une banque normale et travaille trois fois plus en franc suisse qu'en WIR (1 WIR = 1 CHF). À fin 2012, elle affichait un total de crédits de 2,67 milliards de francs suisses (en hausse de 10 %) et de 855,3 millions de WIR (en baisse de 3 %).
  • Le RES belge existe depuis une quinzaine d’années et poursuit son chemin, bon an mal an. Il s’est récemment implanté en Catalogne. En revanche, avouent ses animateurs, « Le projet RES France n’a malheureusement pas été un succès. RES a dû arrêter sa collaboration avec Monsieur Traska, et recherche actuellement un autre partenaire pour la France ».
  • Le Galléco, monnaie départementale d’Ille-et-Vilaine (1 Galléco = 1 euro), n’est pas encore lancé. L’éclairage qu’il a pu apporter à la « réflexion nantaise » est obscur.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

SoNantes sera notre future monnaie de singe ?...

Anonyme a dit…

Le WIR doit sa longévité (1934) à la banque WIR qui propose des prêts mixtes en WIR et en francs suisses à des taux plus attractifs que les autres banques. La banque coopérative WIR est également un activateur économique actif. Le système WIR est un triptyque: le WIR, le crédit WIR/CHF, l'activation économique. Je ne vois pas ces trois piliers dans la Sonantes.

Sven Jelure a dit…

En effet, il ne suffit pas de créer une monnaie locale pour refaire le WIR ! La survie du WIR n'est sûrement pas due aux avantages génériques d'une monnaie locale. Comme vous le notez, le succès de la banque WIR tient à ses crédits; qui peuvent aussi bien être libellés en CHF.