mercredi 30 janvier 2013

Réflexions sur NDDL (3) : Patrick Mareschal aggrave les doutes au lieu de les lever

Patrick Mareschal, ancien président du conseil général de Loire-Atlantique, a publié hier une déclaration à propos du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ou plus exactement à propos de ses adversaires. « Ils se sont constamment trompés ou ont délibérément menti, sur le trafic aérien, le coût du projet, l'impact foncier exagéré par les opposants alors que celui de l'étalement urbain est considérable », assure-t-il.

Pour lui, apparemment, la raison essentielle de construire l'aéroport serait dans les errements de ses adversaires. Mais ce n'est pas parce que les uns ont tort que les autres ont raison !

Que certains adversaires de NDDL soient peu recommandables, c'est incontestable. Mais l'arbre des trublions ne doit pas cacher la forêt des défenseurs de l'environnement. La déclaration de Patrick Mareschal paraît d’ailleurs spécialement maladroite. Car les partisans du projet ne sont pas blanc-bleu sur le terrain des erreurs ou des mensonges.

Depuis quarante ans qu’un aéroport est envisagé, beaucoup des arguments avancés par eux à un moment ou à un autre ont été réduits à néant. Celui de la lutte contre l’étalement urbain, encore agité par Patrick Mareschal, le sera inévitablement si la piste de Nantes Atlantique reste à la disposition d’Airbus au lieu d’être urbanisée. Celui du coût du projet est remis en cause par la surévaluation des gains de temps par l’enquête publique, révélée voici quelques mois.

Le coût réel du projet n’apparaîtrait d’ailleurs qu’après sa réalisation. Patrick Mareschal est bien placé pour le savoir : en tant que président du conseil général, il a lancé le projet de rénovation du musée Dobrée. Coût initial en 2008 : 35 millions. Coût estimé en 2012 : 47 millions, alors que les travaux n'ont pas commencé. Coût final : mystère, et on n’est pas près de le connaître.

7 commentaires:

Yves a dit…

Je regrette ce ton, mon cher Sven, à propos des déclarations de Patrick
Mareschal que j'approuve sans les avoir lues. Quand on dit : "Ils se sont constamment trompé ou ont délibérément menti", en précisant bien les domaines : trafic aérien, coût du projet, impact foncier, il n'y ni flou ni maladresse : tout ceci est vérifiable et non contestable.
Mais s'il avait mentionné d'autres domaines, impact agricole, urbain, retombées économiques, prospective technologique, environnement, dont effet de serre ..il aurait été plus complet.
Ce que j'aimerais savoir, moi, c'est comment on arrive à dévier la générosité d'autant de jeunes de bonne foi sur une cause si peu intelligente ou noble et si facile à descendre en flammes au nom de la rationalité...

Sven Jelure a dit…

Bonjour Yves, merci pour ce commentaire. J'ai moi-même éprouvé autrefois beaucoup de respect pour Patrick Mareschal, mais je trouve que depuis son adhésion au P.S., il a beaucoup sacrifié à la langue de bois.
Je maintiens qu'il n'est pas juste de désigner les opposants à NDDL par un "ils" collectif. Dans les trois domaines évoqués (trafic aérien, coût du projet, impact foncier), leurs arguments ne sont pas univoques.
Et au contraire, dans ces trois domaines, les partisans du projet ne sont pas exempts d'erreurs et même de mensonges, au moins par omission. C'est d'ailleurs cela qui m'a poussé du côté des "contre", moi qui n'avais pas d'opinion certaine sur la question voici quelques mois encore. Les conditions de traitement du dossier me font penser qu'il y a un "loup" quelque part (et vous connaissez assez les moeurs politiques pour imaginer à quel loup je pourrais songer).
En tout état de cause, d'ailleurs, la vérité dans ces trois domaines, trafic, coût et foncier, n'apparaîtra qu'a posteriori, et c'est pourquoi je ne vous suis pas quand vous dites que "tout est vérifiable et non contestable". Que le prix du pétrole flambe (ou que l'Etat décide de taxer le carburant avion comme le carburant auto), et le trafic aérien chutera. Qu'on crée une desserte de NDDL par LGV, et le coût du projet s'envolera. Qu'on décide de conserver la piste de Nantes Atlantique au lieu de la livrer à l'urbanisation, et l'impact foncier initialement annoncé sera bouleversé. Prendriez-vous le pari qu'aucune de ces trois hypothèses ne se réalisera ?

Anonyme a dit…

Il faut aussi ajouter les coûts de Nantes Atlanique si il reste en sercice

Yves a dit…

Décidément nous divergeons encore -"Le prix du pétrole flambera": NON, vous ne pensez pas que les compagnies aériennes ont déjà intégré cela ? jetez un coup d'oeil sur le site "prix du baril" : il est au dessous d'il y a 5 ans...il augmente,certes, mais très très lentement
"Qu'on crée une desserte de NDDL par LGV, et le coût du projet s'envolera". Mais vous ne pouvez pas affecter cette ligne au seul aéroport : elle reliera rapidement Nantes à Rennes et ouvrira des perspectives atlantiques.
"Qu'on décide de conserver la piste de Nantes Atlantique au lieu de la livrer à l'urbanisation, et l'impact foncier sera bouleversé". Ainsi que l'avenir de Nantes, car vous avez admis qu'il y aura bien une saturation de NA un jour...

Sven Jelure a dit…

Les compagnies aériennes adaptent leurs prix aux coûts du pétrole, qui eux-mêmes dépendent notamment de facteurs géopolitiques hors de contrôle. A prix du pétrole (et à conditions réglementaires et fiscales) relativement stables, le trafic aérien a augmenté ces dernières années, mais qui pourrait dire qu'il en sera toujours ainsi ?
Le coût d'une desserte par LGV ne serait bien sûr pas imputable au seul aéroport, mais à lui seul le coût de construction d'une nouvelle gare modifierait beaucoup le coût final du projet. (Et bien sûr, le détour par NDDL au lieu d'une liaison directe Nantes-Rennes entraînerait des coûts supplémentaires, mais là on est en pleine conjecture...)
A propos de l'urbanisation, je me suis mal exprimé. Je voulais dire que le raisonnement initial des partisans du projet "déduisait" l'urbanisation de Nantes Atlantique de la consommation d'espace naturel d'un nouvel aéroport. Mais si on conserve la piste pour Airbus, ce raisonnement devient erroné ou mensonger.
Tout cela s'écrit inévitablement au conditionnel, et l'intérêt éventuel de NDDL varie beaucoup selon les hypothèses qu'on retient. Or j'ai l'impression qu'on a un peu manipulé les hypothèses (l'exemple de la valeur-temps retenue à propos des déplacements vers et depuis l'aéroport est bien connu) pour parvenir à une conclusion écrite d'avance.

Anonyme a dit…

On oubli en plus de compter dans les 563 M€ du cout de l'aéroport, les accès routiers qui sont nécessaires, et oui il n'y a de liaison aérienne prévue entre Nantes centre et l'aéroport ! il faudra donc bien créer des accès routiers !
Ceux-ci couteront en plus 550 M€.

En ce qui concerne les compagnies aériennes, les compagnies low cost sont largement subventionnées pour venir se poser, ce sont donc les contribuables qui financent le service … En outre c'est aussi oublier une taxe sur les émissions de CO2 gelée pour le moment, néanmoins les compagnies aériennes n'en ont pas revu leurs prix à la baisse pour autant …
http://www.lefigaro.fr/societes/2013/01/22/20005-20130122ARTFIG00479-une-taxe-a-rapporte-13-md-d-8364-aux-compagnies-aeriennes.php

Enfin, c'est aussi oublier les reports sur le train que Air France est en train d'opérer sur nombre de relations régionales vers paris, à commencer par celles de Strasbourg.
http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/auto-transport/actu/0202502472227-quand-air-france-et-la-sncf-preferent-la-cooperation-a-la-competition-529311.php

Leblanchet a dit…

en regardant du côté espagnol (Ciudad Real) de Berlin (Willy Brandt Flughafen) on constate outre des dérives financières chiffrables en milliards, des mises en oeuvre de solutions dépassées et inadaptées. Que Nantes se rêve en capitale mondiale aux impérieuses nécessités économico-touristiques ne suffira pas à justifier un équipement obsolète avant usage. Il y auraitprobablement plus de bénéfices à développer des "smart pojects" autour du ferroutage et des autoroutes maritimes, par exemple. En regardant du côté d'Amsterdam on observerait des initiatives plus adaptées au futur de la petite ville européenne qu'est Nantes.