samedi 28 décembre 2013

Lèse-Blaise : (1) C’est le requiem pour Jean Blaise

Où est donc passé Jean Blaise ? Il observe depuis près de trois mois un silence radio auquel il n’avait pas habitué les Nantais. En fait, on ne l’a guère vu depuis le bilan du Voyage à Nantes 2013. Imaginera-t-on qu’il se cache, honteux d’avoir manipulé ses chiffres ? Ce serait paradoxal : au moment où le gouvernement en fait autant avec son « inversion de la courbe du chômage », voilà au moins un domaine dans lequel le maître du VAN pourrait légitimement se dire précurseur !
On suppose plutôt que des amis qui lui veulent du bien lui ont conseillé de faire profil bas d’ici les élections municipales. Dans son fameux entretien avec le dessinateur Frap, Johanna Rolland n’a pas été avare de lourds sous-entendus : « Il y a eu une forme d’institutionnalisation de ceux qui ont été reconnus et placés en situation de responsabilité de la politique culturelle nantaise, ceux qui ont été à un moment donné l’émergence culturelle nantaise. Si l’on considère qu’en 2014, si je suis élue, ce ne sera pas un cinquième mandat mais le début d’un nouveau cycle, il faudra être capable de se réinterroger, de laisser quelques clefs, d’ouvrir des espaces d’émergence. » Jean Blaise se sera aisément reconnu dans ces « ceux qui ont été reconnus et placés en situation de responsabilité » etc. Le voici sur un siège éjectable. (« Institutionnalisation », il faut le noter, est un mot péjoratif pour la candidate socialiste à la mairie de Nantes.)
C’est dommage, car Jean Blaise aurait eu des choses à raconter. Cet automne, il a été invité à pérorer aux Journées des communautés urbaines de France, à la biennale du mobilier urbain Forme Publique 2014, aux Assises du tourisme convoquées par le gouvernement, au Place Marketing Forum d’Aix-en-Provence, au jury Push Your Art 2013 du Palais de Tokyo et même à une conférence organisée à Shanghaï par l’Agence internationale Nantes-Saint-Nazaire. Partout, il a pu congratuler « ceux qui ont été reconnus et placés en situation de responsabilité », etc.
C’est un joli thème
Tu ne trouves pas ?
Semblable à toi même…
Mais il n’a pu faire part aux Nantais de l’estime que lui portent les institutions : cela aurait été souligner encore un peu plus sa propre institutionnalisation.
Ainsi, au moment même où Jean Blaise réussit à faire accroire au monde qu’il a trouvé la pierre philosophale culturo-touristique, les Nantais, si longanimes jusque-là, commencent à en douter ! Au fond, peut-être que Nantes a vraiment un temps d’avance sur les autres.

mardi 17 décembre 2013

Machines de l’île : des chiffres délirants – sauf un, qui est désastreux

François Delarozière et Pierre Orefice ne sont pas contents du tout que Laurence Garnier boude leur Arbre aux hérons. Mais leur contre-attaque, rapportée ce matin par Ouest France, repose sur des chiffres délirants.

« Depuis l’ouverture en 2007, pour un investissement total de 20 millions d’euros, il y a eu plus de 62 millions de retombées directes dans l’économie de la métropole », affirment-ils péremptoirement. Les « retombées directes » d’un équipement touristique sont celles qu’il perçoit lui-même. Or, en réalité, le chiffre d’affaires cumulé des Machines de l’île depuis leur ouverture en 2007 était seulement de l’ordre de 20 millions d’euros à fin 2012. Pour atteindre 62 millions d’euros à fin 2013, elles auraient dû faire 42 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année : deux fois plus que dans les 5,5 années précédentes !

En 2012, leur meilleure année à ce jour en raison de l’ouverture du Carrousel, le chiffre d’affaires des Machines s’est élevé à 4,8 millions d’euros. Ce montant inclut les recettes de la boutique et celles du bar. Les ventes de billets seules représentent moins de 3,1 millions d’euros.

Et, pour une bonne part, les « retombées directes » des Machines sont comparables à celles dont bénéficie le fêtard qui pisse contre le vent sur le quai des Antilles. Environ 40 % des visiteurs sont nantais. Ils ne représentent aucun apport d’argent frais au profit de la ville. Quand ils achètent leur billet, l'argent passe simplement d'une poche nantaise à une autre poche nantaise.

Si les créateurs des Machines ne peuvent déjà pas fournir de chiffres fiables quant au passé, comment accepter leurs affirmations quant à l’avenir ? « Avec l’Arbre aux hérons », assurent-ils, « c’est 35 millions tous les ans que les touristes dépenseront dans la métropole, soit le montant de l’investissement initial ». Est-ce autre chose qu’un calcul sur un coin de nappe en papier ? Mystère.

Mais il est un chiffre que MM. Orefice et Delarozière se gardent bien d’évoquer. Pour que les Machines puissent boucler l’année 2012, la collectivité a dû rajouter au pot 1,3 million d’euros de subvention. En fait, le déficit des Machines augmente chaque année ; elles brûlent un argent public qui serait plus utile ailleurs. En doublant la fréquentation, l’Arbre aux hérons boucherait-il le trou… ou bien le doublerait-il ? Sur ce point, le duo des fondateurs observe un prudent silence. Cependant, sa position rappelle fortement celle du joueur lessivé au casino, qui prétend se refaire en doublant la mise.

Il y a quand même dans la déclaration de MM. Delarozière et Orefice un nombre qu’on est tout disposé à croire, un seul : les Machines de l’île auront attiré 520.000 visiteurs en 2013. L’objectif plusieurs fois annoncé par Pierre Orefice était de 600.000 visiteurs, et il était déjà modeste puisqu’il en aurait fallu 630.000 pour tenir le rythme de 2012, année où le Carrousel n’avait été ouvert que pendant cinq mois et demi. À la fin de l’été, le patron des Machines avait rabattu ses ambitions : il ne comptait plus vendre que 550.000 à 580.000 billets en 2013. Si vraiment le score final n’est que de 520.000, c’est que, au lieu de monter en puissance grâce au Carrousel, la fréquentation des Machines s’est effondrée dans les quatre derniers mois de l’année. Il faudra bien en tirer des conclusions.

vendredi 13 décembre 2013

La campagne de Laurence Garnier est-elle inspirée par Jean Blaise ?

Laurence Garnier, candidate à la mairie de Nantes, veut coiffer la tour Bretagne d’un clocher en plastique. Un truc tape-à-l’œil, fait pour épater le bourgeois et ébaudir le bon peuple, dispendieux et dépourvu de toute signification historique, culturelle ou identitaire. Ça ne vous rappelle rien ? Mais oui, c’est une idée à la Jean Blaise ! Le genre de choses vues du temps du Voyage à Nantes.

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? On rêve d’un programme municipal articulé autour de propositions du genre couvrir le cours Cambronne d’une immense verrière pour en faire une serre tropicale, peindre la colonne Louis XVI aux couleurs de l’arc-en-ciel pour montrer que Nantes est une ville gay friendly ou tapisser la rue Crébillon d’une couche de mousse pour qu’on puisse la descendre en roulé-boulé.

Mais pourquoi faire original ? Laurence Garnier n’a pas besoin de forcer son imagination : une idée toute faite lui tend les bras. Il lui suffirait de se déclarer en faveur de l’Arbre aux hérons de François Delarozière et Pierre Orefice. Les héritiers de Jean-Marc Ayrault lui ont tourné le dos. Ils savent que les subventions aux Machines nous coûtent un bras chaque année et ils n’ont pas envie de remettre le couvert. Mais à force d’encenser les Machines, ils ont convaincu les Nantais, qui sont bon public. Ils ont créé un appel d’air : serait-il pas cocasse que ce soit la candidate d’en face qui en profite ?

Cependant, Laurence Garnier n’est pas Jean Blaise. Tout un public courtisan est prêt à acclamer n’importe quelle idée venant du grand homme. Le même public ne demande qu’à dézinguer la même idée venant de la petite dame. L’un fait dans le sublime, forcément sublime, l’autre dans le ridicule, forcément ridicule. Il en ira différemment, sans doute, le jour où ce sera elle qui tiendra le carnet de chèques. Mais en attendant, Laurence Garnier a sûrement plus à perdre qu’à gagner avec ce genre de gesticulation.

lundi 9 décembre 2013

Royal de Luxe vu par la Chambre régionale des comptes : (2) quel avantage pour Nantes ?

Le rapport de la Chambre régionale des comptes sur Royal de Luxe pour les années 2007-2011 est si gentiment tourné que le maire de Nantes lui-même s’y est trompé. « Je tiens à relever le fait que la première source de revenus de l’association est constituée par la vente de spectacles à des villes étrangères, devant les subventions publiques », écrit-il dans sa réponse du 11 octobre 2013 à la Chambre.

Patrick Rimbert a des excuses : la Chambre écrit bel et bien que « la vente de spectacles à des villes étrangères a été la première source de revenus » et que « les subventions publiques ont constitué la deuxième source de revenus ». Mais les chiffres qu’elle donne disent l’inverse : 4,7 millions d’euros de vente de spectacles à des villes étrangères, et plus de 5,6 millions d’euros de subventions, dont « 3,7 M€ versés par la ville de Nantes et 1,7 M€ par l’État (DRAC) et, de manière plus marginale, 240 k€ par la région des Pays de la Loire ». Les représentations dans d’autres villes françaises rapportent de leur côté 453.000 euros. Au total, sur les cinq ans, le montant des subventions est légèrement supérieur à celui des prestations de service. Il faut aussi ajouter aux subventions la valeur des locaux prêtés par Nantes à Royal de Luxe, soit 548.000 euros.

D’ailleurs, à quoi correspond la distinction entre subventions et prestations de service ? Quand Royal de Luxe vend ses spectacles à des villes françaises ou étrangères, on parle de prestations. Quand c’est Nantes, l’État ou la région qui paie, on parle de subventions. Mais au bout du compte, tout est argent public.

En cinq ans, la troupe s’est produite dans cinquante-deux villes, dont dix-huit étrangères. Ses spectacles totalisent 234 « jours de diffusion », dont 56 % à l’étranger, 10 % à Nantes (24 jours) et le reste dans d’autres villes françaises. En négligeant les subventions nationales et régionales, on peut déterminer ainsi le prix d’un jour de diffusion :
  • à l’étranger : 4,7 M€/131 = 35.878 euros
  • en France, hors Nantes : 453 k€/79 = 5.734 euros
  • à Nantes : (3,7 M€ + 548 k€)/24 = 177.000 euros
Si Nantes bénéficiait du même tarif que les villes étrangères, à nombre de jours de diffusion égal, elle aurait fait 3.386.928 euros d’économie. Cette comparaison est cependant biaisée, car les représentations à l’étranger sont « majoritairement des spectacles de géants, dont le prix de vente est bien supérieur », alors qu’un quart seulement des représentations nantaises étaient des spectacles de géants. Comparons donc Nantes aux autres villes françaises : au même tarif qu’elles, à budget égal, nous aurions pu nous payer 740 jours de spectacle : presque trois jours de Royal de Luxe chaque semaine ! Les spectacles de Royal de Luxe nous coûtent plus de 30 fois plus cher qu’aux autres.

Une question se pose donc, que la Chambre régionale des comptes se garde bien de poser : pourquoi Nantes ne se contente-t-elle pas d’acheter les spectacles de Royal de Luxe au lieu de subventionner la troupe ? Réponse municipale : parce que Nantes compte promouvoir son image grâce à Royal de Luxe. En somme, les subventions équivalent à 3.386.928 euros de budget de com’ en cinq ans. Pour quel résultat ? La Chambre ne laisse guère de doute sur ce point : « une lecture par sondage des dossiers et communiqués de presse permet de constater que le nom de la ville de Nantes n'est pas systématiquement cité. Lorsque c'est le cas, la ville n'apparaît que comme ville d'origine, d'accueil ou de siège de l'association sans que soit clairement mentionné son soutien. A l'international, Royal de Luxe est beaucoup plus citée comme étant une compagnie européenne ou française que comme une compagnie nantaise. »

Le Géant au Mexique a permis au maire de Nantes d’être reçu en grande pompe à Guadalajara. C’est bon pour son ego. Mais combien a-t-on vu à Nantes de touristes venus de Guadalajara ? Combien a-t-on vu d’industriels sud-américains s’implanter ici depuis 1992, année de la tournée du Melquiades ? L’idée « géniale » de Jean-Marc Ayrault invitant Royal de Luxe à Nantes en 1990 était finalement une idée ruineuse : on paie très cher pour pas grand chose. Les seuls à croire que Royal de Luxe est un atout pour Nantes sont les Nantais eux-mêmes -- certains Nantais du moins. Et après tout, c’était peut-être le but de la manœuvre ?

samedi 7 décembre 2013

Royal de Luxe vu par la Chambre régionale des comptes : (1) un éreintage aimablement présenté

« Les géants sont bien gérés », concluent certains au vu du rapport que la Chambre régionale des comptes vient de consacrer à Royal de Luxe pour la période 2007-2011. Il est vrai que la Chambre se montre d’une exquise urbanité avec l’association pour laquelle l’actuel Premier ministre a eu tant d'égards. Une plume plus vindicative aurait pu présenter tout autrement les mêmes informations. Que dit la Chambre en réalité ?

D’abord, que l’activité de Royal de Luxe est très variable. Certaines années, la troupe se la coule douce : elle n’a assuré que trois « jours de diffusion » en 2011 ! Elle en avait fait quarante fois plus en 2008 : quand on veut, on peut. Résultat : pour 1 euro de spectacle vendu en 2011, elle a encaissé presque 18 euros de subventions ! (On reviendra sur le chapitre financier.)

Sur cinq ans, la compagnie affiche plus de 11 millions de spectateurs au compteur. Sauf qu'il n'y a pas de compteur. En l’absence de billetterie, les chiffres de fréquentation sont calculés par d’« autres moyens (…) notamment les données fournies par les villes d’accueil ». Qui n’ont pas plus de moyens de les calculer, et qui ont encore plus intérêt à les gonfler.

Royal de Luxe ne compte que six salariés, qui ne représentent même que cinq « équivalents temps plein ». Pour tout le reste, la troupe utilise du personnel précaire.

L’association ne tient pas bien ses comptes : elle ne sait pas exactement ce que chaque spectacle lui coûte et lui rapporte. Le calcul n’est pourtant pas trop compliqué. La Chambre régionale des comptes l’a fait. Elle a constaté que tous les spectacles avaient perdu de l’argent sauf un, Le Géant du Mexique, qui en a rapporté beaucoup. Mais le flou des comptes n’était pas trop grave puisque, jusqu'en 2013, Royal de Luxe s'est dispensé de les publier. En complète infraction à l’article L. 612-4 du code de commerce. Cela ne semble pas avoir gêné la ville de Nantes…

Beaucoup de spectacles sont annulés alors qu’ils avaient été inclus dans les comptes prévisionnels. Cela soulève « des enjeux de sincérité budgétaire » et des problèmes financiers. Il y aurait bien un moyen d’y remédier : faire payer des acomptes aux villes qui commandent des spectacles. Mais la compagnie ne l’a fait que deux fois.

L’association Royal de Luxe n’est pas une organisation de masse : elle ne comptait que trois membres en 2011 et « semble relativement fermée ». On pourrait même parler d’endogamie. Le président actuel était précédemment secrétaire, tandis que l'ancienne présidente est devenue productrice déléguée. Malgré ses générosités, la ville de Nantes n’est même pas membre de l’association.

Corrélativement, la gouvernance de l’association est laxiste. Le bureau exerce des « responsabilités qui relèvent habituellement d’un conseil d’administration ». Les statuts prévoient trois réunions par an. Ce n’est déjà pas beaucoup, « néanmoins, au cours de la période examinée, le bureau ne s’est réuni que deux fois par an ». Aucune règle de quorum, de majorité ou de validité des décisions n’a été fixée pour l’assemblée générale.

Le rapport de gestion et le rapport d’activité, pourtant obligatoires du fait de la loi et des statuts, se bornent à peu de choses. On n’y trouve ni explication des comptes, ni informations budgétaires, ni présentation des moyens humains ou techniques, ni indication du « niveau de prospection de la compagnie ».

Royal de Luxe est censé promouvoir l’image de Nantes et le fait… sur le papier. Mais les résultats sont très médiocres, « le nom de la ville de Nantes n’est pas systématiquement cité » dans la presse, en particulier à l’international. En revanche, la troupe s’assied sur d’autres dispositions de la convention qui la lie à la ville ; en particulier, ses comptes rendus financiers des subventions « ne respectent pas les dispositions réglementaires ».

Pour une association « bien gérée », est-ce que ça ne fait pas un peu beaucoup, finalement ?

vendredi 6 décembre 2013

Graslin : (3) fini mais indéfini

Hier soir, inauguration de la place Graslin rénovée. Le maire a fort bien parlé. Il a vanté les atouts festifs du lieu : on peut y dresser des gradins pour des spectacles. Faute de pain, la municipalité nantaise continue à privilégier les jeux.

M. Rimbert a expliqué la piétonnisation de la place comme un retour au passé : « en ce temps-là il n’y avait pas d’automobiles ». Mais il n’a pas dit si elle serait rouverte aux voitures à cheval, qui avaient aussi leurs inconvénients. Et surtout, il n’a pas dit quels choix esthétiques ont présidé à sa décoration.

Quels que soient les attraits des nouveaux aménagements conçus par Yves Steff, leur aspect décousu (fontaine plate, vasques arrondies…) saute aux yeux. Les lampadaires de style néo-nouille jurent avec les lignes néo-classiques de Mathurin Crucy. Ils jurent même entre eux puisqu’ils sont de deux modèles différents. Leur couleur indécise jure avec la blancheur du théâtre et avec le « vert nantais » jusque-là imposé au mobilier urbain de l’hypercentre.

Il y a là un petit mystère, d’ailleurs. Sur les préfigurations de la place telles qu’on peut encore les voir aujourd’hui sur le site web de Nantes Métropole, les lampadaires sont peints en vert nantais. Pourquoi a-t-on finalement retenu une couleur mastic ? La municipalité nantaise montre une fois de plus que malgré presque un quart de siècle de présence aux affaires, elle manque toujours d’une ligne directrice.

dimanche 1 décembre 2013

Nantes, capitale verte : (12) une fois les lampions éteints, qu'en fait-on ?

Et si le petit Jésus était prématuré ? Et s’il allait naître un mois avant terme ? Pas de problème, Nantes est prête ! Comme d’habitude, les guirlandes de Noël ont été installées en travers des rues un bon mois à l’avance.

L’an dernier, elles étaient vertes, Green Capital oblige. À présent, rien ne va plus avec les Verts et les élections arrivent : retour aux fondamentaux, les guirlandes sont rouges. Mais où sont donc passées celles de l’an dernier ? Elles ne sont pas faciles à recycler car leur feuille stylisée est un modèle déposé réservé aux capitales vertes. Les a-t-on revendues d’occasion à Copenhague, Green Capital 2014 ?

Ou plus simplement, horrible pensée, mises à la poubelle avec le reste de l’attirail vert ? Les ampoules leds de mon supermarché garantissent 10.000 heures d’éclairage : au moins dix ans d’illuminations de Noël. Ne pas réutiliser les guirlandes serait une infraction majeure à l’esprit Green Capital. Il est vrai qu’on n’en est plus à ça près.

Mais cette hypothèse pessimiste est sans doute à écarter, tant la ville se montre prévoyante : elle vient de publier un appel d'offres portant sur la mise en place des illuminations de la fin 2014 ! Au passage, elle veut aussi acheter plus de 1 km de plafonds lumineux de 4 m de large. Pourquoi tant de hâte ? Pourquoi ne pas laisser à la municipalité élue en mars prochain la joie de régler cette question gratifiante ? Par ces temps de soupçons sur les marchés publics, une telle précipitation est plutôt maladroite !


L’intégrale de Nantes, capitale verte :

lundi 25 novembre 2013

Il est laid, M. Potelet


Il n’y a pas que les lampadaires. Sous la férule de Jean-Marc Ayrault, les trottoirs nantais se sont peu à peu peuplés de dispositifs variés : blocs, bittes, bancs, bornes, boîtes, barrières, etc. En vingt-quatre ans, là encore, la municipalité s’est montrée incapable de se fixer une ligne esthétique et de s’y tenir.

Ces machins souvent d’utilité douteuse, voire dangereux parfois, n’ont cessé de proliférer au petit bonheur la chance à travers la ville, sans un soupçon d’unité. Et l’on ne parle même pas des objets déposés temporairement çà et là, genre sacs à végétaux de la Green Capital.

La campagne électorale devrait apporter un peu de répit. Mais ce n’est que partie remise. Nantes Métropole vient de publier un appel d’offres portant sur la fourniture pendant trois ans, à partir de février 2014, de potelets, barrières et arceaux fixes en acier, potelets et barrières amovibles, pieux d’ancrage et même potelets à mémoire de forme (mais à quoi bon se souvenir des formes si elles changent tout le temps ?). Le montant total des commandes pourrait atteindre 2,07 millions d’euros H.T. sur trois ans.

On a bien lu : 2.070.000,00 euros hors taxes ! On n’ose songer au nombre de bidules parasites qui devraient encore fleurir sur les trottoirs au lendemain des élections !

vendredi 22 novembre 2013

The magnificent flying Heron tree

« Le Carrousel des Mondes Marins reçoit l’award de l’attraction la plus originale » annoncent les Machines de l’île dans un communiqué repris par Ouest France et Presse Océan. Une fois de plus, les Machines exagèrent un brin. La récompense attribuée au Carrousel est simplement libellée « Unique Art Installation » ‑ une installation artistique exceptionnelle. Et elle n’est que l’un des treize prix Thea attribués pour 2014 par la Themed Entertainment Association (TEA).

La TEA est une association internationale qui regroupe des fournisseurs de parcs à thème et autres équipements de loisir : architectes, décorateurs, conseils, agences de communication, éclairagistes, concepteurs d’attractions, organisateurs d’événements, etc. Elle vise à promouvoir les activités commerciales de ses adhérents. Elle compte un peu moins de mille membres, parmi lesquels une majorité d’américains mais aussi quelques français, dont le pyrotechnicien Groupe F, fournisseur du feu d’artifice inaugural du Carrousel.

Chaque année, la TEA décerne ses Thea Awards, des prix dont l’intitulé et le nombre (de l’ordre d’une quinzaine) varient. Ils vont à des attractions, musées, spectacles, etc. dont on lui a proposé le nom. La répartition des prix respecte à peu près la composition de l’association : environ deux sur trois vont à des équipements touristiques et parcs de loisirs américains, un tiers au reste du monde. Deux prix dominent les autres, le Buzz Prize Thea Award, qui distingue une personnalité, et le Thea Classic, qui distingue une attraction (et pas nécessairement un parc, contrairement à ce qu’indiquent les Machines). Le Thea Classic 2012 est allé au Puy du Fou. Le Thea Classic 2014 sera remis à l’Enchanted Tiki Room, un spectacle du parc Disneyland d’Anaheim, en Californie.

Le Carrousel recevra l’un des onze Awards for Outstanding Achivement décernés en 2014. Il n’est pas la première attraction française dans ce cas ; l’une de ces récompenses avait notamment été attribuée à Arthur, l’aventure 4D, une attraction du Futuroscope, en 2012. Deux autres attractions européennes figurent cette année au palmarès : le Musée des chemins de fer d’Utrecht aux Pays-Bas et le tout nouveau Titanic Belfast (qui a attiré 500.000 visiteurs dans les cinq mois suivant son ouverture).

Pierre Orefice et François Delarozière iront chercher leur trophée en Californie, où la TEA organise un dîner de gala sponsorisé par un grand cabinet de conseil. Légitimement fiers de cette distinction, ils en profitent pour relancer leur campagne en faveur de la construction d’un Arbre aux hérons. Ce n’est peut-être pas adroit. Dans sa présentation officielle des Thea Awards 2014, la TEA explique que les Machines de l’île réunissent « an incredible collection of mechanical wonders such as the Great Elephant (…) and the magnificent flying Heron tree » (une incroyable collection de merveilles mécaniques comme le Grand éléphant et le magnifique arbre au Héron volant). Fallait-il vraiment lui expliquer que cet arbre magnifique n’existe pas ?

mercredi 20 novembre 2013

Au pays des géants

On avait déjà vu pas mal de graffitis moches sur le mur du quai Ceineray, mais celui-ci atteint des sommets. Nantes avait l’éléphant géant, les marionnettes géantes, le banc géant, voici maintenant le tag géant. Pas sûr que ce soit un progrès.

mercredi 13 novembre 2013

Graslin : (2) le vert nantais tourne au glauque

Qu’on aime ou qu’on n'aime pas les nouveaux candélabres de la place Graslin, ils mettent en évidence l’une des lacunes de la municipalité Ayrault : son incapacité à choisir un style et à s’y tenir. Le règne de Louis XVI a duré dix-huit ans, celui de Jean-Marc Ayrault vingt-trois. Le règne de l’un a donné naissance à un style décoratif bien reconnaissable, le règne de l’autre est parti dans tous les sens.

Ce qui a le plus changé à Nantes en 25 ans, en définitive, ce sont les lampadaires. On en a semé de toutes les formes ici et là, sans le moindre souci d’unité. La ville est devenue comme un catalogue de fournisseur d’éclairage public. Souvent, deux ou trois formes disparates voisinent. Parfois, c’est délibéré, comme sur le cours des Cinquante otages ; le plus souvent, c’est du petit-bonheur-la-chance. Le pêle-mêle ci-contre est loin d’être exhaustif, mais on y voit déjà deux douzaines de modèles sans harmonie.

Cela n’empêche pas les postures volontaristes. « Jusqu'aux années 1970 », assurait il y a une dizaine d’années le catalogue de l’exposition Vert nantais, « le mobilier installé dans la ville suit l'accroissement et les transformations des quartiers et se multiplie sans véritable réflexion sur son image, sa couleur, sa forme, ses matériaux. » Mais sous Ayrault, ça a changé, promis-juré : « depuis fin 2001, la ville de Nantes se pare d'un nouveau mobilier urbain dessiné pour elle par la Société Dauphin Adshel ». Le malheur est qu’à chaque nouveau chantier apparaissent de nouveaux mobiliers urbains dessinés par Trucmuche ou Tartempion. Pas plus tard qu’aujourd’hui, tiens, on en mettait en place entre le château et le Carré Feydeau. Plus ça change, plus c’est la même chose !

Ce n’est pas juste une question de forme. Le fameux « vert nantais » a longtemps assuré une certaine unité au mobilier urbain. « Composé de deux tiers de noir et d'un tiers de vert*, le ‘vert nantais’ est utilisé pour le mobilier urbain (lampadaires, bancs, poubelles...) et les balcons », assure Nantes Tourisme. En 2009, le patron du service éclairage public de Nantes métropole expliquait même que la règle avait  été formalisée dans un « schéma directeur d’aménagement lumière » : les quartiers Royale et Graslin « bénéficient de typologies spécifiques de matériel (exemple : mobilier peint systématiquement et la couleur est le ‘vert nantais’) ».

La « Green capital » ne plaisante pas avec le vert nantais. Il est par exemple obligatoire sur les grilles et les portails du cours Cambronne. Et, le Dictionnaire de Nantes, qui vient de paraître, le confirme en son article Mobilier urbain, « si les nouvelles formes et la couleur aluminium s’imposent un peu partout, elles s’effacent, dans le secteur sauvegardé, devant le traditionnel ‘vert nantais’ ». On voit ce qu’il en est avec les candélabres et les vasques posés place Graslin !

Faut-il en conclure que la place a été subrepticement sortie du secteur sauvegardé ou que Nantes Métropole ne sait pas où elle va ? Ce qui est sûr en tout cas, c’est que la couleur douteuse (franchement, elle vous fait penser à quoi ?) des nouveaux candélabres de la place Graslin jure malencontreusement avec la blancheur du théâtre.
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* Cette définition ne veut strictement rien dire puisqu’il existe d’innombrables nuances de vert. Il s’agit en l’occurrence du vert « wagon ».

dimanche 10 novembre 2013

Graslin : (1) S’il te plaît, dessine-moi un photon

« On s’risque sur le bizarre », dira-t-on, en ces temps d’hommage nantais aux Tontons flingueurs, au vu des luminaires de la place Graslin. Beaux, pas beaux ? C’est une affaire de goût, mais en tout cas, ce ne sont pas ceux de n’importe qui.

Le plus bizarre quand même, c’est cette impression qu’ils donnent d’être tournés vers le haut, comme si l’on voulait éclairer les étoiles plutôt que les passants. Ces allumées foutraques, ça doit être une idée de l’allumeur en chef : à défaut d’une « ville renversée par l’art », il aura renversé les candélabres… Et c’est peut-être conforme à sa vocation, après tout. « Je me demande si les étoiles sont éclairées », dit le petit prince après avoir rencontré l’allumeur de réverbères.

Bizarres aussi ces ondoiements fourchus, façon chevelure de Méduse. Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ? Eh ! bien, mais c’est sans doute une allusion au serpent du petit prince, pas celui qui avale l’éléphant, l’autre, celui auprès de qui il s’enquiert de l’éclairage des étoiles.

Et si, à gaspiller vers le ciel l’énergie de nos précieux photons, la place est mal éclairée, ce sera encore en hommage au petit prince. Vous n’y voyez goutte ? De toute façon, « on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ».


samedi 9 novembre 2013

lundi 4 novembre 2013

Gare de Nantes (3) : Notre-Dame-des-Landes ouvrirait la boîte de Pandore

« L’action se passe dans les Pays de la Loire, c’est-à-dire nulle part »
Sven Jelure, d’après Alfred Jarry, Ubu roi

Jacques Auxiette n’a jamais reculé devant un geste grotesque, mais la récente tentative de la région des Pays de la Loire pour acheter des trams-trains destinés à desservir Notre-Dame-des-Landes mérite de rester dans les annales. La construction de l’aéroport n’est même pas certaine. La création d’une ligne ferroviaire demanderait des années. Et il faudrait engager dès aujourd'hui 40 millions d’euros d’argent public pour commander des trains qui serviraient (peut-être) dans six ou sept ans ? En se privant au passage des progrès technologiques à intervenir dans l’intervalle ?

Sachant que la plupart des projets publics prennent du retard, pourquoi M. Auxiette veut-il jouer plus vite que la musique ? D’autant plus que son insistance à desservir une future gare de Notre-Dame-des-Landes renvoie à la situation de l’actuelle gare de Nantes. Interrogé par Xavier Boussion dans Presse Océan en octobre 2009, Jean-Marc Ayrault citait cinq « dossiers stratégiques » commandant selon lui l’avenir de Nantes. Sur les cinq, trois étaient d’ordre ferroviaire : nouvelle gare de Nantes, liaison ferroviaire rapide Nantes-Rennes et prolongement du TGV atlantique.

Ces projets si vieux et si indispensables n’ont guère progressé en quatre ans, alors même que Jean-Marc Ayrault est Premier ministre depuis dix-huit mois. Un projet de nouvelle gare a bien été dévoilé voici quelques mois mais, on l’a dit ici, il suscite quelque scepticisme.

Jean-Marc Ayrault veut une nouvelle gare, une liaison rapide Nantes-Rennes et un prolongement du TGV. Jacques Auxiette veut une liaison ferroviaire de Nantes à Notre-Dame-des-Landes. La SNCF veut bien tout ce qu’on veut, mais elle n’a pas d’argent et ne semble pas très motivée par le réaménagement de la gare de Nantes. D’une manière générale, elle préfère construire des gares au lieu de les rénover, et puis il faut s’occuper aussi du tunnel de Chantenay et du contournement de Donges.

Vers quoi convergent ces désirs et ces contraintes ? C’est clair : vers le déménagement de la gare de Nantes à Notre-Dame-des-Landes !

Délire conspirationniste ? Pas du tout. L'idée est même dans l’air du temps. Alphonse Allais préconisait de bâtir les villes à la campagne. La SNCF adore y construire des gares. Ainsi a-t-elle fait avec ses nouvelles gares de Reims (à 5 km de la ville), Belfort (9 km), Besançon (11 km), Aix-en-Provence (15 km) Bar-le-Duc (30 km), etc. Après hésitation entre Nancy et Metz, la gare Lorraine TGV a été construite à 37 km de la première et 27 km de la seconde.

À 25 km de Nantes, Notre-Dame-des-Landes se trouve dans un rayon plausible. Une fois le nouvel aéroport flanqué d’une « gare de Nantes Aéroport du Grand Ouest » financée par les contribuables des Pays de la Loire, il ne serait pas trop compliqué de prolonger le TGV atlantique de Rennes à « Nantes AGO », puis de là à La Baule en évitant Donges. De Montparnasse à la villa bauloise en deux heures chrono : au nom d’une vertueuse « intermodalité », plus d’un dirigeant parisien souscrirait des deux mains !

vendredi 25 octobre 2013

Congrès et tourisme : Nantes boite des deux jambes

On évoquait ici l’autre jour les efforts désespérés de Nantes Tourisme pour gonfler la fréquentation touristique de la ville. Pourquoi se donner tant de mal ? On pourrait se dire qu’après tout, la ville n’a pas à se plier aux désirs d’une corporation. Les hôtels n’ont pas assez de clients ? Ce n’est pas aux contribuables de leur venir en aide.

Mais ce n’est pas aussi simple ! Nantes a voulu devenir une ville de congrès. Pour cela, avoir une Cité des congrès ne suffit pas, il faut aussi une offre hôtelière de bon niveau. Or de grands hôtels ne peuvent vivre uniquement sur les congrès : il leur faut aussi des clients le week-end et hors saison. Ce n’est pas un hasard si les grandes villes de congrès, de Nice à Las Vegas en passant par Deauville et Vienne, n° 1 international, sont aussi des villes touristiques. Pour les attirer, la municipalité de Jean-Marc Ayrault a donc promis aux grands de l’hôtellerie que Nantes allait devenir une ville touristique. Les hôteliers sont venus ; Nantes Métropole n’a pas assuré.

A-t-elle fait mieux avec la contrepartie du tourisme, les congrès ? En 2012, Nantes stagnait au 207ème rang mondial des villes de congrès, selon le classement de l’International Congress and Convention Association. Et pourtant, sur ce plan aussi, Nantes gonfle artificiellement ses chiffres aux frais des contribuables. Le Forum mondial des droits de l’Homme en donne un exemple clair et consternant.

Cette manifestation est organisée par la Cité des congrès pour le compte du Secrétariat international permanent des droits de l’Homme, une association de droit privé suscitée par les milieux municipaux. Ce Secrétariat est financé par des subventions. Mais ça ne suffit pas encore : les collectivités locales subventionnent aussi son Forum... pris en compte bien sûr dans les statistiques internationales des congrès. Dira-t-on que rien n’est trop beau pour une si noble cause ? Erreur : c'est au nom de son intérêt propre, et pas au nom des droits de l’Homme, que Nantes Métropole paie. La convention passée avec la Cité des congrès est explicite : « Le Forum participe, par son rayonnement à la promotion du territoire de Nantes Métropole à l’international ».

Pour assurer la légalité de son financement, d'ailleurs, Nantes Métropole invoque l’article L.1523-7 du code général des collectivités territoriales « qui permet aux collectivités […] d’accorder aux sociétés publiques locales ‘des subventions ou des avances destinées à des programmes d’intérêt général liés à la promotion économique du territoire » (en réalité, l’article L.1523-7 ne vise pas les sociétés publiques locales mais les sociétés d’économie mixte). Hélas, la délibération autorisant cette subvention à une manifestation « qui se déroulera [sic] du 22 au 25 mai 2013 à la Cité Internationale des Congrès » a été votée… le 24 juin 2013.

Mais revenons à la « promotion du territoire de Nantes Métropole à l’international ». Le montant de la subvention est de 370.000 euros, soit 62 % du budget total, l’essentiel du reste étant aussi  financé par les contribuables via le département, la région, le ministère des Affaires étrangères, etc. Les participants n’ont rien payé, zéro euro, zéro centime (tandis que les intervenants ont coûté près de 88.000 euros). Moyennant ces 370.000 euros, quelle promotion internationale la communauté urbaine s’est-elle assuré ? La réponse se trouve sur le site web du Secrétariat permanent : le Forum 2013 « a réuni quelque 2300 participants dont 220 intervenants venus du monde entier ». La promotion « économique» du territoire nous a donc coûté près de 1.682 euros par étranger présent.

mercredi 23 octobre 2013

50 orages

Le nouveau profil du cours des 50 Otages a été habilement calculé de manière à rappeler par endroits qu'il fut jadis un cours d'eau.

vendredi 18 octobre 2013

Le cadeau des contribuables nantais aux touristes pour la Toussaint 2013

Du 18 octobre au 3 novembre , Nantes Tourisme propose une « offre promo famille » pour les vacances de la Toussaint. L’office de tourisme cherche à rameuter les visiteurs : rien à redire, c’est son boulot. La nature de l’offre étonne quand même : une réservation d’une nuit pour quatre personnes via Nantes Tourisme donne droit à un « Pass famille 24 heures » gratuit. Prix minimum de la chambre : 66 euros. Valeur du cadeau : 67 euros !

Extrait de la page d'accueil du site web de Nantes Tourisme le 18 octobre 2013
Car ce Pass Nantes n’est pas un simple gadget : il inclut les transports en commun et en bus touristique, la visite du musée du château des ducs de Bretagne, de la Galerie des machines ou du Carrousel des mondes marins et d'une dizaine d'autres attractions, des consommations à La Cigale, au Nid, à la Guinguette de Trentemoult, aux Oubliettes (dans la cour du château), une croisière sur l’Erdre, des visites guidées, des réductions dans certains magasins, etc. Au détail, la facture pourrait aisément dépasser les 100 euros. À 67 euros, le Pass famille est déjà une affaire pour les touristes. Mais gratuit…

Soupçonnera-t-on Nantes Tourisme de se rattraper sur les commissions ? Même pas : les prix des hôtels sont à peine différents de ceux proposés sur des sites de réservation classiques comme Bookings ou Lastminute. Le Pass famille est bel et bien bradé.

Qu’est-ce que ça cache ? On imagine que le Voyage à Nantes, dont dépend Nantes Tourisme, cherche à se concilier les hôteliers. Comme ces derniers n’ont pas vu la couleur du prétendu « succès » de la promo estivale, forcément, ils grondent. Et les municipales, c’est dans cinq mois…

Cette offre de Toussaint est un aveu d’échec implicite du Voyage à Nantes 2013 : si celui-ci avait vraiment fonctionné, Nantes Tourisme n’aurait pas besoin d’acheter de la fréquentation à un prix aussi élevé. Suffira-t-elle à faire taire les récriminations (tout en gonflant la fréquentation en berne des Machines) ? À voir, mais le cadeau fait aux touristes ne devrait pas rassurer les Nantais. Car son coût, bien réel, sera supporté par les contribuables. La SPL Le Voyage à Nantes a palpé 19.292.437 euros de subventions d’exploitation en 2012. C’est déjà 39,6 % de plus qu’en 2011 ! Pour 2013, les paris sont ouverts.

jeudi 17 octobre 2013

Qui croit encore aux chiffres du Voyage à Nantes ?

Combien a rapporté Le Voyage à Nantes 2013 ? C’est écrit en toutes lettres dans le « Bilan de l’événement estival 2013 » établi par les services de Jean Blaise : ses « retombées économiques » s’élèvent à 52,3 millions d’euros.

Oui, enfin… en incluant les dépenses des estivants venus à Nantes en juillet-août 2013 pour voir, non les bonzoms de Cordal, mais le portrait de Madame de Senonnes au musée des Beaux-arts (mauvaise pioche) ou le reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne au musée Dobrée (idem), ou tout simplement la famille ou les amis. Rapportés à 52.3 millions d’euros de chiffre d’affaires, les 3 millions d’euros du Voyage à Nantes 2013 paraissent un budget promotionnel acceptable (5,6 %). Mais si seuls 10 % des visiteurs sont venus pour la promo estivale, le coût de celle-ci est prohibitif : pour attirer 1 euro de dépense à Nantes, on aurait dépensé 0,57 euro en frais de promotion !

Comme on l’a dit dans le billet précédent, tous les chiffres affichés dans le bilan du Voyage à Nantes 2013 sont extrapolés à partir d’une donnée unique : les déclarations de taxe de séjour, c’est-à-dire le nombre de personnes ayant séjourné au moins une nuit en hébergement marchand (+ 7,9 % par rapport à 2012). Comment savoir combien de visiteurs sont venus à Nantes cette année en passant la nuit chez des amis ou en ne restant que la journée ? Apparemment, le Voyage à Nantes a repris la fréquentation de l’an dernier et lui a appliqué un taux d’augmentation de 7,X %. Puis il a considéré que chaque visiteur avait dépensé autant d’argent que l’an dernier : 55 euros par jour pour un touriste en hébergement marchand, 35 euros pour un touriste en hébergement non marchand, 42 euros pour un excursionniste à la journée.

Une telle extrapolation est hautement aléatoire. Par exemple, de nombreux acteurs du tourisme estiment que les estivants ont serré les cordons de la bourse cette année : le chiffrage du Voyage à Nantes n’en tient pas compte. Et puis, que valent les chiffres pris pour base ? Ils sont issus d’un sondage mené l’an dernier auprès de 1.713 personnes prises au hasard sur cinq lieux touristiques de Nantes au cours de l’été 2012, sans la moindre certitude que cet échantillon soit représentatif. Qui plus est, les chiffres ont été « redressés » par le cabinet qui a réalisé l’étude. Le montant des dépenses des excursionnistes paraît spécialement douteux. Une famille de quatre personnes venue de Rennes pour la journée dépense-t-elle vraiment 42 x 4 = 168 euros à Nantes ? Se pourrait-il que les sondeurs n'aient interrogé que des adultes… alors que les enfants sont compris dans le nombre total de visiteurs ? Les sondeurs sont des pros qui ne feraient pas ce genre d’erreur ? Il faut rappeler que la même étude réalisée par le même prestataire à l’été 2011 s’était révélée complètement fausse !
 
Cet empilement de calculs hasardeux n’a pas empêché Jean Blaise de prendre les 52,3 millions d’euros pour argent comptant. Mais on dirait que ses affichages soulèvent désormais quelque scepticisme. Si le site web de la ville de Nantes reprend sans sourciller le montant allégué, rares sont les médias à en faire autant. Ouest-France entreprises signale que « l'été 2013 est qualifié ‘d'été record’ par Le Voyage à Nantes » mais se garde bien d'indiquer un chiffre. Métro observe une prudente neutralité :  « les retombées économiques sont estimées à 52,3 millions d’euros sur le territoire, 3,8 millions de plus que l’an passé, affirme Jean Blaise ». Idîle se contente d’un conditionnel : « les dépenses des 650 000 visiteurs extérieurs estivaux s’élèveraient à 52,3 millions d’euros ». Beaucoup d'autres se sont abstenus. La parole de Jean Blaise est d’argent comptant, le silence de la presse est d’or.

mardi 8 octobre 2013

L’étrange bilan du Voyage à Nantes 2013

Le Voyage à Nantes dresse le bilan de son opération estivale 2013. Il annonce des résultats records. Les touristes se sont précipités à Nantes, la bourse largement ouverte. Sauf que ses propres données ne racontent pas tout à fait cette histoire-là. Ses calculs sont établis, dit-il, à partir
  1. des nuitées déclarées pour la taxe de séjour en 2013,
  2. des données INSEE de l’été 2012, car celles de 2013 ne sont pas encore connues,
  3. des résultats d’une enquête G&A Links de 2012.
Ce qui signifie donc en pratique que le bilan 2013 est calculé exclusivement à partir des données de la taxe de séjour. Tout le reste est extrapolation ! Or la méthode d’extrapolation est la même qu’en 2012 ; on a dit ici quelles réserves elle appelle.

Mais la taxe de séjour, au moins, c’est des chiffres « en dur », incontestables et objectivement comparables à ceux de l’an dernier ? Ce n’est même pas certain. Nantes Métropole vient de mettre en service un logiciel de télédéclaration de la taxe de séjour fourni par un éditeur de Lannion, 3D Ouest. On sait que ce genre d’outil réclame presque toujours une période de rodage. Il faudra quelques mois de recul pour être certain que les chiffres sont fiables et que leur périmètre est inchangé. En les prenant pour argent comptant, les services de Jean Blaise ont confondu vitesse et précipitation.

En l’état, que disent ces chiffres ? Le nombre de nuitées a augmenté de 37.000 par rapport à 2012 sur les deux mois du VAN, soit + 9,3 %. Mais l’évolution était déjà de + 8,3 % sur l’ensemble du premier semestre 2013 ; par rapport à cette tendance de fond, l’effet spécifique du Voyage à Nantes se limiterait donc à un petit point, quelque chose comme 4.000 nuitées.

Or, admet le Voyage à Nantes lui-même, le gain enregistré en juillet-août s’explique à hauteur de 12.000 nuitées par des congrès organisés au mois d’août et de 10.000 nuitées par la Semaine du cyclotourisme. Déduction faite de ces événements sans rapport avec le VAN, le gain de juillet-août se borne à 15.000 nuitées, soit 3,8 % : moins qu’au premier semestre et à peine plus qu’au niveau national, puisque l’hôtellerie a progressé de 3 % pour la France entière cet été selon l’INSEE. (Autre référence intéressante, le Puy du Fou a gagné 8 % de visiteurs en 2013.)

Outre ses extrapolations à partir de la taxe de séjour, le Voyage à Nantes cite quelques chiffres de fréquentation de ses sites. Le jardin des plantes aurait ainsi connu un record de 439.701 visites. On veut bien croire au record – l’exposition de Ponti était très sympa – mais cette précision à l’unité près paraît trop belle pour être honnête. A-t-on vraiment posté des agents de comptage aux quatre entrées du jardin de 8h30 à 20 h00 pendant les soixante-deux jours du VAN ? Cela représenterait plus de 2.800 heures de travail soit, au tarif du SMIC, pas loin de 27.000 euros de salaire brut rien que pour compter les visiteurs…

Le Nid serait en légère baisse, à 113.000 visiteurs contre 115.898 en 2012. On note cependant que le bilan du Voyage à Nantes 2012 affichait 138.321 visiteurs en haut de la tour Bretagne. Faut-il en conclure que le bilan 2012 avait été gonflé de 22.423 unités ? Autre « précision » bizarre, le VAN indique que 7.905 personnes auraient loué un Bicloo, nombre qui paraît ridiculement faible.

Le Voyage à Nantes avait « oublié » l’an dernier de publier un chiffre objectif dont il disposait mais qui était en baisse de 6 % : celui du nombre de visiteurs accueillis dans les bureaux de Nantes Tourisme. Il affiche cette année une hausse de 11 %… mais uniquement pour le bureau de la rue des États ! Faut-il avoir très mauvais esprit pour imaginer que le score du deuxième bureau, la station Prouvé, ne doit pas être brillant ?

Toute une série d’autres chiffres publiés l’an dernier et sûrement disponibles cette année aussi sont pareillement passés sous silence : nombre de visiteurs de la cour du château des ducs de Bretagne, pourcentage des voyageurs débarqués à Nantes Atlantique ayant séjourné à Nantes, évolution du nombre de tickets TAN vendus, chiffre d’affaires de la boutique du Lieu Unique, etc. Autant d’omissions qui contribuent bien sûr à nourrir les soupçons.

vendredi 4 octobre 2013

Un bilan pas si bon

« Nantes, les dossiers qui fâchent », titre le numéro d’octobre 2013 de L’Expansion. Oh ! le magazine économique n’est pas d’une férocité extrême, pourtant. « La ville est fière de son offre culturelle, avec notamment l’agrandissement du musée des Beaux-Arts ou encore le Voyage à Nantes », y lit-on, non sans surprise. S’il avait pris en compte la vraie situation du musée (y a-t-il vraiment de quoi se vanter ?) ou les vrais chiffres du VAN (idem), le jugement final aurait pu être pire !

Mais où sont les palmarès d’antan ? Il y a vingt ans, dans les années 1990, Nantes caracolait en tête de tous les classements. Quand un magazine titrait sur elle, c’était systématiquement au superlatif. Nantes était la ville la plus agréable de France, la plus dynamique de France, celle où tout le monde désirait vivre. Aujourd’hui, Nantes reste une ville très appréciée mais occupe rarement la première place ; elle est rentrée dans le rang.

Les « dossiers qui fâchent » de L’Expansion sont les problèmes d’accès au centre-ville, les coûts « pharaoniques » de la politique culturelle, la présence massive d’étudiants alcoolisés et le projet de Notre-Dame-des-Landes. Au moins trois d’entre eux sont directement liés à des choix faits par la municipalité.

Les palmarès des années 1990, si élogieux que les chevilles de nos édiles n’en ont pas encore dégonflé, étaient dus aux atouts intrinsèques de la ville et à des décisions antérieures (tramway, TGV, université…). Élu en 1989, Jean-Marc Ayrault a bénéficié de cet héritage mais ne l’a pas vraiment fait prospérer. Malgré sa longévité à la mairie, il a fait moins bien que d’autres maires de grandes villes.

mardi 1 octobre 2013

Musée d’art de Nantes : la momie bouge un orteil

« Dimanche, le musée des Beaux-arts a fermé ses portes pour deux ans de travaux d’agrandissement », écrivait Jean-Marc Ayrault sur son blog le 26 septembre 2011. « Une fermeture avec la promesse d’un grand musée d’art à Nantes ouvert à tous les publics en 2013 ! » Où en est cette « promesse » faite il y a tout juste deux ans ?

On a l’impression que le musée est fermé depuis une éternité ! Alors qu’il devrait être en train de se préparer à s’ouvrir « à tous les publics », rien ne s’est passé. Mais ça pourrait changer : Nantes Métropole vient de publier un appel d’offres couvrant l’ensemble des travaux de réhabilitation et de construction.

Les travaux devraient commencer le 3 mars prochain. Deux « dates butoir » sont prévues : les nouvelles constructions devraient être livrées le 30 septembre 2016 et le palais réhabilité le 30 janvier 2018. Il aura donc fallu environ six ans et demi pour venir à bout d'un projet qui devait en demander deux. Et, une fois achevés les 47 mois de travaux là où l'on en prévoyait 27, le musée devrait rouvrir en 2018 au lieu de 2013 comme l'annonçait le maire de Nantes.

Et quand le Premier ministre nous dit que la reprise économique et la pause fiscale sont pour 2014, c’est pour quand en réalité ?

vendredi 27 septembre 2013

Nantes, capitale verte : (11) l'échec stanbouliote et la reconquête de Constantinople

Vous pensiez que l’étape manquée de l’Aéroflorale II à Istanbul était l’un de ces petits foirages que notre Green Capital balaierait discrètement sous le tapis ? Même pas ! La Gazette – l’expédition de Nantes en Europe, chic magazine de voyage gratuit largement diffusé par Nantes Métropole (mais attention, imprimé sur papier recyclé, hein !) y consacre deux de ses seize pages A3 en quadrichromie, à égalité avec les villes réellement visitées, Bruxelles, Turin et Hambourg. Il faut croire que les communicants n’ont pas voulu bouleverser leur chemin de fer et que les contrats avec l’illustrateur Denis Clavreul et le photographe Erwan Balança étaient déjà signés et honorés.

La Green Capital tente même de transformer sa défaite en victoire. Elle n’a pas pu poser son Aéroflorale sur le terrain ? La Gazette titre sa double page « Istanbul recovered land/Istanbul espaces reconquis », comme si MM. Balança et Clavreul étaient montés tout seuls à l’assaut pour réparer l’affront, voire reprendre Constantinople à l’envahisseur ottoman de 1453.

Ils ont quand même eu de la chance de trouver leur chemin : la carte géographique publiée par La Gazette situe Istanbul du mauvais côté du Bosphore* !
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* Administrativement parlant, Istanbul s’étend de part et d’autre du détroit. Cependant, même sa partie asiatique se situe à l’ouest du point indiqué sur la carte. Et tous les lieux cités par La Gazette – les murailles de Constantinople, l’université de Bogazici, Sisli, Kilyos – appartiennent à la partie occidentale de la métropole turque.

L’intégrale de Nantes, capitale verte :

jeudi 26 septembre 2013

Nantes, capitale verte : (10) de vert lasse…

« Ah ! ils ne s’installent pas place Royale, cette fois-ci ? », demande une passante. En ce début de nuit place du Bouffay, l’Aéroflorale II n’est pas encore en place qu’elle relève déjà du déjà-vu. Il est vingt-deux heures trente, la serre volante vient d’arriver et… SCOOP ! elle ne vole pas du tout. Elle est stockée en pièces détachées sur deux semi-remorques flanqués d’un camion-grue et de deux ou trois chariots élévateurs, sans parler d’un essaim de motards de la police nationale.
Les sons des gros diesels et les parfums de gazole tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Demain, les communicants municipaux feront semblant de s’extasier encore sur cette expédition « scientifique » arrivée dans la nuit avec ses chicons récoltés à Bruxelles et sa vigne bouturée à Turin, ils serviront à nouveau la fable du « mode de fonctionnement exclusivement végétal » et de l’engin qui vole grâce au méthane des plantes embarquées…
Stop ! À l’heure où les Nantais commencent à recevoir leurs avis d’impôts locaux, c'est sans doute la pitrerie de trop. Il est temps d’en finir avec l’année Green Capital !
L'expédition n'a pas seulement ramené des plantes de Bruxelles, Turin et Hambourg,
elle s'est aussi fournie en ruban de délimitation à La Roche-sur-Yon

mercredi 25 septembre 2013

Nantes, capitale verte : (9) Y zont l’Aéroflorale, et faut encore qu’y râlent !

‑ Le 26 septembre, l'Aéroflorale II revient à Nantes nous raconter son Expédition végétale à travers l’Europe dans le cadre de l'année Nantes Green Capital. Quel long périple international !
‑ Mais, attendez… l’Aéroflorale, elle était à La Roche-sur-Yon au mois de juin, non ?
‑ Ah ! ça ne compte pas, elle y assurait une prestation commerciale comme une machine de La Machine, pas comme représentante de la Green Capital. D’ailleurs, La Roche-sur-Yon, est-ce seulement en Europe… ?
‑ Tout de même plus qu’Istanbul, qui faisait partie du programme officiel des déplacements !
‑ Oubliez Istanbul : en fin de compte, l’Aéroflorale n’y est pas allée.
‑ Ah ! mais cette étape était prévue par la convention entre Nantes et La Machine. Est ce que Nantes va verser à l’association de François Delarozière le dédommagement de 67.740 euros hors taxes prévu au contrat ?
‑ Joker ! L’important est que le reste du parcours à travers l’Europe ait eu lieu.
‑ C’est-à-dire ?
‑ Bruxelles, Turin, Hambourg.
‑ Et... ?
‑ C’est tout.
‑ Trois villes seulement, c’est ça le grand tour d’Europe promis à la Commission européenne et qui devait faire connaître les réalisations exemplaires de Nantes à tout le continent ?
‑ L’important est d’avoir visité des villes qui avaient besoin d’un bon exemple.
‑ Hambourg n’avait pas grand chose à apprendre : elle a été Green Capital avant Nantes, en 2011.
‑ C'est vrai. Mais comme Hambourg nous avait visités en 2011, il fallait bien lui rendre la pareille.
‑ Hambourg a aussi envoyé un machin bizarre dans trois autres villes européennes ?
‑ Euh… non, un train de sept wagons qui a visité dix-huit villes, dont Nantes.
‑ Un train entier, et dans dix-huit villes ! On comprend que le Morgen Post montre un peu d'ironie envers notre « sogenannte Aeroflorale », qui prétend voler grâce au biogaz de plantes pourrissantes et qu'il faut péniblement transporter en semi-remorque dans trois villes seulement.
‑ C’est qu’il n’a pas bien compris le principe. À Hambourg, ils manquent d'imagination : quand ils font du développement durable, ils font du développement durable. À Nantes, quand on fait quelque chose, l’essentiel est de faire semblant et de raconter des histoires. C’est culturel !
‑ Et elles ont été prises au sérieux, nos histoires ?
‑ Il suffit de voir les foules enthousiastes qui se pressaient autour de l’Aéroflorale à Bruxelles, à Turin, et même à Hambourg ! Et le nombre immense d'internautes qui ont regardé les vidéos mises en ligne* !
Bruxelles

Turin

Hambourg
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* Au 25 septembre à 11 h 30, pour les trois vidéo citées en lien, respectivement 21, 203 et 1.144 vues.

L’intégrale de Nantes, capitale verte :

mardi 24 septembre 2013

Les Machines de l'île au rythme du Carrousel : (5) Pierre Orefice confirme le recul

La fréquentation des Machines de l’île a baissé cet été, vient de reconnaître Pierre Orefice. Mais, ajoute-t-il, cette baisse est « beaucoup moins forte que celle que nous avions connue entre l’été 2007 et l’été 2008 ». Comme d’habitude, le patron des Machines sollicite un peu ses chiffres.

Avec 180.000 billets vendus en juillet-août, la baisse est de 16,8 % par rapport aux 215.000 billets de juillet-août 2012. À l’été 2008, la baisse avait été de 30 % (82.700 billets au lieu de 117.800). En pourcentage, certes, la baisse de 2013 est moins forte que celle de 2008. Mais en nombre de billets vendus, elle est identique : environ 35.000 billets en moins.

Et surtout, ce calcul revient à comparer des pommes et des oranges, car le Carrousel n’est entré en service que le 15 juillet 2012. Si l’on compare uniquement les périodes du 15 juillet au 31 août, la baisse doit plutôt être de l’ordre de 25 %. Et comme l’éléphant a continué à faire le plein, on peut imaginer que le Carrousel a perdu quelque chose comme un tiers de ses visiteurs.

Compte tenu du calcul pifométrique effectué ici voiciquelques jours, la fréquentation 2013 devait être de l’ordre de 415.000 billets vendus à fin août. Les quatre derniers mois de l’année représentent en général environ 25 % de la fréquentation de l’année entière. En continuant sur leur lancée jusqu’à la fin de l’année, les Machines pourraient donc tabler sur environ 555.000 billets vendus, soit 7,5 % de moins que l’objectif des 600.000 visiteurs plusieurs fois annoncé par Pierre Orefice et à peu près 12 % de moins qu’une simple extrapolation de la fréquentation 2012.

Pierre Orefice n’a pas dit quelles conséquence cette évolution aurait pour le compte d’exploitation des Machines de l’île. Mais on note que leurs charges ont augmenté de 64 % (oui, soixante-quatre pour cent !) en 2012, tandis que leurs produits, hors subventions, progressaient de 58 % seulement. Malgré son succès, le Carrousel aurait donc creusé le déficit d’exploitation. Si la fréquentation fléchit, cet effet devrait s’aggraver.