mercredi 31 octobre 2012

Grrrand succès du Voyage à Nantes (7) : mais petit prix

Le Voyage à Nantes, on le disait hier, a mouillé la chemise pour exister sur l'internet. Ses efforts lui ont même valu un prix. Ont-ils été payants ?

Le service d’évaluation des sites web VillainSTAT propose une réponse chiffrée. En fonction du trafic observé, il calcule la valeur financière des sites. Facebook, par exemple, vaudrait selon lui 8.325.282.600 dollars. Que vaut donc le site www.levoyageanantes.fr ?

Quelques secondes de calcul, et VillainSTAT rend sa réponse :

À peine plus de 5.000 dollars après tant d’efforts et de dépenses ? Le web est ingrat. Oignez Villain, il vous poindra !

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Retrouvez les épisodes précédents du Grrrand succès du voyage à Nantes...

mardi 30 octobre 2012

Grrrand succès du Voyage à Nantes (6) : avec un petit e

Les 8èmes rencontres du etourisme institutionnel ont eu lieu la semaine dernière à Pau. Le Voyage à Nantes était en lice pour l’un des deux prix décernés. Le public lui a préféré Tous des Cro-magnons, mais il a quand même décroché le prix du jury.

En effet, Le Voyage à Nantes a fait un effort notoire pour exister sur l'internet. Au début de son opération estivale, il a invité une bonne douzaine de blogueurs à venir la découvrir. Quelques-uns étaient nantais, d’autres venaient de Bordeaux, de Lille ou de Marseille.

Les commentaires publiés tiennent surtout de la lettre de château. On a été invité, on a été bien traité, on a passé un bon moment, on remercie poliment : Les enfants sont si mignons ! La maison est si jolie ! Le dîner à La Cigale était si fin ! Quelques-uns, attirés peut-être par une carrière de web-rédacteur, ne cachent pas des arrières-pensées publicitaires. Certains n’ont pas tout compris au film. « L’Ultime Déménagement, est en fait un pan d’une vraie maison », écrit Amélie, de Marseille, qui s’imagine sans doute faire plaisir à l’équipe du VAN en postant une photo de la ligne rose piratée par un macaron « Nantes en Bretagne » !

Avec Rue de la chute, la bonne volonté trouve cependant ses limites. « À l’issue de la représentation, transie de froid et un peu déboussolée, j’étais bien incapable de dire si j’avais aimé ce que je venais de voir », note Shalima tandis que Cathy dénonce ses petits camarades distraits.

Il y a aussi des moutons noirs. Jérémy a profité de l'invitation mais n’a rien posté. Pis, lui aussi situe Nantes en Bretagne malgré quarante ans de propagande ligérienne ! Martin, trop occupé à préparer son voyage à Ibiza, s’est contenté de mettre en ligne tardivement trois ou quatre vidéos, avec lui-même en vedette. Christine, elle, faisait ses bagages pour l’île Maurice et La Réunion… ce qui ne l’a pas empêchée de dire tout le bien qu’elle pensait du Voyage à Nantes (ville où elle n’avait mis les pieds « qu’une fois vite fait à l’occasion d’un mariage »)*.

Le Voyage à Nantes lui-même recense les « articles parus sur la blogosphère » à son sujet et en trouve une centaine. Il y en a sûrement d’autres : le blog qui a le plus parlé du Voyage à Nantes, celui-ci même, La Méforme d’une ville, n’y est même pas mentionné. Vous avez dit bizarre ?
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* Elle se rattrapera néanmoins à la mi-août.

lundi 29 octobre 2012

Delarozière toujours courtisé

Friture Mag, trimestriel d’informations et d’enquêtes du grand Sud, publie aujourd’hui un article qui va réveiller les inquiétudes éprouvées à Nantes fin septembre 2011 quand on avait annoncé le départ de François Delarozière pour Toulouse. « Chaque semaine depuis plusieurs mois, François Delarozière, le directeur artistique et fondateur de la compagnie La Machine, débarque à Toulouse », y révèle Ariane Mélazzini-Dejean.

« Des décisions devront être prises, nous n’attendons plus que le feu vert », déclare François Delarozière, cité par la journaliste qui le présente comme « exilé à Nantes ». « Il faut prendre une décision » est une phrase codée classique des couples qui vont vers le divorce. Delarozière n’a pas dit qu’il allait quitter Nantes. Mais il a au moins un soupirant à Toulouse : Pierre Cohen, le maire socialiste de la ville. Celui-ci se démène pour installer La Machine à Montaudran, piste d’envol historique de l’Aéropostale, en cours de transformation en quartier d’affaires high-tech. La ville de Toulouse a récemment voté 1 million d’euros de budget pour faire avancer le projet ; c'est donc plus qu’une idée en l’air.

vendredi 26 octobre 2012

Grrrand succès du Voyage à Nantes (5) : Monsieur Boulier s’était planté

Le chiffrage des résultats du Voyage à Nantes, on le disait ici avant-hier, est douteux. La fréquentation touristique en 2012 a été calculée par rapport à une base 2011 établie par le même prestataire à l’aide de la même méthode. Celle-ci n’a pas été publiée en détail mais semble avoir mélangé des ingrédients disparates, y compris peut-être l’âge du capitaine.

Un chiffrage qu'on dirait
établi au doigt mouillé (ici,
la main de Cambronne sur
le mur de Royal de Luxe)
En 2011, donc, l’oracle s’était exprimé : Nantes avait reçu 200.000 visiteurs extérieurs au cours de l’été. Comme on l’avait signalé ici, ce chiffrage n’était absolument pas crédible. Il avait néanmoins été présenté en grande pompe au Conseil des acteurs du tourisme.

Comment se fait-il alors que le bilan de l’été 2012 soit comparé à une fréquentation de 486.000 visiteurs extérieurs en 2011, et non plus 200.000 ?

Dans un communiqué publié cette semaine, le VAN donne l’explication entre les lignes. Début 2012, Nantes Métropole a fait le bilan de la taxe de séjour 2011, « apportant ainsi des éléments fiables et définitifs de connaissance de l’année 2011 ». Et comme ils ne cadraient pas avec l’étude du VAN (donc officiellement pas fiable), on a pratiqué « un redressement significatif des résultats de l’étude menée sur l’été 2011 ». Significatif, on peut le dire : le nombre total de visiteurs a été relevé de 143 % !

On notera qu’un plantage aussi radical pouvait être évité aisément : il aurait suffi de consulter le bilan de la taxe de séjour 2010. Mais Jean Blaise semble fâché avec les chiffres. Lui qui « se fout complètement » de ce que coûtent les œuvres d’Estuaire et qui mélangeait naguère les comptes d’Estuaire et du Lieu Unique (au point de courroucer la Chambre régionale des comptes), il n’est sûrement pas homme à s’inquiéter d’une erreur statistique. Il n'a donc changé ni de méthode ni de prestataire pour établir le bilan 2012. Les statistiques n'engagent que ceux qui y croient.

jeudi 25 octobre 2012

Grrrand succès du Voyage à Nantes (4) : Estuaire balayé sous le tapis

Le Voyage à Nantes évalue lui-même à 9,1 millions d’euros ses retombées économiques. Comme son budget spécifique était de 8,0 millions d’euros, dit-il, l’honneur est sauf. Le taux de retour sur investissement est faible mais positif.

Sauf que ce montant officiel de 8,0 millions d’euros ne représente pas tout ce qui a été investi cette année pour attirer des touristes. Loin de là. Il ne prend pas en compte la construction du Carrousel, qui n’est sans doute pas pour rien dans la fréquentation touristique de Nantes cet été, ni le budget de Royal de Luxe.

Et surtout, il ignore totalement Estuaire, qui a lui seul double le budget officiel. Ainsi, tous les visiteurs venus à Nantes auraient été attirés par les facéties du Voyage à Nantes et aucun par les œuvres labellisées Estuaire ? Aucun par l’arbre lunaire de Chantenay, le péage en bois de Malakoff, l’île semi-immergée du canal Saint-Félix ? Ce n’est pas brillant.

Au total, les dépenses réellement engagées au service du tourisme cet été dépassent 20 millions d’euros. Un montant à rapprocher des 9,1 millions d’euros injectés dans l'économie locale par les visiteurs supplémentaires. Pour gagner 1 euro, il a fallu en dépenser plus de 2…

On comprend donc qu’il soit préférable d’oublier Estuaire. Car si le Voyage à Nantes est un succès, Estuaire est un désastre. Ou vice versa…

mercredi 24 octobre 2012

Grrrand succès du Voyage à Nantes (3) : mais pas de sa méthode de comptage

Le bilan du Voyage à Nantes présenté hier par Jean Blaise est « difficile à interpréter », écrit Philippe Gambert dans Ouest France. C’est le moins qu’on puisse dire.

Avec l’aide de son « partenaire marketing », le VAN a compté 605.000 visiteurs extérieurs en 2012 contre 486.000 en 2011 (+ 24 %).

La danse de la pluie
de touristes aurait-elle
été efficace ?
("Le Sorcier", d'Herbert
Ward, exposé cet été
Passage Sainte-Croix).
Pourtant, en appliquant la même méthode d’évaluation avec le même partenaire, le Voyage à Nantes avait annoncé l’an dernier… 200.000 visiteurs. Ce n’était pas une faute de frappe : il était précisé que ce nombre comprenait 104.000 excursionnistes en visite à la journée et 96.000 touristes passant au moins une nuit à Nantes.

L'un des deux chiffrages au moins est donc faux*. Mais lequel ? Celui de 2011 ou celui de 2012 ?

Quoi qu’il en soit, avec ce bilan, le Voyage à Nantes parvient à sauver les meubles, quitte à les hisser en haut d’un monte-charge au milieu des décombres : sa manifestation estivale aura rapporté plus d’argent qu’elle n’en a coûté. Neuf millions d’euros de recettes supplémentaires pour un coût de 8 millions d’euros. Pour encaisser 1 euro, les Nantais n’ont dépensé QUE 89 centimes. Ça ne laisse pas cher de l’heure, mais c’est mieux que rien en temps de crise.
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* Ce n'est pas une énorme surprise. On savait depuis les premières éditions d'Estuaire que Jean Blaise a parfois un peu de mal avec les chiffres.

mardi 23 octobre 2012

Grrrand succès du Voyage à Nantes (2) : à vaincre sans péril…

La deuxième raison qui doit faire du Voyage à Nantes un grand succès est l’objectif officiellement retenu. Il se situe « entre 10 et 20 % de fréquentation supplémentaire (excursionnistes et touristes) à Nantes » (les « excursionnistes » étant des visiteurs à la journée qui ne passent même pas une nuit sur place). Toujours selon l’étude réalisée l’an dernier, Nantes aurait reçu 200.000 visiteurs en juillet-août 2011 ; l’objectif est donc compris entre 20.000 et 40.000 personnes supplémentaires.

Plouf !
Fastoche ! Mais ridicule en même temps puisque le VAN et Estuaire, en pratique confondus, ont coûté au total plus de 20 millions d’euros*, sans compter les EVP (équivalents en valeur publicitaire) assurés par la presse et les collectivités locales. Avec 20.000 visiteurs supplémentaires, éventuellement pour une visite de moins d’une journée, on aurait investi 1.000 euros pour chacun ! Et bien entendu, un tel résultat serait très, très inférieur aux besoins de l’hôtellerie nantaise.

Le VAN aura sans peine dépassé son objectif. Il lui suffira de compter dans son bilan les bons chiffres du Carrousel des mondes marins. Mais l'ouverture du Carrousel est un événement en soi (tout comme le spectacle de Royal de Luxe), elle n'avait pas besoin du VAN pour avoir lieu. Le vrai chiffre à considérer ne doit pas intégrer en totalité ces visiteurs-là.

Vu l’effort financier consenti par la collectivité et les tombereaux de superlatifs déversés sur le VAN, tout résultat inférieur à un doublement du nombre de visiteurs serait lamentable. Cela représenterait encore un investissement de 100 euros par visiteur. Au-dessous de 100.000 visiteurs supplémentaires, ce serait franchement la cata. Pour mémoire, 100.000, c’est exactement le nombre de visiteurs gagnés cette année par le parc du Puy du Fou, sans événement particulier.
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* Y compris des dépenses comme l'aménagement du bar de la tour Bretagne ou la subvention spécifique de Rue de la chute.

lundi 22 octobre 2012

Grrrand succès du Voyage à Nantes (1) : des chiffres, en veux-tu, en voilà

Jean Blaise doit publier mardi les « vrais » chiffres de fréquentation du Voyage à Nantes. On peut parier sans trop de risque qu’il annoncera un grand succès. Cela pour deux raisons.
Les chiffres sont comme
les images : bons ou pas
bons selon l'angle sous
lequel on les regarde
La première tient à la méthode de calcul. En l’occurrence, les « bases pour estimer l’impact sur la fréquentation et les retombées économiques de l’événement » ont été établies à l’été 2011 grâce à une enquête auprès de 1.624 passants, dont les données ont ensuite été « redressées » à partir de la fréquentation réelle des principaux sites touristiques de Nantes.

Cette méthode a permis d’établir un portrait qualitatif des visiteurs, mais en aucun cas une statistique de fréquentation fiable, et encore moins une évaluation économique. Aucune donnée économique n’a d’ailleurs été rapportée lors de la présentation des résultats de l'étude au Conseil des acteurs du tourisme en décembre dernier. Estimer un impact à partir d’une base floue est un exercice hautement aléatoire !

Et puis, on peut faire dire aux chiffres à peu près ce qu’on veut. « Je ne crois aux statistiques qu'à condition de les avoir trafiquées moi-même », disait Churchill. Quand des statistiques sont destinées à véhiculer un message (à tout hasard : « le VAN est un succès »), un bon professionnel peut presque toujours, parvenir à une présentation favorable à son client (parole d’expert !). Or Le Voyage à Nantes a fait réaliser son étude par une agence qui est aussi son « partenaire marketing »…

[À suivre demain]

jeudi 11 octobre 2012

Musée Dobrée : une sorte de chef d’œuvre du couac

On est tenté de dire qu’après avoir touché le fond, Dobrée continue à creuser. Mais ce ne serait même pas vrai : bien qu'« emblématique et exemplaire », comme disait naguère Jean-Marc Ayrault, le chantier du nouveau musée en sous-sol est bloqué pour une durée indéterminée, si ce n’est définitivement condamné. Et voilà que, sept mois après sa nomination et trois mois après l’annulation du permis de construire, Patrick Porte trouve la sortie.

C’est sans doute sage de sa part. Conservateur d’un musée fantôme, il avait peu de chances de voir  le projet aboutir avant l’âge de la retraite. Pire, comme on le disait ici au mois de mars, « vu son pedigree, si les choses tournaient mal dans l'avenir, il ferait un excellent fusible ». Or les choses auraient difficilement pu tourner plus mal…

On retrouvera ci-dessous les précédents articles de ce blog consacrés au musée Dobrée :

dimanche 7 octobre 2012

Le temps passe

« Quoi que vous pensiez de De temps en temps, François Morellet est depuis 1952 un des plus importants artistes de sa génération », écrit Alain Le Provost, commentant un commentaire sur le post précédent. Certes. Mais quid du passant lambda qui ignore que l'œuvre est de Morellet, si même il sait qui est Morellet ?

D'une oeuvre placée dans un lieu public, on attend qu'elle se suffise à elle-même, qu'elle suscite l'émotion par elle-même et non par référence à son auteur. De temps en temps est-elle « sublime, forcément sublime » parce qu'elle est signée Morellet ? Personnellement, je maintiens que c'est « une cerise ratée sur un gâteau raté ».

Morellet était sûrement d'avant-garde en 1952, et en tout cas quand il a commencé à sculpter le néon en 1963. Cependant, un artiste qui utilise la technologie doit évoluer au moins aussi vite qu'elle, sous peine de devenir d'arrière-garde. L’enseigne de mon pharmacien multiplie les figures géométriques lumineuses. On dirait du Morellet, en plus dynamique…

Et puis, si être un indicateur météorologique fait partie de son essence, comme on le dit partout, De temps en temps devrait au minimum indiquer vraiment le temps qu’il va faire. Ses errements montre que l'artiste maîtrise mal sa technique. C’est comme si Léonard de Vinci faisait des fautes de perspective ou Marcel Proust des fautes de syntaxe. L’enseigne de mon pharmacien, elle, indique le jour, l’heure et la température exacts…

samedi 6 octobre 2012

Sous le soleil inexactement

On l’a déjà évoquée, mais on ne se lasse pas de cette prétentieuse inanité. De temps en temps, la composition en tubes au néon de François Morellet accrochée à la façade de l’immeuble des Mutuelles Atlantique, est en même temps un « indicateur métérologique » qui annonce le temps qu’il fera quatre heures plus tard. C’est ce qu’affirment, opiniâtres, aussi bien le site web de la ville de Nantes que ceux d’Estuaire, de Nantes tourisme et de l’artiste lui-même.

Le temps varie. On a donc là « une œuvre sans cesse changeante qui évite la vision lassante d'une proposition artistique immuable ». Comme elle n’a que trois positions, néon rouge pour le soleil, néon blanc pour les nuages et néon bleu pour la pluie, la « proposition artistique » ne mue cependant que dans d’étroites limites.

Quand elle daigne muer. Sous le déluge de cet après-midi, alors que Météo France n’annonçait rien de mieux pour la soirée, De temps en temps, impavide, annonçait le beau temps pour dans quatre heures. Heureux ceux qui croient au soleil sans l’avoir vu.

jeudi 4 octobre 2012

Oui, le Carrousel est trop cher – pour les contribuables

L’entrée du Carrousel des mondes marins coûte-t-elle trop cher ? demandent Stéphane Pajot et Philippe Corbou dans Presse Océan aujourd'hui.

Personne n’est obligé de fréquenter le Carrousel. Ceux qui le font votent avec leur porte-monnaie : pour eux, le billet n’est pas trop cher. À l’entrée, en tout cas ; à la sortie, c’est peut-être autre chose. Mais la question de Presse Océan est mal posée. Il y a au moins une catégorie de gens pour lesquels le Carrousel est trop cher : les contribuables nantais.

Ils ont payé le Carrousel (avec l’aide des contribuables du département, de la région et de l’Union européenne). Ils lui ont gracieusement octroyé un emplacement privilégié en bordure de Loire. Et, par-dessus le marché, ils subventionnent ses visiteurs. « Nous avons une subvention pour (…) 1,1 million d’euros », admet Pierre Orefice, directeur des Machines de l’île.

En créant les Machines de l’île, après une dizaine d’années de réflexions sur la manière d’utiliser le site des anciens chantiers navals pour dynamiser l’économie locale, Nantes Métropole comptait constituer un pôle touristique rentable qui attirerait des voyageurs du monde entier*. Passé les deux ou trois premières années de fonctionnement, l’équipement devait s’autofinancer. C’est complètement raté.

Sur le papier, 160.000 visiteurs suffisaient à équilibrer les comptes. Avec près du double, les contribuables doivent quand même allonger 1,1 million d’euros. Entre 3 et 4 euros de subvention pour chaque visiteur. Paradoxalement, plus les visiteurs sont nombreux, plus le déficit croît. On espère que le Carrousel mettra fin à cette spirale infernale.

Et qu’on ne vienne pas dire, comme certains tentent à présent de le faire, que les Machines sont un équipement « culturel », et qu’il serait donc grossier de parler d’argent : la communauté urbaine a expressément délibéré sur un projet touristique. Juridiquement, d'ailleurs, les questions culturelles n'étaient pas de sa compétence.
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Sept projets avaient été proposés à l’époque. Ils avaient été soumis pour évaluation à un cabinet spécialisé, le canadien Cultura. Le projet des Machines avait été classé dernier. Les édiles nantais avaient préféré ignorer cet avis.

lundi 1 octobre 2012

La circulation à Nantes : Requiescat in pace

Les édiles nantais nous promettent « une circulation apaisée ». En ce lundi 1er octobre, c’est bien le cas. Dans une partie du centre ville, la circulation est interdite. Et là où elle n’est pas interdite, elle devient impossible. C’est la paix des cimetières.