dimanche 26 février 2012

Un réseau économique pour le Voyage à Nantes (2) : coup de fourchette

Les œuvres exposées ici ou là pendant la fermeture du musée des Beaux-arts (voir le post d'hier) ne sont pas le seul attrait du Voyage à Nantes. La plaquette éditée par celui-ci pour son « réseau économique » en cite cinq autres.

L’un d’eux fait danser les papilles : « La gastronomie nantaise et les talents de nos chefs investissent des lieux conviviaux, pour vous faire déguster le meilleur de nos produits ».

Voilà une initiative originale et séduisante. On manquait à Nantes d’un lieu agréable où réunir des convives pour apprécier la gastronomie locale. À moins que… Est-ce que ça ne serait pas justement ce qu’on appelle un restaurant ?

samedi 25 février 2012

Un réseau économique pour le Voyage à Nantes (1) : mailles lâches

Le Voyage à Nantes, on l’a noté pas plus tard qu’hier, paraît adepte d’une économie surréaliste. Il a néanmoins créé un « réseau économique » formé d’entreprises qui acceptent de payer 1.500 euros H.T. pour voir leur logo sur le site internet de la manifestation et disposer de billets gratuits. Par le plus grand hasard, beaucoup de ses membres sont des fournisseurs ou des obligés de Nantes Métropole, quand ce ne sont pas ses propres instruments (Samoa, Nantes Métropole Développement, Nantes Events Center…).

Le réseau comprend une petite quarantaine d’entreprises. C’est peu. Le FC Nantes, qui exploite le même filon, revendique encore 450 partenaires. Pour attirer de nouveaux membres, Le Voyage à Nantes vient d’éditer une plaquette promotionnelle. « En 2012, y lit-on, Le Voyage à Nantes c’est […] les chefs d’œuvre de la collection du Musée des Beaux-Arts ». Comme le précise honnêtement la plaquette, le musée est fermé pour travaux ; seules quelques-unes de ses œuvres seront montrées dans des locaux de repli. Monter en épingle une solution de fortune temporaire, est-ce vraiment un argument très convaincant ?

Corollairement, s'il vaut mieux présenter les chefs d’œuvre ailleurs que dans le musée, à quoi bon dépenser des millions pour le rénover et l'agrandir ?

vendredi 24 février 2012

Le Voyage à Nantes : une économie touristique en folie

On sait que Le Voyage à Nantes 2012 a pour objectif d’augmenter de 10 à 20 % une fréquentation touristique estimée à 200.000 personnes en juillet-août. (Bizarrement, l'objectif n'a pas varié quand la durée de l’événement a été réduite de quinze jours il s’achèvera le 19 août au lieu du 3 septembre.)

Soit un gain de 20.000 touristes (10 % de 200.000). Que rapporte-t-il à Nantes ? « Près de 10 millions d'euros de retombées » déclarait Jean Blaise au Conseil des acteurs du tourisme de décembre dernier, selon Antoine Gazeau, de 20 Minutes. « Au minimum 10 millions d'euros de retombées économiques directes, sans compter toutes celles induites » assurait-il trois semaines plus tard à Guillaume Lecaplain et Karine Parquet, de Nantes Actu.

Dix millions d’euros pour vingt mille personnes, cela représente 500 euros de dépenses par tête de pipe (« sans compter toutes celles induites ») ! Et comme « les touristes dépensent en moyenne 61 euros par jour », toujours selon Jean Blaise, chacun d'eux devra passer plus de huit jours à Nantes pour que ses dépenses atteignent 500 euros.

Les 200.000 touristes recensés à Nantes en juillet-août ont consommé 39,7 millions d’euros, disait encore Jean Blaise au Conseil des acteurs du tourisme. Tiens, ça ne fait que 198,50 euros par personne et pas 500 euros. Nos vingt mille touristes supplémentaires de l’été 2012 vont devoir dépenser deux fois et demi plus que les touristes habituels.

Ça va être dur. En effet, Nantes Tourisme propose des forfaits touristiques de 48 heures tout compris (hôtel, petit déjeuner , transports en commun, accès à trente « sites incontournables ») pour deux personnes au prix de 85, 105 ou 135 euros selon la catégorie d’hôtel choisie. On est loin des 500 euros par personne ! Si les services de Jean Blaise eux-mêmes lui tirent ainsi une balle dans le pied, décidément, le Voyage à Nantes est mal parti.

jeudi 23 février 2012

La justice de nouveau transparente

Les six baies du palais de justice de Nantes brisées fin décembre 2010 sont en cours de remplacement. Il aura suffi d’un peu moins de quatorze mois pour que ces travaux soient réalisés. Il faut reconnaître que le Mémorial aura été autrement efficace : trois mois lui auront suffi pour remplacer ses lames de verre défectueuses.

La justice va pouvoir à présent s’attaquer à la réparation de l’étanchéité, de la climatisation, des caissons du plafond, des mécanismes d’ouverture des salles d’audience, etc. Quant aux parements de la façade, c’est devenu une routine : on les remplace au fil de l’eau, en fonction des destructions.

mercredi 22 février 2012

Labex : la région patine toujours

« L’action se passe dans les Pays de la Loire, c’est-à-dire nulle part »
Sven Jelure, d’après Alfred Jarry, Ubu roi

La deuxième vague de l’appel à projets Laboratoires d’excellence (Labex) est moins pire que la première pour l’université de Nantes : cette fois-ci, deux projets « portés » par le PRES régional ont été retenus parmi les 71 lauréats.

Un bémol quand même : leur dotation représente au total 10 millions d’euros, soit 1,87 % de l’enveloppe de 534,5 millions d’euros mise en distribution. IGO (Immunothérapies Grand Ouest), un labex purement breton qui associe des laboratoires de Nantes, Brest et Rennes, touchera 5,5 millions d’euros. IRON (Radiopharmaceutiques innovants en oncologie et neurologie), disposera de 4,5 millions d’euros à répartir entre… onze équipes de recherche situées à Strasbourg, Caen, Rennes, Tours, Orléans, Nantes/Saint-Herblain et Angers !

En comparaison, l’École d’économie de Toulouse touchera à elle seule 15 millions d’euros pour le labex IAM-TSE, consacré aux « Nouveaux paradigmes pour la régulation des marchés et les politiques publiques ».

On ne peut donc pas dire que cette deuxième vague ait vraiment remis les pendules à l’heure. Étant donné la qualité de la recherche médicale nantaise, on peut même dire qu’il était difficile de faire moins. « C’est une vraie satisfaction que de constater que les observateurs extérieurs et que les jurys internationaux confortent notre analyse », écrit néanmoins Christophe Clergeau, vice-président du conseil régional des Pays de la Loire. Ah ! bon ? Il n’avait pas visé plus haut ?

mardi 21 février 2012

J’ai l’Mémorial qui flanche, j’me souviens plus très bien...

« Cette fois, c'est calé, le mémorial à l'abolition de l'esclavage sera inauguré le 24 mars », écrivait Ouest France, sans méfiance, le 13 décembre dernier. Quelques jours plus tôt déjà, dans son numéro du 8 décembre, on pouvait lire ceci : « Le mémorial à l’abolition de l’esclavage sera inauguré au final le 24 mars, veille de la journée mondiale de lutte contre toutes les formes d’esclavage, a annoncé aujourd’hui Jean-Marc Ayrault, député maire de Nantes. »

Déjà, l’information relayée par Ouest France était bancale : le lendemain du 24 mars n’est pas une journée de « lutte contre toutes les formes d’esclavage ». C’est en réalité, selon les Nations Unies, une « Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves ». Elle n’est d’ailleurs qu’un simple « appoint [sic] à la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition » instituée par l’Unesco et qui a lieu le 23 août.

Évidemment, comme il paraît que le Mémorial ne se situe pas sur le terrain de la repentance, le lier spécifiquement à la traite transatlantique faisait un peu désordre. On comprend donc que le maire de Nantes ait passé cet aspect sous silence. Mais on n’allait tout de même pas attendre la vraie « Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage », qui se déroule chaque année le 2 décembre… Et puis, après tant de péripéties, de retards, de reports, cela faisait du bien d’avoir une date ferme à laquelle se raccrocher.

Va donc pour le 24 mars, date confirmée par le maire dans ses vœux, le 3 janvier : il y évoquait « l’inauguration du Mémorial de l’abolition de l’esclavage le 24 mars prochain » (c’est dans le même texte qu’il assurait que « Nantes est la seconde ville du Web »). À cette heure encore, la date du 24 mars figure dans le programme du Château, dans l’agenda du Voyage à Nantes et dans une interview de Jean Blaise visible sur le site web de Nantes Métropole. Entre autres.

Et vlan ! voilà que malgré ces assurances et ces réassurances, la date solennellement annoncée vient de changer subrepticement sans la moindre explication officielle. L'inauguration, c'est maintenant le 25 mars. Sauf nouveau contrordre, bien entendu.
Ci-dessus, la date de l'inauguration telle qu'elle est annoncée sur le site de Nantes Tourisme. Ci-dessous, la date telle qu'elle apparaissait il y a quelques jours encore.


dimanche 19 février 2012

Seconde ville du web : le mystère demeure

EntrepreNantes s’est penché sur la fameuse affirmation de Jean-Marc Ayrault dans ses vœux de début d’année : « Nantes est la seconde ville du Web en France ».

Le maire de Nantes s’est montré si affirmatif qu’il dispose forcément d’une source fiable. Oui, mais laquelle ? Le magazine des entreprises du web est parti à sa recherche. Il a exploré différentes données : nombre et taux des emplois dans le numérique, nombre de diplômes délivrés en informatique, existence de centres de R&D et de réseaux…

« Les chiffres sont parlants », assure EntrepreNantes qui estime ainsi corroborée l’affirmation de Jean-Marc Ayrault. C’est beaucoup d’optimisme, car ses chiffres disent « seulement » que le secteur informatique est très actif à Nantes. Faute de comparaison avec les autres villes françaises, on n’y trouve rien pour confirmer cette affirmation floue et précise à la fois : « Nantes est la seconde ville du Web en France ».

La seule comparaison invoquée est un taux de croissance de l’emploi dans le secteur des TIC « largement supérieur au reste de la France » entre 1998 et 2008, selon une étude de l’Unédic. Une étude dont la seule trace en ligne est d’ailleurs… un document édité par Nantes Développement ! Mais surtout une étude qui ne prouve rien d’autre qu’une évolution passée et non une situation actuelle.

Les chiffres doivent bien exister, pourtant. L’Insee publie chaque année une Enquête sur les technologies de l'information et de la communication et le commerce électronique pour laquelle il recense notamment les connexions au réseau internet, les services utilisés sur internet et l’équipement en sites web. Hélas, les données publiées ne sont pas ventilées par ville ni même par région. Peut-être un statisticien bien informé parviendra-t-il à lever le mystère et confirmer que le maire de Nantes ne s’est pas seulement laissé griser par l’enthousiasme d’un lendemain de réveillon ?

samedi 18 février 2012

Pays de la Loire : la région qu’on préfère cacher

                       « L’action se passe dans les Pays de la Loire, c’est-à-dire nulle part »
Sven Jelure, d’après Alfred Jarry, Ubu roi

Comment dit-on « Pays de la Loire » en anglais ? De plus en plus, on ne le dit pas.

Chaînes hôtelières, voyagistes et transporteurs, aux premières loges question tourisme, tendent à ignorer les Pays de la Loire. Comme Brittany Ferries ou Kyriad, le portail du groupe Accor ainsi que ses enseignes Novotel, Mercure ou Ibis les rebaptisent Western Loire en anglais (quoique l’appellation Pays de la Loire soit conservée dans d’autres langues européennes).

Les administrations ne sont pas en retard. Dans sa version en anglais, le site public France Guide, « Official website of the French Government Tourist Office », présente une carte des régions revue et corrigée. La Normandie y est réunifiée. Le pays niçois est détaché de la région PACA sous le nom de Riviera Côte d’Azur. La région Centre est devenue Loire Valley. Et les Pays de la Loire sont rebaptisés Western Loire. Bizarrement, leur présentation commence ainsi : « The Western Loire stretches along the Atlantic Ocean, just below Brittany » (« la Loire occidentale s’étend le long de l’océan Atlantique, juste au-dessous de la Bretagne »).


La mutation la plus étrange est quand même celle du site web enpaysdelaloire.com créé par la région des Pays de la Loire. La page d’accueil de ce site touristique régional propose des versions en langue étrangère. Si les choix « Deutsch » et « Nederlands » pointent vers le site inter-régional La Loire à vélo, le choix « English », lui, mène carrément au site France Guide des châteaux de la Loire en anglais !

vendredi 17 février 2012

Bonnes idées et bonnes surprises

Dans son blog, André Augier, représentant de l’opposition au conseil de Nantes Métropole, s’en prend à la gestion du Voyage à Nantes. « On peut avoir de très bonnes idées et être un piètre gestionnaire », note-t-il. C’est incontestable. D’ailleurs, on peut aussi être un piètre gestionnaire sans avoir de très bonnes idées.

« Pourquoi ne pas s’inspirer des méthodes de gestion de la Folle Journée qui, elle, a toujours réservé de bonnes surprises aux habitants de la Métropole », propose aussi André Augier. Le « toujours » est de trop.

En 2005, dans son rapport sur la gestion de la Société d’exploitation de la Cité des congrès de Nantes pour les années 2000 et suivantes, la Chambre régionale des comptes a sérieusement critiqué la gestion de la Folle Journée. Celle-ci, alors produite en direct par la Cité, gestionnaire de la très bonne idée du CREA, avait comptabilisé en 2002 un déficit supérieur à 200.000 euros. La ville de Nantes avait bouché le trou l’année suivante en versant en octobre 2003 une miraculeuse subvention rétroactive.

Ce qu’on ne peut assurément pas considérer comme une « bonne surprise » pour les Nantais.

jeudi 16 février 2012

Le compteur touristique de Nantes est détraqué

Le Voyage à Nantes devrait faire progresser de 10 à 20 % la fréquentation estivale de la ville, estimée à 200.000 visiteurs en 2011. Cet objectif déjà avancé par les services de Jean Blaise a été confirmé lors du conseil communautaire de la semaine dernière, apparemment sans émouvoir grand monde.

Il contredit pourtant les chiffres d’une autre source en principe bien informée : Nantes Métropole soi-même. Dans le n° 215 de Nantes passion paru voici huit mois, on pouvait lire ceci : « Avec 2,7 millions de visiteurs annuels estimés en 2010, Nantes est une des seules destinations touristiques françaises à se maintenir dans ce contexte de crise ». La fréquentation a été au moins égale en 2011.

Est-il plausible que seulement 200.000 de ces visiteurs (7,4 %) soient venus à Nantes en juillet-août et tous les autres (92,6 %) hors saison ? Évidemment non. L’un des deux chiffres, celui de la communauté urbaine ou celui de son instrument touristique, est bidon. Lequel ? Voilà une question à poser à Valérie Demangeau, vice-présidente de Nantes Métropole chargée du tourisme... et présidente du conseil d’administration de la SPL Le Voyage à Nantes.

dimanche 12 février 2012

La Cage aux fariboles

On confirme la réouverture avant l’été du dernier étage de la tour Bretagne. « Cette terrasse, qui permet de découvrir la ville à 360 degrés, était fermée depuis plus de dix ans », rappelait Jean-Marc Ayrault à Joël Bigorgne et Philippe Gambert jeudi dernier dans Ouest France. C’était qui, le maire de Nantes, à l’époque ?

Un bar y sera créé. À Paris comme à Helsinki, à New York comme à Tokyo, à Mumbai comme à Dubaï, bars et restaurants panoramiques font figure de baromètres de la fréquentation touristique : passé l’effet de curiosité dans les semaines suivant leur ouverture, ils sont fréquentés bien plus par les visiteurs de passage que par les autochtones.

Le Voyage à Nantes ne poussera pas l’audace jusqu’à créer un restaurant. S’il n’est pas rotatif, de nos jours, un restaurant en plein ciel n’attire plus suffisamment le voyageur blasé par ses visites à l’Astral de Québec, au Donauturm de Vienne, au Telecafe de Berlin… ou tout simplement à la Tour de l’Europe de Mulhouse ou au Phare de la Méditerranée de Palavas-les-flots. La tour Bretagne fait avec ce qu’elle a.

L’établissement s’appellera Le Nid. Mais on évitera le syndrome de l’oisillon : pour éviter les suicides, il sera complètement enfermé derrière un grillage. La Cage aurait été plus juste.

samedi 11 février 2012

Pas si congrès que ça

Jeudi, dans Ouest France, Joël Bigorgne et Philippe Gambert interrogeaient Jean-Marc Ayrault sur la culture. Le maire de Nantes leur a répondu tourisme d’affaires. Lui qui avait hardiment fait de Nantes la seconde ville du web, il a évité cette fois d'affirmer que « Nantes est devenue la troisième ville de congrès », se contentant de dire que « Nantes est devenue une ville de congrès après Paris et Lyon ».

Et ça n’est pas faux. On peut le vérifier dans les statistiques de l’International Congress and Convention Association (ICCA). Une organisation internationale sérieuse puisque la Cité des congrès de Nantes en est membre. L'ICCA établit chaque année un classement international des villes de congrès qui fait référence.

Paris occupe le 3e rang mondial, Lyon le 74e. Et Nantes est 249e, ex-aequo avec Marseille, Strasbourg et une trentaine d’autres villes du monde entier. Nantes est donc bien « une ville de congrès après Paris et Lyon ». Et aussi après Nice (74e), Bordeaux (83e), Montpellier (96e), Lille (120e), Toulouse (120e) et même Saint-Malo (215e).

De son côté, l’Office du tourisme et des congrès de Paris s’est demandé l’an dernier où allaient les congrès à rotation nationale quand ils ne se tenaient pas à Paris. Réponse, dans l’ordre : Toulouse, Lyon, Marseille, Tours, Strasbourg, Montpellier, Lille, Bordeaux, Grenoble et Clermont-Ferrand.

vendredi 10 février 2012

Et le manège grandissait, grandissait…

À en juger d’après la documentation du Voyage à Nantes, ce n’est pas seulement la date d’ouverture du Carrousel des mondes marins qui est douteuse. C’est aussi sa hauteur. Les dimensions affichées sur le chantier lui-même varient de 20,7 mètres à 25 mètres de haut. Presse Océan, voici quelques jours, avait annoncé 26 mètres. Le catalogue groupes du VAN rehausse encore les enchères : ce serait « un manège de 27 mètres de haut ».

Il est vrai qu’un autre document du même VAN y voit « une structure gigantesque de 20 mètres de haut ». Entre le haut et le plus modeste gigantesque, il n’y a jamais que 35 % de différence !

Le panneau d’affichage du permis de construire devrait mettre tout le monde d'accord puisque la hauteur du bâtiment doit y figurer. Il indique 22 mètres. Indiquait, plutôt, car ce document a disparu depuis quelques semaines.

Rectificatif : l'écriteau reproduit sur la photo a bien disparu... mais le permis de construire est affiché sur un élégant panneau fixé dans l'enclos voisin du chantier. Il n'indique ni 22 m, ni 26 m, ni 27 m, mais... 23 m de hauteur !

mercredi 8 février 2012

Le Carrousel sera-t-il accessible en juillet ou en septembre ?

Le Voyage à Nantes, on l’a vu hier, ne propose aux groupes de visiter le Carrousel des mondes marins qu’à partir de septembre 2012.

Dans une précédente version de leur catalogue pour les groupes, encore disponible sur le site touristique public France Guide (et aussi en anglais sur le site du VAN), les services de Jean Blaise incluaient le Carrousel dans la visite du site des Machines « à partir de juillet 2012 ».

Se pourrait-il que Le Voyage à Nantes ait désormais un doute sur sa date réelle d’entrée en service ?

Il est certain que si le chantier du manège avance à bonne allure, celui de La Déferlante en est encore au ras du sol. Or ce bâtiment est officiellement « nécessaire à l’exploitation » du Carrousel…

mardi 7 février 2012

Louper le Voyage à Nantes ou louper le Carrousel

« À partir de septembre 2012, découvrez le Carrousel des Mondes Marins », suggère Nantes Tourisme dans son Catalogue groupes 2012 composé à l’intention des voyagistes susceptibles d’amener des touristes à Nantes.

Le Carrousel doit être inauguré le 14 juillet 2012. Ce sera un temps fort de l’événement promotionnel « Le Voyage à Nantes », qui se déroulera jusqu’au 19 août. À quelle logique l’équipe de Jean Blaise obéit-elle donc en proposant de le découvrir « à partir de septembre », une fois éteints les lampions de la fête ?

S’agirait-il de réserver le manège aux visites individuelles jusqu’à la rentrée des classes, puisque le succès de l’équipement est pratiquement assuré pendant les vacances scolaires ? Peut-être. Mais cela place les voyagistes devant un choix cornélien : louper le Voyage à Nantes ou louper le Carrousel. Ce n’est pas la meilleure manière de les attirer.

vendredi 3 février 2012

Palais de justice de Nantes : Ayrault mouille Perrault

Presse Océan, sous la plume de Yan Gauchard, fait aujourd’hui un instructif point d’étape* sur la situation judiciaire du palais de justice, victime d’une « liste impressionnante de désordres » : infiltrations d’eau, dysfonctionnement du système de chauffage, chute de plaques de béton, etc. À elle seule, la réparation des portes chiclet des salles d’audience coûterait plus de 500.000 euros !

Dans le même numéro de Presse Océan, une tribune libre de François Pinte préconise de « reconstruire la ville sur elle-même ». La ville, c’est peut-être beaucoup. Mais le palais de justice…

Où sont passés les cocoricos architecturaux d’il y a dix ans ? Les louanges sont devenues rares. « L'architecture contemporaine et imposante du Palais de justice proposée par Jean Nouvel suggère par ses volumes, sa géométrie implacable, son jeu d’ombre et de lumière, la puissance et la force de la justice », écrit quand même la Samoa. C’est inquiétant pour la justice. Cependant, comme la Samoa persiste à voir dans la maison Avril & Fiteau un bâtiment en bois, il ne faut pas trop se fier à ses avis.

Le site de la mairie de Nantes se contente d’un descriptif du genre médecine légale, en évitant les jugements esthétiques : « un parvis minéral de 50 mètres de profondeur », « de fines colonnes d'acier supportant un auvent », « une façade de verre de 113 mètres de large »…

Celui du Voyage à Nantes fait encore plus sec : « Édifice contemporain pensé par l’architecte Jean Nouvel pour symboliser la justice d’aujourd’hui », indique-t-il seulement, en proposant une visite guidée. « L’accès de cette visite est interdit aux mineurs », précise-t-il cependant. Faut-il donc que le symbole de la justice d'aujourd'hui soit dangereux !

Nantes Métropole conseille néanmoins la visite : « ce monument doit se visiter ne serait-ce que pour apprécier la salle des pas-perdus ». La communauté urbaine omet de préciser qu’on doit subir un contrôle strict à l’entrée : pour mériter les pas-perdus, il faut un peu de temps perdu.

Mais l’information la plus surprenante à propos de l’édifice vient encore du maire de Nantes dont, il est vrai, les services ne sont pas toujours bien renseignés. Dans un billet daté du 27 août 2010 encore affiché sur son blog, Jean-Marc Ayrault attribue sa construction à… Dominique Perrault.

Cliquer sur l'extrait ci-dessus pour l'agrandir
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* Avec à l’appui un reportage photo prédestiné à la rubrique « Comme son nom l’indique » du Canard enchaîné puisqu’il est exécuté par Nathalie Bourreau.