mardi 17 juillet 2012

Schadenfreudobrée

Il y a quelque chose de grandiose dans l’annulation du permis de construire du nouveau musée Dobrée par le tribunal administratif. Comment le département de Loire-Atlantique et Nantes Métropole ont-ils donc réussi à se fourrer dans une telle billebaude malgré leurs armées d’urbanistes et de juristes ?

Comme s’il ne suffisait pas que le bâtiment construit par le département rue Voltaire en 1974 soit déjà bon à détruire, voilà que le bâtiment de 2012 n’est même pas bon à construire !

Tout va de travers avec Dobrée. Ne revenons pas sur la valse des conservateurs dont il a été question ici voici quelques mois. La valse des budgets n’est pas négligeable non plus. Lors de la fermeture du musée fin 2010, on annonçait un budget de 35 millions d’euros de travaux, ce qui n’était déjà pas mal pour un établissement qui reçoit moins de 50.000 visiteurs par an. Au mois de mars 2012, le budget était porté à 47 millions d’euros, soit 34 % d’augmentation sans que rien se soit passé, sinon un peu de temps.

Mais le plus anormal est encore le bouleversement impuni du concept architectural. Voici comment Le Journal des arts présentait le projet retenu après concours : « Dominique Perrault a séduit le jury avec son projet d’extension souterraine. Creusés sous les jardins, ces nouveaux espaces seront éclairés par la lumière naturelle grâce à une grande verrière imaginée en guise de plafond. Du point de vue du jardin, le verre évoquera un plan d’eau dans lequel se réfléchira l’architecture du musée. Cette poétique et judicieuse proposition a été accueillie avec soulagement par le département ». Une fois le marché attribué, le plafond de verre est devenu une dalle de béton. Bonjour la poésie.

Et l’architecte lui-même ne semble pas au courant ! Sur son site web, on peut encore lire ceci aujourd'hui : « nous avons imaginé un jardin poétique et magique dont la pièce centrale est une surface vitrée, miroitant comme de l’eau et reflétant les architecture des bâtiments du musée. (…) L’architecture se mêle au ciel, elle n’est plus pesante, elle flotte au-dessus de cette surface liquide, le verre comme une métaphore de l’eau. »

Résultat de cette poésie et de cette magie : les habitants du département ne sont pas prêts de voir le musée rouvert. Mais qu’ils s’apprêtent quand même à payer les frais de ces palinodies.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Dominique Perrault tiens tiens tiens l'homme qui pensait qu'on pouvait stocker des livres dans une tour solaire …

Sven Jelure a dit…

Oui, le verre est décidément le point faible de Dominique Perrault. J'y reviendrai sans doute un de ces jours.