jeudi 1 mars 2012

Plus de Cyvel pour les Pays de la Loire

« L’action se passe dans les Pays de la Loire, c’est-à-dire nulle part »
Sven Jelure, d’après Alfred Jarry, Ubu roi
Cyvel 2.0 était une merveille, à en croire Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays de la Loire et à l’époque PDG de la SEM régionale des Pays de la Loire, cité par un ouvrage publié en 2009 par Paroles d’élus, un collectif d’associations d’élus et de collectivités locales qui met en valeur les utilisations des TIC au service des territoires.

« Ce projet illustre la capacité de la SEM à faire émerger par son organisation transversale et son expertise multiple des projets innovants, ouverts, évolutifs et donnant au territoire une longueur d’avance », y déclarait M. Auxiette. Cyvel 2.0, plate-forme web du tourisme en Pays de la Loire, devait donner naissance à un grand portail au service des particuliers comme des professionnels.

« La SEM régionale des Pays de la Loire a engagé ce chantier de rénovation du système d’information touristique régionale en janvier 2008, pour une mise en ligne fin 2009 des sites grand public et début 2010 du site professionnel », expliquait Parole d’élus. « L’équipe pluridisciplinaire s’est entourée de prestataires techniques (informatique, communication, traduction…), tout en associant les acteurs du secteur. » Le budget, plus de 1,25 million d’euros hors taxes, était pris en charge par la région.

Si l’on en parle ici, on s’en doute, c’est que la merveille n’était pas si merveilleuse que ça : elle a été discrètement abandonnée voici quelques mois. « Après 3 années de travail, le prestataire retenu par la SEM a livré une solution intégrée de gestion de bases de données et de site web », indique l’Agence de développement & de réservation touristiques de Loire-Atlantique dans son rapport 2010. « Toutefois, les performances de cet outil ont été jugées insuffisantes et bien en-dessous des spécifications du cahier des charges initial. La SEM a décidé de refuser la solution livrée par son prestataire et de demander le remboursement des sommes versées ainsi que des dommages et intérêts devant la justice. » Cette réalisation qui l’année d’avant illustrait la capacité de la SEM des Pays de Loire à « faire émerger par son organisation transversale », etc., etc. n’illustre plus que l’insuffisance d’un prestataire qui a sans doute travaillé seul dans son coin. Mais que faisait donc « l’équipe pluridisciplinaire » ?

Le patron de celle-ci, ci-devant directeur de la promotion économique et du marketing territorial des Pays de la Loire, est devenu au creux de l’été dernier directeur du Pôle génie civil éco-construction (PGCE), association d’industriels et de chercheurs un temps labellisée « pôle de compétitivité ». Pas sûr que ce soit une promotion.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Selon le rapport de la cours des comptes régionale datée du 31 janvier 2014, le coût de cet échec serait de 2,3M d'euros.

http://www.ccomptes.fr/Publications/Publications/Societe-d-economie-mixte-SEM-Regionale-des-Pays-de-la-Loire-Loire-Atlantique