mercredi 21 mars 2012

Le Chevalier Paul, précurseur de l’abolition de l’esclavage

Pour une fois, disons du bien d’une initiative municipale. La ville de Nantes est désormais la marraine de la frégate Chevalier Paul. L’armée de terre s'en va peut-être, mais nous garderons un pied dans la marine.

Le Jacques Cassard ou le Jules Verne, précédents bâtiments marrainés par Nantes, portaient des noms plus en rapport avec la ville. Pourtant, le Chevalier Paul n’est pas un mauvais choix à l’heure où le Mémorial de l’abolition de l’esclavage va ouvrir ses portes. Le Chevalier Paul (1597-1667) s’est illustré en libérant les esclaves français des pachas turcs d'Alger, Tunis ou Tripoli, alors colonies de l'empire ottoman.

Évidemment, ce rappel risque de ne pas enthousiasmer la Turquie, dont le consulat honoraire, voici peu encore, bénéficiait d'une vue directe sur le site du Mémorial. Qu’elle ne se plaigne pas : en cet endroit où la république de Robespierre a noyé par milliers ses captifs vendéens, elle aurait pu voir s’élever un Mémorial à l’abolition des génocides.

2 commentaires:

lucm.reze a dit…

La première république et Robespierre coupables de génocide ? Coupables de l’extermination systématique des vendéens ? C’est une très grave accusation. Vous allez à l’encontre de ce que disent les historiens et le conseil constitutionnel.

Sven Jelure a dit…

L'accusation est très grave, j'en conviens. Je ne sais pas si le conseil constitutionnel a pris position sur la question ; la loi qu'il a récemment rejetée ne concernait que le génocide arménien et ne portait pas sur son existence ou non mais sur la pénalisation de sa contestation. Quant aux historiens, ils étaient jusqu'à présent partagés (et souvenez-vous que Gracchus Babeuf parlait de "populicide" et de "système de dépopulation", ce qui est assez éloquent). Mais les documents récemment découverts aux A.N. et au service historique de l'armée à Vincennes ne laissent guère de place au doute : l'ordre d'"exterminer les brigands vendéens" donné par la proclamation de la Convention à l'Armée de l'Ouest le 2 octobre 1793 désignait
l'ensemble de la population vendéenne.