vendredi 3 février 2012

Palais de justice de Nantes : Ayrault mouille Perrault

Presse Océan, sous la plume de Yan Gauchard, fait aujourd’hui un instructif point d’étape* sur la situation judiciaire du palais de justice, victime d’une « liste impressionnante de désordres » : infiltrations d’eau, dysfonctionnement du système de chauffage, chute de plaques de béton, etc. À elle seule, la réparation des portes chiclet des salles d’audience coûterait plus de 500.000 euros !

Dans le même numéro de Presse Océan, une tribune libre de François Pinte préconise de « reconstruire la ville sur elle-même ». La ville, c’est peut-être beaucoup. Mais le palais de justice…

Où sont passés les cocoricos architecturaux d’il y a dix ans ? Les louanges sont devenues rares. « L'architecture contemporaine et imposante du Palais de justice proposée par Jean Nouvel suggère par ses volumes, sa géométrie implacable, son jeu d’ombre et de lumière, la puissance et la force de la justice », écrit quand même la Samoa. C’est inquiétant pour la justice. Cependant, comme la Samoa persiste à voir dans la maison Avril & Fiteau un bâtiment en bois, il ne faut pas trop se fier à ses avis.

Le site de la mairie de Nantes se contente d’un descriptif du genre médecine légale, en évitant les jugements esthétiques : « un parvis minéral de 50 mètres de profondeur », « de fines colonnes d'acier supportant un auvent », « une façade de verre de 113 mètres de large »…

Celui du Voyage à Nantes fait encore plus sec : « Édifice contemporain pensé par l’architecte Jean Nouvel pour symboliser la justice d’aujourd’hui », indique-t-il seulement, en proposant une visite guidée. « L’accès de cette visite est interdit aux mineurs », précise-t-il cependant. Faut-il donc que le symbole de la justice d'aujourd'hui soit dangereux !

Nantes Métropole conseille néanmoins la visite : « ce monument doit se visiter ne serait-ce que pour apprécier la salle des pas-perdus ». La communauté urbaine omet de préciser qu’on doit subir un contrôle strict à l’entrée : pour mériter les pas-perdus, il faut un peu de temps perdu.

Mais l’information la plus surprenante à propos de l’édifice vient encore du maire de Nantes dont, il est vrai, les services ne sont pas toujours bien renseignés. Dans un billet daté du 27 août 2010 encore affiché sur son blog, Jean-Marc Ayrault attribue sa construction à… Dominique Perrault.

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* Avec à l’appui un reportage photo prédestiné à la rubrique « Comme son nom l’indique » du Canard enchaîné puisqu’il est exécuté par Nathalie Bourreau.

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