vendredi 30 septembre 2011

Voyage au bout de la nullité

On avait dit ici que le clip vidéo de Gaëtan Chataigner pour Le Voyage à Nantes était joliment fait. C’était l’opinion d’un qui n’y connaît rien.

D’autres, mieux à même d’en juger, ne sont pas du même avis. Litchee, étudiante et blogueuse impénitente, est de ceux-là. Elle est même très sévère. « Je ne sais même pas par où commencer, écrit-elle. La musique inutile ? L'image sautillante et granuleuse ? Le Spiderman ultra-cheapos qui enjambe des barrières ? » etc. La démonstration est ravageuse et talentueuse. Il faut se rendre à l’évidence : le clip est un gaspillage.

Pour une fois qu’on tentait ici un vague compliment en direction d’une réalisation de Jean Blaise, histoire de montrer qu’on ne critique pas systématiquement, on était à côté de la plaque…

jeudi 29 septembre 2011

Une lettre qui change tout pour l’hôtel de la Duchesse Anne

L’hôtel de la Duchesse Anne, face au château des Ducs de Bretagne, a brûlé le 14 juin 2004. Depuis lors, on en a déjà parlé ici*, ses ruines continuent à se dégrader. C’est un sujet d’étonnement pour les touristes, de consternation pour les Nantais. La situation est bloquée à la suite d’un désaccord entre propriétaires.

« Je viens justement d’écrire une lettre aux deux [intéressés] pour leur demander de bouger car c’est vrai que beaucoup de gens se demandent pourquoi cela reste en friche », a déclaré Jean-Marc Ayrault à Cédric Blondeel et Marc Dejean dans un entretien publié le 28 septembre par Presse Océan.

Après un acte aussi énergique du maire de Nantes, c’est sûr, l’hôtel est sauvé. Plus de sept ans après l’incendie, il était temps.
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* Voir aussi l’article de Maryvonne Cadiou publié récemment par l’Agence Bretagne Presse.

mercredi 28 septembre 2011

Le revenu nantais : Delarozière ne part plus

« Je reste à Nantes » déclare François Delarozière aujourd'hui à Presse Océan, dans un entretien recueilli par Stéphane Pajot. Il dément donc formellement le maire de Toulouse, Pierre Cohen, qui annonçait vendredi dernier : « Je suis fier du retour dans notre ville de ce créateur de niveau international, qui avait malheureusement dû quitter Toulouse avec la compagnie Royal de Luxe il y a plusieurs années. »

« Il y a eu une confusion », assure Delarozière. « Mes paroles ont été mal interprétées », dira probablement Cohen, selon la formule chère aux hommes politiques qui voudraient bien n'avoir pas dit ce qu’ils ont dit.

Il y a aussi, bien sûr, la possibilité d’un double demi-mensonge : Delarozière pourrait fort bien se partager entre Nantes et Toulouse. Son association, La Machine, dispose toujours d’un vaste local à Tournefeuille, dans la communauté urbaine du Grand Toulouse. Elle y a même son siège.

Notons quand même qu’il a fallu quatre jours entiers pour parvenir à cette « clarification ». On a sans doute négocié dur dans les coulisses pendant ce temps. Bien entendu, l’artiste François Delarozière se soucie peu des questions d’argent. Mais d’autres ont pu y penser pour lui.

À propos d’argent, justement, on se souviendra que les machines destinées à être montrées à Toulouse ont été en partie financées par les contribuables nantais via des subventions des collectivités locales. Combien exactement ? Difficile à dire. La Machine ne publie pas ses comptes, bien que la loi l’y oblige. Mais à lui seul, le département de Loire-Atlantique lui a versé 93.000 euros en 2009. Toulouse dit merci qui ?

mardi 27 septembre 2011

Delarozière, arbitre du match Nantes/Toulouse ?

Le départ annoncé de François Delarozière incitera aux comparaisons entre Toulouse, quatrième ville de France par sa population, et Nantes, sixième. Pour amorcer le débat, voici un thème d’actualité.

Pierre Cohen, député-maire de Toulouse, est l’un des principaux soutiens de Martine Aubry au sein du PS en vue de l’élection présidentielle. Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, soutient, lui, François Hollande. Pierre Cohen a pris une longueur d’avance : Martine Aubry a réservé à Toulouse le meeting de lancement de sa campagne, le 7 septembre. François Hollande n’a tenu à Nantes qu’un meeting lambda. Son site web lui-même le dit : « Le 21 septembre, François Hollande a tenu une réunion publique à Nantes ». On fait plus enthousiaste.

Le meeting de Toulouse a réuni environ 2.000 personnes. Celui de Nantes, à peine 1.000 (même les plus chauds partisans de Hollande n’osent pas en revendiquer plus de 1.500. On fait plus bidonnant.)

La défection de François Delarozière n’a probablement aucun rapport avec l’élection présidentielle. Mais elle contribue à montrer de quel côté souffle le vent.

lundi 26 septembre 2011

Delarozière quitte le navire

Qui a l’air malin ce matin, du côté de la mairie de Nantes ? Vendredi dernier, Pierre Cohen, maire de Toulouse, a annoncé à son conseil municipal que François Delarozière allait quitter Nantes pour Toulouse. Plus précisément, l’association La Machine installerait son activité « spectacles » à Toulouse-Montaudran.

Ce pôle d’excellence aéronautique est en cours d’aménagement au long de la piste de Montaudran d’où décollèrent les pilotes légendaires de l’Aéropostale. Il réunira des établissements universitaires, des laboratoires de recherche en mécanique des structures et en innovation thermique, un institut de formation… et deux cents machines de spectacle géantes, créées par François Delarozière.

« C'est fabuleux d'avoir à mettre en mouvement, en vie, ce projet urbain… » se réjouit l’intéressé, cité ce matin par le site web de La Dépêche du Midi. Sans un remerciement pour Nantes qui l’a obligeamment nourri pendant des années (et devrait continuer, puisque Delarozière a obtenu de toucher un pourcentage sur les recettes des Machines de l’île).

Les Machines de l’île étaient un projet bancal dès le départ. Leur principal atout était le talent esthétique de François Delarozière. Mais Nantes Métropole n'a apparemment pas pris la précaution de réclamer une clause d'exclusivité en contrepartie de son investissement. Caramba, encore raté !
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P.S. (c'est le cas de l'écrire) - Ce lundi 26 septembre à midi, ni le site web de la mairie, ni celui du Voyage à Nantes, ni celui de Nantes Métropole, ni celui de l'Office de tourisme de Nantes, ni d'ailleurs ceux de Presse Océan et Ouest France ne signalaient encore le départ de François Delarozière. Difficile à présenter, peut-être ?

mercredi 21 septembre 2011

Pierre Orefice n’a pas une mémoire d’éléphant

Pierre Orefice, patron des Machines de l’île, cultive aujourd'hui un profil plus bas que lors de l’ouverture de son établissement. Mais la langue de bois transparaît encore dans un entretien publié par Guillaume Lecaplain sur le site Nantes-actu.

La fréquentation des Machines en juillet-août 2011 est en hausse par rapport à celle de 2010. Pierre Orefice s’en félicite légitimement. Il feint même l’étonnement : « On pensait qu’en 2010 on avait atteint le top des possibilités des Machines. »

Là, il en fait trop. La capacité des Machines est supérieure à 2.500 personnes par jour. Le « top des possibilités » est donc proche de 160.000 personnes sur les deux mois. Avec 103.500 visiteurs, les Machines n’en sont qu’aux deux tiers.

Et surtout, Pierre Orefice ne pouvait ignorer que le « top des possibilités » était supérieur au score de 2010, soit 96.000 visiteurs. Tout simplement parce que les Machines ont enregistré plus de 110.000 visiteurs en juillet-août 2007 ! Encore un cas d’anosognosie ?

mardi 20 septembre 2011

De l’Audencia, encore de l’Audencia, toujours de l’Audencia

Audencia figure en bonne position, au 21e rang, dans le classement 2011 des masters en management européens publié hier par le Financial Times. Mais attention : en 2010, la grande école de gestion nantaise était 18e. En 2009, 13e. Il faut redresser la barre !
Il y aurait bien une solution. Parmi les principaux critères du Financial Times figure l’internationalisation des écoles. Pour une raison mystérieuse, un professeur italien est censé être plus savant en Suisse qu’en Italie, un étudiant belge plus studieux en Hollande qu’en Belgique. Chez Audencia, la proportion d’enseignants étrangers est dans la moyenne ; en revanche, la proportion d’étudiants étrangers est vraiment faible.

Que la Bretagne, la Bretagne intégrale, bien sûr, avec ses cinq départements, déclare son indépendance, et Audencia comptera ipso facto une proportion énorme de professeurs et d’étudiants étrangers venus de France. De quoi gagner d’un coup plusieurs places au classement, peut-être même entrer dans le Top Ten

Après tout, pourquoi pas ? Chez le numéro un du classement, l’Université de Saint-Gallen, 66 % des enseignants et 71 % des étudiants sont étrangers, et la Suisse n’est ni beaucoup plus grande, ni beaucoup plus peuplée que la Bretagne.

dimanche 18 septembre 2011

Glandeurs sans temple

Nantes n'a plus de temple de la Glande ! Un internaute nantais s'est dévoué voici quelques jours pour nettoyer l'article "Nantes" de la version anglaise de Wikipedia.

Il a du même coup supprimé la photo de la mosquée des Turcs, jugeant sans doute qu'elle n'était pas assez représentative de la ville. Quoique.

Il a pourtant laissé subsister une photo pas davantage représentative : celle du trois-mats goélette Marité en escale au quai de la Fosse en 2004. Lancé et exploité à Fécamp, cet ancien terre-neuvier est aujourd'hui immatriculé à Rouen et fait l'objet de réparations lourdes à Cherbourg et Granville.