mercredi 30 mars 2011

Le CHU de Nantes victime d'un phénomène de rejet

Et de trois en moins d'une semaine : après les Laboratoires d'excellence et les Initiatives d'excellence, Nantes (comme le reste de la Bretagne, et même la moitié nord-ouest de la France hors Paris) est presque ignorée par l'appel à projets Instituts hospitalo-universitaires (IHU). Trois des six lauréats se trouvent à Paris, les autres à Strasbourg, Bordeaux et Marseille. Ils se partageront plus de 800 millions d'euros.

Le jury a daigné considérer comme "prometteur" le projet de Centre européen des sciences de la transplantation et d'immunothérapie (TSI-IHU) du professeur Jean-Paul Soulillou. Cinq autres projets sont dans le même cas. Ces six-là se partageront... 35 millions d'euros !

La région s'était fendue d'un communiqué de presse en mai dernier pour souligner que le dossier était présenté avec son soutien et celui de Nantes Métropole. Peut-être aurait-elle mieux fait de ne pas le clamer sur les toits.

Des subventions mieux maîtrisées pour les uns que pour les autres ?

Privé de subvention, le Comité des fêtes de Nantes a traîné la ville en référé devant le tribunal administratif. Celui-ci l’a débouté. Il s’est ainsi rangé à la position de la ville exprimée par son avocat et rapportée par Philippe Corbou dans Presse Océan de ce jour : « La subvention (…) ne doit pas servir à combler les déficits… mais à assurer les frais de fonctionnement ».

Voilà un raisonnement intéressant de la part d’une collectivité dont les subventions se chiffrent en dizaines de millions d’euros par an. Car les subventions servent toujours à couvrir des déficits. Une association non déficitaire, c’est-à-dire dont les recettes propres couvrent les frais de fonctionnement, n'obtient pas de subvention.

Ah ! S’agirait-il alors de refuser de couvrir a posteriori des déficits encore plus gros que prévus ? Cela s’appliquerait bien au cas du Comité des fêtes. Et il s’agirait d’un revirement qui fera trembler plus d’une association. Car cette rigueur louable dans la tenue des comptes n’a pas toujours été de mise.

Prenons par exemple le conseil municipal du 8 octobre 2010. Il a accordé une « subvention exceptionnelle » à une école de musique associative en redressement judiciaire depuis septembre 2008 (et qui avait déjà reçu à l’époque une « aide exceptionnelle » de 35.000 euros). Ou encore une « aide exceptionnelle » de 15.000 euros* à l’association Songo au titre d’un spectacle qui avait eu lieu au mois de septembre. [M. Eric Boistard, directeur de Songo, conteste cette analyse : voir son commentaire ci-après.]

Ce n’est pas nouveau. En 2005, dans ses observations définitives sur la gestion de la société d'exploitation de la Cité des congrès de Nantes, la Chambre régionale des comptes critiquait une « subvention de régularisation sur exercice antérieur de 308 521,06 euros (315 000 euros TTC) » attribuée par la ville de Nantes à… La Folle Journée. « Ce rattachement a eu pour effet heureux de limiter les pertes de l'année 2002... », ironisait la CRC.

Une subvention ne doit pas servir à combler les déficits, mais ça peut quand même lui arriver à l’insu de son plein gré.
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* Soit, proportionnellement au nombre de spectateurs, plus qu'il n'en aurait fallu pour couvrir le déficit du Comité des fêtes.

mardi 29 mars 2011

Après les Labex, Nantes en passe de rater les Idex

On disait dimanche que Christophe Clergeau, vice-président de la région, n’avait pas réagi « à cette heure » à la présentation vendredi de la liste des Laboratoires d’excellence qui fait si peu de place à Nantes. Il suffisait d’attendre : une réaction officielle a été publiée hier.

Une protestation énergique ? Pas du tout ! M. Clergeau semble presque content. Son communiqué est intitulé « Laboratoires d'excellence. 4 projets sélectionnés en Bretagne et Pays de la Loire ». Et précise : « Les deux premiers Labex associent des équipes de Bretagne et des Pays de la Loire. Les deux suivants sont des Labex nationaux en réseau au sein desquels sont impliquées des équipes ligériennes. »


Oui. Sauf que les Laboratoires d’excellence Mer et COMIN Labs sont des laboratoires de Brest et de Rennes. Des chercheurs extérieurs, y compris nantais, y participent, mais les établissements nantais n’ont aucune place institutionnelle parmi les lauréats de l’appel à projets. Et les Laboratoires en réseau, qui impliquent l’université de Nantes pour l’un, celle d’Angers pour l’autre, ont leur tête respectivement à l’Université d’Amiens et à l’Université Paris 8. Les Pays de la Loire en sont réduits à se féliciter des succès des autres.

Et le pire reste à venir. Les Laboratoires d’excellence ne sont qu’un hors-d’œuvre, les choses sérieuses vont venir avec la désignation des « Initiatives d’excellence » (Idex), soit, explique le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, « 5 à 10 pôles pluridisciplinaires d'excellence d'enseignement supérieur et de recherche de rang mondial, capables de rivaliser avec les plus grandes universités du monde ». Les Idex se partageront 7,7 milliards d’euros : c’est dire l’importance de l’enjeu. Les Pays de la Loire ont été suffisamment réalistes pour comprendre qu’ils n’avaient aucune chance seuls : ils se sont associés à la région Bretagne pour présenter une candidature intitulée « Campus d’innovation Ouest ».

 M. Clergeau assure contre toute vraisemblance que le choix des Laboratoires d’excellence « conforte l’idée que la qualité scientifique [de] la candidature Idex 'Campus d’Innovation Ouest' est connue et reconnue ». Plein d’espoir, il ajoute : « Nous attendons désormais l’annonce attendue en début de semaine prochaine des 5 à 10 projets présélectionnés dans le cadre de la première vague de l'appel à projets Idex. »

Là, ça devient pathétique. Car la liste des projets présélectionnés est affichée en page d’accueil du site web du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche depuis vendredi soir ! M. Clergeau, pour qui l’enjeu est si important, n’en savait apparemment rien. Et comme il n’a toujours rien dit ce mardi 29 mars à 11h00, trois jours et demi après la publication de la liste, on suppose qu’il espère toujours. Alors, voici les Idex présélectionnées :
  • Grenoble-Alpes Université de l'Innovation,
  • Initiative d'excellence de l'université de Bordeaux,
  • Université de Lyon, imagine : Lyon / Saint Etienne, métropole d'innovation et de création,
  • Paris Sciences et Lettres étoile : rendons possible le nécessaire,
  • Sorbonne Université à Paris pour l'Enseignement et la Recherche,
  • Toulouse initiative d'excellence,
  • Université de Strasbourg : par delà les frontières, l'université de Strasbourg.

dimanche 27 mars 2011

L’université ligérienne n’est pas excellente

À l’instar du FC Nantes, l’Université de Nantes est reléguée en Ligue 2, et plutôt en bas de classement. Le gouvernement vient de publier la liste des cent Laboratoires d’excellence qui se partageront un milliard d’euros de dotations provenant du Grand emprunt lancé l’an dernier. L’Université de Nantes n’obtient rien.

Enfin… trois fois rien : elle participe avec cinq autres universités à un projet de recherche sur les batteries électriques présenté par l’Université de Picardie Jules Verne. Un rôle subalterne dans un projet amiénois étiqueté Jules Verne, n’est-ce pas même pire que rien ?

L’Université de Nantes n’est pas la seule à être ainsi réduite à jouer les utilités. L’Université d’Angers est dans le même cas. Et aussi l’Université de Font-Romeu, l’Université de Guyane, l’Université de Pau, l’Université d’Albi, l’Université de la Polynésie française… Que du lourd ! L’Université du Maine, elle, n’obtient rien du tout.

La recherche et l’université font partie des compétences régionales. À cette heure, ni Jacques Auxiette, ni Christophe Clergeau, président de la commission ad hoc du conseil régional, n’ont réagi à ce résultat consternant. Censés acquérir un prestige international grâce au pôle de recherche et d’enseignement supérieur L’UNAM (pour L’Université de Nantes Angers Le Mans, c’est malun !), les Pays de la Loire universitaires commencent à ressembler à un club de losers. Combien de temps des institutions du calibre d'Audencia, de l'École centrale ou du CHU de Nantes accepteront-elles de jouer sous ce maillot ?

jeudi 17 mars 2011

Royal de Luxe ignore Florence Cassez et Martine Aubry

Royal de Luxe cherche « des bénévoles hommes et femmes mexicains » pour participer à son nouveau spectacle qui aura lieu fin mai à Nantes, selon un entrefilet publié dans Presse Océan le 9 mars. Le même jour, la France annonçait l’annulation de L’Année du Mexique en France, dont le Mexique s’était lui-même retiré un peu plus tôt. La cause de tout ce chambard est bien sûr le maintien de Florence Cassez en prison au Mexique.

Le spectacle de Royal de Luxe figurait parmi les 300 et quelques événements de L’Année du Mexique en France. Une grande partie d’entre eux ont déjà été officiellement annulés. Pas celui de Royal de Luxe.

C’est d’autant plus étonnant que Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, avait dès le 11 février, dans un communiqué, proposé « aux collectivités locales dirigées par des socialistes de ne pas participer aux manifestations organisées dans le cadre de l’année du Mexique en France et d’annuler celles qui dépendent d’elles. »

La ville de Nantes, qui finance Royal de Luxe avec largesse, est bien sûr concernée au premier chef. Pourquoi Jean-Marc Ayrault, pourtant patron des députés socialistes, n'a-t-il pas répondu à l’appel de sa première secrétaire ? Serait-il encore sous le charme de son séjour ensoleillé au Mexique en novembre dernier ?

vendredi 11 mars 2011

Fuite du rapport de la CRC : Estuaire prend l’eau et éclabousse Le Voyage à Nantes

En accrochant mardi le grelot de l’opacité financière du Lieu Unique, promis, on ignorait que Yan Gauchard sortirait le surlendemain dans Presse Océan des extraits du rapport de la Chambre régionale des comptes sur ledit établissement.

En l’état, les révélations de Presse O’Leaks n’ont rien de révolutionnaire : bien que largement subventionné par les contribuables, le Lieu Unique, plombé par Estuaire, a réduit son activité de scène nationale et subi une hémorragie d’abonnés et de spectateurs. Pour en savoir plus, il faudra attendre la publication du rapport d’observations définitives de la CRC, ce qui peut demander plusieurs mois.

Mais déjà, on peut s’interroger sur la création du Voyage à Nantes, qui a séparé Estuaire du Lieu Unique. S’agirait-il de brouiller les pistes et de dissimuler le trou d’Estuaire dans un ensemble plus vaste, en profitant au surplus de son report de 2011 à 2012 ? Quant à la nomination de Jean Blaise à la tête de la nouvelle structure, elle pourrait bien ressembler à une exfiltration d’urgence. En effet, Jean-Marc Ayrault sait d’expérience que les avertissements de la CRC ne sont pas à prendre à la légère : une enquête de celle-ci lui a valu en 1997 un passage en correctionnelle et une condamnation à six mois de prison avec sursis pour favoritisme.

Il n’est pas dit pourtant que la publication d’extraits du rapport de la CRC par Presse Océan fasse beaucoup de peine à l’ancien patron du Lieu Unique. Ni, par extension, que l’auteur de la fuite lui ait voulu beaucoup de mal. Plus d’une fois par le passé, des « révélations » édulcorées ont servi à amortir les effets futurs d’une exposition plus massive ou plus inopportune. C’est le principe du vaccin : l’injection d’un microbe affaibli évite une maladie plus grave dans l’avenir. On note d’ailleurs que Presse Océan veille à épargner* le grand homme, aimablement qualifié de « bon génie », ce qui sonne mieux que « mauvais gestionnaire », alors que le Lieu Unique serait « un temple culturel exceptionnel » !
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* Et même à le rajeunir : selon Presse Océan de ce 11 mars, Jean Blaise aurait 50 ans. En réalité, il fêtera ses 60 ans le mois prochain.

mercredi 9 mars 2011

Subventions : on ne tient pas trop à les crier sur les toits

On l’a rappelé hier, les associations qui reçoivent plus de 153.000 euros de subventions publiques dans l’année doivent publier leurs comptes au Journal officiel. Certaines le font, comme Trempolino (649.846 euros en 2009) ou La Maison de l’Europe à Nantes (197.050 euros). Beaucoup s’en abstiennent.

La pudeur de ces dernières est parfois dérangée par les collectivités locales et autres organismes publics, tenus par le décret du 17 juillet 2006 de publier les subventions versées. Là encore, pourtant, certains sont d’une discrétion de violette. La ville de Nantes publie bien la liste fatidique, mais il faut chercher un peu pour dénicher ce gros document, 91 pages pour 2009, qui répertorie des centaines de versements d'argent public aux organismes les plus divers (Kebrea Lock Pop, Comité d’assistance aux Italiens, Amigos do 25 avril 1974, Les Amis de Dassa…) – mais rien pour l’Association des ratons laveurs. Ne vous donnez pas de mal, si vous voulez la voir, cliquez ici.

La publication de Nantes Métropole est encore mieux cachée : on la cherche encore… Quant à celle de la région des Pays de la Loire, elle cultive l’opacité grâce à une présentation originale : la liste des bénéficiaires est séparée de la liste des montants !

mardi 8 mars 2011

Dura Lex, sed (Royal de) Luxe

Horrible détail révélé par Philippe Corbou dans Presse Océan du 5 mars : le Comité des fêtes a omis de déclarer à la préfecture le changement de sa direction. Annick Le Ridant n’est pas officiellement présidente !

On pourrait même aller plus loin dans l’exigence de transparence. Un décret du 14 mai 2009 impose aux associations de publier leurs comptes au Journal Officiel si elles ont reçu plus de 153.000 euros de subventions publiques dans l’année. Avec 780.000 euros, le Comité des fêtes a largement franchi la barre sans rien publier.

La mairie de Nantes dispose ainsi d’un moyen de pression évident sur le Comité des fêtes : s’il ne respecte pas la loi sur la publicité des subventions, pas de subvention. Malheureusement, c’est un peu l’arme atomique. Car de nombreuses autres associations sont dans le même cas : irait-on par exemple couper les vivres à Royal de Luxe (1,045 million d’euros de subventions de la ville de Nantes en 2009) ou au Lieu Unique-CRDC (3,735 millions), qui vivent dans une pareille opacité ?

lundi 7 mars 2011

Qu'espère encore Nantes Métropole des Machines de l'île ?

« Dans nos scénarii les plus optimistes, nous devions atteindre le million [de visiteurs] en 5 ans », disait donc Pierre Orefice à Daniel Morvan, d’Ouest France, comme on l’a relaté hier.

Dans leurs scénarii, et même pas les plus optimistes, les Machines devaient aussi tendre vers l’équilibre financier en 2009. On en est loin. Elles restent désespérément dans le rouge et un nouveau creusement du déficit est prévu pour 2011. Si l’objectif du nombre de visiteurs a été dépassé, pourquoi l’objectif financier n’a-t-il même pas été atteint ?

Nantes Métropole s’est longtemps bercée d’illusions. « Les équilibres annoncés seront tenus », assurait ainsi Jean-François Retière, vice-président de la communauté urbaine, à Presse Océan le 17 janvier 2008. On dirait qu’elle n’y croit plus. Tout en annonçant la vente probable du millionième billet « fin février ou début mars »*, la communauté urbaine estimait sur son site web que « les Machines atteignent leur capacité d’accueil maximale ».

Ce n’est pas exact : à raison de 2.515 visiteurs par jour, score du 11 août dernier, les Machines pourraient en théorie accueillir bien plus de 500.000 visiteurs par an. Mais cela pourrait bien signifier que Nantes Métropole a renoncé à voir en elles la locomotive touristique prévue lors de leur création. Elle s’est laissé refiler un gouffre financier et commence à l’admettre du bout des lèvres.
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* En fait le 5 mars, donc vers la fin de la plage prévue.

dimanche 6 mars 2011

Le calendrier extraordinaire des Machines de l'île

Les Machines de l’île ont fêté leur millionième visiteur hier. « Dans nos scénarii les plus optimistes, nous devions atteindre le million en 5 ans », assure Pierre Orefice à Daniel Morvan dans Ouest France « Dans les faits, nous l'avons atteint en 3 ans, 5 mois et 20 jours! » On s’est plus d’une fois moqué ici des calculs hasardeux du patron des Machines. Maîtrise-t-il mieux le calendrier que la calculette ? Les Machines ont ouvert leurs portes le 1er juillet 2007. Depuis lors, il s’est écoulé en réalité 3 ans, 8 mois et 6 jours…

samedi 5 mars 2011

Une usine électrique fantôme à Nantes

« Fait rare, Nantes a conservé ses trois usines électriques », se réjouissait en 2006 l’Office du tourisme de Nantes Métropole. « La première, rue de Sully, sera prochainement réhabilitée ». En fait de réhabilitation, on l’a vu hier, elle a été proprement démolie pour faire place au nouveau bâtiment Jean-Baptiste Daviais. Faut-il préciser que le document de l’Office du tourisme était intitulé : « Laissez-vous conter Nantes » ?

La fable de la « conservation » de l’usine électrique fait d’ailleurs consensus. « Le bâtiment de la première centrale électrique de Nantes, rue Sully, sera préservé », affirmait la ville de Nantes en décembre 2006 dans le n°170 de Nantes Passion. En précisant : « Sa façade réhabilitée sera mise en valeur par un parvis donnant sur le square du Marquis [sic] de Saffré. »

« Un des points forts de ce projet, est le maintien et la mise en valeur de l’ancienne usine électrique classée Petit Patrimoine Nantais », insistait à son tour le département de Loire-Atlantique dans un dossier de presse de novembre 2009, dix-huit mois après la destruction du bâtiment censément maintenu. « La valorisation de cette ancienne usine électrique passe par la mise en avant de sa façade, constituée de 3 arcades, qui constituera l’entrée principale du nouveau centre administratif. »

En réalité, les trois arcades qui ornent aujourd'hui l'entrée du nouveau bâtiment ne sont pas celles de l'usine disparue. Elles sont faites de béton habillé d'un parement de pierre. C'est une reconstitution, un à-la-manière-de, une allusion, une métaphore  pas une conservation. Le Petit Patrimoine Nantais contient plus de langue de bois que d'arches en pierre.

L'entrée du nouvel immeuble en travaux :
du béton qu'on cachera plus tard
derrière des pierres retaillées

vendredi 4 mars 2011

Kirigami autour de l’ancienne usine

Interrogé par Éric Cabanas, Jean-Louis Garcia, du cabinet d’architectes Forma 6, explique dans Presse Océan de ce matin comment a été conçu le nouveau bâtiment Jean-Baptiste Daviais, construit rue Sully par le département de Loire-Atlantique.

L’inflexion de la façade, dit-il, est due au « contexte de conservation de l’usine électrique, classée petit patrimoine nantais. (...) Les façades arrière et avant ont été conservées. L’usine est devenue le hall qui irrigue l’ensemble du bâtiment. »

Conservation de l’usine électrique et de ses façades ? C’est prendre quelques libertés avec la vérité. Voici une photo du chantier prise le 20 mars 2008. On constate que seule la façade arrière a été conservée. Tout le reste a bel et bien été démoli. Le beau porche d'entrée du nouveau bâtiment est une pure et simple reconstitution.

mardi 1 mars 2011

Une construction supplémentaire sur l'île de Nantes

Au début, il n'y avait qu'un manège.

Puis, dans l’appel d’offres pour le premier lot de travaux en vue de la construction du Manège des mondes marins sur le site des Chantiers, est apparu un bâtiment supplémentaire dit « La Déferlante ». « Des locaux nécessaires à l'exploitation du carrousel », expliquait-on.

« Nécessaire à l’exploitation du carrousel des mondes marins », répète plusieurs fois Le Voyage à Nantes dans le nouvel appel à concurrence qu'il vient de publier. Pourtant, il s’avère maintenant que cette construction sera double. Elle comportera bien un bâtiment « exploitation »… mais aussi un bâtiment « événementiel ». Une salle polyvalente, en somme.

Évidemment, il était tentant de profiter du site privilégié des Chantiers pour développer le business des Machines et essayer de combler leur déficit grandissant, quitte à grignoter un espace naguère destiné à rester brut. On notera quand même que cette amorce de réorientation de la vocation du site et cette construction supplémentaire n’ont fait l’objet d’aucun débat public.

Dame, une déferlante, ça déferle sans rien demander à personne.