mercredi 26 janvier 2011

Les abrinavibus aussi durent plus longtemps

Il n'y a pas que Noël : à Nantes, certains édicules aussi brillent longtemps après avoir fait leur temps. Toutes les nuits, depuis le quai de Versailles, devant l'hôtel du département, on peut voir ceci :


Quelle est cette étrange lueur ? Ce n'est pas le fantôme de Barbe bleue mais celui de l'abribus construit pour les passager du Navibus... juste avant la suppression dudit Navibus. De jour, la réalité est bien moins glorieuse. Mais non, non, l'abribus n'est pas mort, car il brille encore !

mardi 25 janvier 2011

À Nantes, Noël dure plus longtemps

Au 25 janvier, Nantes fête encore Noël : certaines guirlandes lumineuses sont toujours en place (ci-dessous, à deux pas de la préfecture). Elles sont apparemment programmées pour s'allumer à la tombée de la nuit pendant l'Avent. Et les braves petites diodes font vaillamment leur devoir.

Mais cinq semaines après le solstice d'hiver, les jours ont rallongé : à 17 heures, le crépuscule est encore loin. Les lumignons de la fête se remarquent à peine.

Et voilà comment la future capitale verte de l'Europe 2013 gaspille allègrement son électricité.

jeudi 20 janvier 2011

Grossesse nerveuse au musée des Beaux-arts de Nantes

On sent que que Véronique Escolano a eu du mal à se retenir de rire en rapportant dans Ouest France de ce matin les déclarations de Blandine Chavanne. La fermeture simultanée du musée Dobrée et du musée des Beaux-arts de Nantes est "une chose imprévisible", assure celle-ci. Et de préciser : "comme deux secrétaires qui tombent enceintes en même temps".

Où la directrice du musée des Beaux-arts recrute-t-elle donc ses secrétaires ? Cette conservatrice ignore-t-elle le préservatif ? Ou bien, arrivée à Nantes depuis quatre ans, après la répudiation de Corinne Diserens, n'a-t-elle pas trouvé le temps de rencontrer son homologue du musée Dobrée -- le poste n'a pas toujours été en déshérence -- pour faire un peu de planning familial ? C'est quand même moche, à son âge, de faire un musée par accident*.
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* Et de l'avouer pilpoil le jour où France 5 vous consacre une "Nuit au musée".

mercredi 19 janvier 2011

Carnaval de Nantes, Machines de l’île : deux trous, deux mesures

« Le trou est énorme, la situation est grave », déclare Jean-Marc Ayrault, cité par Philippe Corbou dans Presse Océan ce matin. Le trou : 250.000 euros. Un « déficit abyssal », insiste le journal. Ce gouffre a été creusé en cinq ans par le comité des fêtes de Nantes, chargé d’organiser le carnaval.

Ni le maire, ni le journal ne l’ont rappelé, mais la comparaison est intéressante : pour la seule année 2009, les Machines de l’île ont enregistré 400.000 euros de déficit imprévu. Cette année, ce sera bien pire. Mais apparemment, ça n'est pas grave.  

lundi 10 janvier 2011

Euronantes menacé d’anonymat

Pourtant friande de notoriété internationale, la mairie de Nantes ne s’en est pas vantée : Euronantes a fait l’objet voici quelques mois d’une étude publiée par Urbanité, revue de l’Ordre des urbanistes du Québec et de l’Institut canadien des urbanistes, dans son numéro du printemps 2010. Hélas, elle était intitulée « Euronantes, un quartier d’affaires invisible ».

Charles-Edouard Houllier-Guibert, un jeune urbaniste canadien aujourd’hui maître de conférences à l’université de Rouen, y décrivait un « quartier qui essaie d’être comme les autres morceaux de la ville aux yeux de la population locale, alors qu’il doit apparaître exceptionnel auprès des investisseurs économiques ».

« La qualité de vie mise en avant atteint ses limites lorsque s’observe un décalage entre ce qui est annoncé et ce qui est pratiqué », notait-il en invoquant l’éloignement de la partie du quartier construite à la place du Tripode, la piétonisation limitée, la faible connexion des transports en commun avec le projet et un plan architectural « qui souligne la frilosité des villes françaises, peu habituées aux édifices commerciaux de standing ».

samedi 8 janvier 2011

Le pavé nantais n’est plus ce qu’il était sur le cours des 50 otages

Nantes Métropole a publié voici quelques jours un avis d’appel public à la concurrence portant sur la « requalification » du cours des 50 otages, qu'on doit donc considérer comme officiellement disqualifié. L'appel concerne « l’ensemble des prestations liées aux travaux de réparation des plateaux pavés du cours » et prévoit même en option la « fourniture de pavé granit bleu sur la totalité de la surface pavée ». Les travaux doivent avoir lieu au cours de l’été prochain.

Le pavage actuel n'a qu'une petite vingtaine d’années. Et tout est déjà à refaire ? Eh ! oui, à force de lutter contre l’automobile en ville, la municipalité a jeté sur la voirie des hordes de piétons très dangereux pour les pavés. Car qui aurait le toupet d'imaginer que ce travail, forcément vertueux, a pu être mal fait ?

jeudi 6 janvier 2011

Le succès catastrophique des Machines de l'île

Ça valait le coup d’attendre, comme disait jadis la publicité : Nantes Métropole, qui lit peut-être La méforme d'une ville, a publié avant-hier son rapport annuel… 2009.

« Après 2 exercices complets d’exploitation », indique-t-il, « on constate de nouveau fin 2009 un succès  important de l’équipement des Machines de l’Île en termes de fréquentation. Par ailleurs, cet exercice s’est de nouveau caractérisé par une contribution de la Collectivité bien supérieure à celle attendue, les 34 k€ de contribution forfaitaire initialement prévue devant être complétés par au moins 400 k€ de financement supplémentaire. »

Comme ça, « par ailleurs », sans le moindre commencement d'excuse ni d'explication à l'égard des citoyens. Alors que 2009 devait être l'année où les Machines, « équipement touristique structurant », commenceraient à rapporter de l'argent à la collectivité*, elles lui en coûtent de plus en plus. Que serait-ce si elles ne remportaient pas « un succès important » ?

Le déficit comblé par le contribuable aura donc été d'au moins 434.000 euros, soit 1,66 euro de subvention implicite à chaque visiteur des Machines. À ce compte-là, on préférerait que notre équipement structurant n'attire pas trop de monde.

Rappel perfide : l'exploitation des Machines était concédée jusqu'en octobre dernier à Nantes Culture et Patrimoine. À qui Nantes Métropole a-t-elle décidé de confier la nouvelle concession ? Toujours à Nantes Culture et Patrimoine, qui a si bien fait ses preuves en 2009 !
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* Du moins, l'exploitation des Machines, car nul n'osait espérer qu'elles seraient capables d'amortir leurs investissements et/ou de verser un loyer pour l'occupation du site des Chantiers.




lundi 3 janvier 2011

La cathédrale de Nantes, hérissée de flèches

Que Jean-Marc Ayrault se console : si ses services voient une flèche à la cathédrale de Nantes, Le Petit Futé fait pire. Il en voit au moins deux. Sous le titre « Une ville bercée par les traditions », il présente Nantes comme suit :

Capitale de la biscuiterie avec les usines LU ou BN, elle abrite le musée de la Machine à coudre ou de l’Imprimerie, deux secteurs de l’artisanat de la ville. Les flèches de la cathédrale sont des témoins du passé et de la majesté de la ville, tout comme les bateaux exposés sur les anciens sites de chantier avec le fameux Lechalas ou le Chelem, tous deux classés monuments historiques.

Passe encore que les usines LU et BN aient quitté Nantes depuis respectivement deux et trois décennies et que l'artisanat local de la machine à coudre soit des plus discrets, mais tout de même, les flèches de la cathédrale... Quant au « fameux Lechalas », il est d'ordinaire à quai sur l'Erdre, et le « Chelem » est un monument historique inconnu au bataillon. Mmmmm... le Belem, peut-être ? Sauf qu'il n'est pas non plus exposé sur les « sites de chantier ».

dimanche 2 janvier 2011

La méforme d'une ville : en français aussi, sur le site web de la mairie de Nantes

Comme on l'a dit hier, la présentation de Nantes passée à la moulinette d'un traducteur automatique donne des résultats étranges. Mais il faut avouer que, dès le départ, le texte de référence était frelaté. Le voici une nouvelle fois tel qu'il figure à ce jour sur le site web de la mairie de Nantes* :

Nantes, une ville de patrimoine
Le patrimoine, comme trace visible dans le paysage, représente souvent ce point d'ancrage de la mémoire qui fonde l'identité d'une ville. La flèche de la cathédrale témoin des temps anciens, la grue de chantier dressée sur le bord du fleuve, l'architecture audacieuse du nouveau palais de justice , autant d'édifices qui, dans leur diversité, fondent l'identité et « la Forme d'une ville » (Julien Gracq).

Est-ce un gag ? Lisons mieux.

Et d'un, l'architecture du palais de justice de Jean Nouvel n'a rien d'audacieux : c'est juste un gros bloc noir. Certes, il fallait oser le faire, mais c'est affaire de toupet, pas d'architecture. Il faut aussi oser l'encenser, mais c'est affaire de com', toujours pas d'architecture.

Et de deux, la grue Titan n'est pas une grue de chantier, appellation un peu vexante pour ce colosse industriel, ou alors, il aurait fallu préciser : « de chantier naval ». Et puis, il n'y a pas une grue dressée sur le bord du fleuve, mais deux : la jaune et la grise.

Et de trois, c'est le pompon, la flèche de la cathédrale ne témoigne d'aucun temps ancien. Tout simplement parce que la cathédrale de Nantes n'a pas de flèche !

La mairie de Nantes ne sait pas comment est faite la cathédrale, distante de 250 mètres à peu près et visible de son portail. Elle ne sait pas compter jusqu'à deux. Elle ignore la différence entre ostensible et audacieux.  On se demande qui a pu pondre avec autant de sûreté dans l'erreur cette description de l'identité patrimoniale nantaise. En tout cas, ça n'est pas une flèche.
 

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* Quelques jours plus tard, la mairie a corrigé son texte

samedi 1 janvier 2011

La méforme d’une ville en langues étrangères, ou quand Gracq devient Gluck et Nantes Lyon

La traduction aller-retour est un jeu qui distrait toujours. Rien de plus simple : on demande à un logiciel de traduction automatique de traduire un texte vers une langue donnée, puis de traduire à nouveau le résultat vers la langue d’origine. Exercice pratique avec ce court extrait du site web de la ville de Nantes* :

Nantes, une ville de patrimoine
Le patrimoine, comme trace visible dans le paysage, représente souvent ce point d'ancrage de la mémoire qui fonde l'identité d'une ville. La flèche de la cathédrale témoin des temps anciens, la grue de chantier dressée sur le bord du fleuve, l'architecture audacieuse du nouveau palais de justice , autant d'édifices qui, dans leur diversité, fondent l'identité et « la Forme d'une ville » (Julien Gracq).

Qu'obtient-on si on le confie à Google Traduction** ? Dès qu’on sort des pays limitrophes, les résultats deviennent hasardeux. En voici quelques exemples :

Retraduit du chinois :

Nantes, le patrimoine d'une ville
Du patrimoine, tels que les traces visibles dans le paysage, souvent au nom de la mémoire à base d'ancrage identité d'une ville. De: témoin de l'ancienne cathédrale flèche, la grue de construction érigée dans la rivière, un palais de justice nouvelle et audacieuse, de nombreux bâtiments, dans leur diversité, en fonction de l'identité et la "forme d'une ville" (Gracq).

Retraduit du turc :

Nantes, une ville du patrimoine
Du patrimoine, du paysage, telles que des cicatrices visibles, une ville qui représente souvent l'identité des bases d'ancrage de la mémoire. Dans les temps anciens, le témoin a la cathédrale de grues de construction, érigé sur le fleuve, architecture audacieuse et d'un nouveau palais de justice, avec de nombreux bâtiments, leur diversité, "Forme d'une ville" fondée sur l'identité et (Gracq).

Retraduit du créole haïtien :

Nantes, ville qui est bien
L'héritage, comme par exemple visible de paysage, ce qui représente pas souvent ancrage dans la mémoire de base de l'identité d'une ville. La flèche de la cathédrale témoin autrefois de grue pour monter sur le chantier où le fleuve, architecture audacieuse de nouveaux palais de justice, pour les édifices qui, dans leur diversité, fondent l'identité des "formulaire d', une ville" (Julien Gracq).

Retraduit du japonais :

Nantes, le patrimoine de la ville
Le patrimoine est considéré comme un vestige dans le paysage représente une mémoire à base d'ancrage de l'identité de nombreuses villes. Témoin de la flèche de la cathédrale de la grue de construction ancienne, l'architecture audacieuse de l'édifice nouveau tribunal le long du fleuve, de nombreux bâtiments, sa diversité, et basé sur l'identité « forme urbaine » (Gluck).

Apparemment, Gracq et Gluck s'écrivent pareil en japonais. Gast !

Mais le plus étonnant est encore le résultat de la retraduction de l’urdu, langue officielle au Pakistan et en Inde, parlé par une centaine de millions de personnes :

Lyon, une ville du patrimoine
Le patrimoine culturel est affiché dans impact sur le paysage, comme c'est souvent représenté rappeler que les positions d'ancrage d'une identité de la ville. Témoin le vrai bercail de l'ancien temps, grue de construction érigée sur le bord du fleuve, architecture audacieuse de la nouvelle cour, dont de nombreux bâtiments, leur diversité, fondée sur l'identité et la forme "d'une ville" (Gracq).

Clairement, la notoriété internationale de Nantes laisse à désirer. Beaucoup de touristes auront sûrement envie de visiter cette ville qui est bien et où une grue est érigée dans la rivière. Hélas, Le Voyage à Nantes risque pour certains de s’achever sur les berges du Rhône !
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* Du moins tel qu'il se présentait début 2011. Après un commentaire de ce texte bourré d'erreurs dans un nouveau post, la mairie a rectifié le tir
** Bien que totalement gratuit, Google Traduction est un logiciel efficace et respecté qui a remporté des concours internationaux de traduction automatique. L'exercice ci-dessus a été effectué le 31 décembre 2010.