lundi 26 septembre 2011

Delarozière quitte le navire

Qui a l’air malin ce matin, du côté de la mairie de Nantes ? Vendredi dernier, Pierre Cohen, maire de Toulouse, a annoncé à son conseil municipal que François Delarozière allait quitter Nantes pour Toulouse. Plus précisément, l’association La Machine installerait son activité « spectacles » à Toulouse-Montaudran.

Ce pôle d’excellence aéronautique est en cours d’aménagement au long de la piste de Montaudran d’où décollèrent les pilotes légendaires de l’Aéropostale. Il réunira des établissements universitaires, des laboratoires de recherche en mécanique des structures et en innovation thermique, un institut de formation… et deux cents machines de spectacle géantes, créées par François Delarozière.

« C'est fabuleux d'avoir à mettre en mouvement, en vie, ce projet urbain… » se réjouit l’intéressé, cité ce matin par le site web de La Dépêche du Midi. Sans un remerciement pour Nantes qui l’a obligeamment nourri pendant des années (et devrait continuer, puisque Delarozière a obtenu de toucher un pourcentage sur les recettes des Machines de l’île).

Les Machines de l’île étaient un projet bancal dès le départ. Leur principal atout était le talent esthétique de François Delarozière. Mais Nantes Métropole n'a apparemment pas pris la précaution de réclamer une clause d'exclusivité en contrepartie de son investissement. Caramba, encore raté !
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P.S. (c'est le cas de l'écrire) - Ce lundi 26 septembre à midi, ni le site web de la mairie, ni celui du Voyage à Nantes, ni celui de Nantes Métropole, ni celui de l'Office de tourisme de Nantes, ni d'ailleurs ceux de Presse Océan et Ouest France ne signalaient encore le départ de François Delarozière. Difficile à présenter, peut-être ?

8 commentaires:

lucm.reze a dit…

C’est peut-être une chance pour cet espace de l’Ile de Nantes de sortir de ce concept de bestiaire et de mécanique géante, dans lequel, même si cela a été intéressant, on semblait ne plus pouvoir sortir. Une occasion pour se rapprocher du fleuve et des bateaux, sortir du spectaculaire à tout prix et ouvrir cet espace à plus de diversité ?

Sven Jelure a dit…

Très certainement, François Delarozière voyait bien que son concept était à bout de souffle et qu'il était temps de passer à autre chose s'il voulait exploiter sa créativité. La perspective du Carrousel a pu maintenir l'élan jusqu'à présent, mais à quoi bon continuer à fabriquer des machines sans avenir ? Car à mon avis, Nantes Métropole n'est pas bornée au point de continuer à creuser sans fin le trou financier des Machines et l'Arbre aux hérons ne verra jamais le jour.

Anonyme a dit…

Le principal atout des Machines de l'île est plutôt leur site

Anonyme a dit…

Effectivement, sans arbre aux hérons, FD devait passer à autre chose et la proposition de Toulouse arrive à point nommé pour lui. Exit, ou plus tôt limite des machines pour devenir le symbole attractif de Nantes. Comme dit un autre il faut en revenir aux bases maritimes. Le transbordeur, un terminal paquebots, de manifs nautiques,la plaisance (nouveau ponton, tiens..) un circuit Jules Verne...on a ce qu'il faut, non ?

Sébastien a dit…

Relisez l'article de la Depeche, Les Machines ne quittent pas Nantes. Les constructions qui seront visibles à Toulouse ne l'était pas à Nantes ; donc, pour les nantais, ça ne change rien.

Leblanchet a dit…

L'attractivité des villes est faite d'apparition et de disparition. Nantes tient le haut de la liste depuis les années 90. Les effets conjugués des liaisons TGV Rennes et Bordeaux, le potentiel toulousain, l'ouverture d'annexes des grands équipements parisiens à Metz, Lens, la Biennale de Lyon et son projet Confluence, l''installation des supports économiques chinois à Montpellier vont entre autres contribués à repositionner Nantes comme city break. Une parmi tant d’autres. Le retour de Delarozière sur ses terres n’est qu’un signe annonciateur, Toulouse a décidé aussi de construire un équipement identique à la Fabrique nantaise. Le climat est un atout plus décisif que le copier-coller des aménagements.

Leblanchet a dit…

L'attractivité des villes est faite d'apparition et de disparition. Nantes tient le haut de la liste depuis les années 90. Les effets conjugués des liaisons TGV Rennes et Bordeaux, le potentiel toulousain, l'ouverture d'annexes des grands équipements parisiens à Metz, Lens, la Biennale de Lyon et son projet Confluence, l''installation des supports économiques chinois à Montpellier vont entre autres contribuer à repositionner Nantes comme city break. Une parmi tant d’autres. Le retour de Delarozière sur ses terres n’est qu’un signe annonciateur, Toulouse a décidé aussi de construire un équipement identique à la Fabrique nantaise. Le climat est un atout plus décisif que le copier-coller des aménagements.

Sven Jelure a dit…

@Sébastien : Ai-je dit que les Machines quittaient Nantes ? Relisez mon post : c'est Delarozière qui s'en va. Je ne prétends pas que ça change beaucoup de choses, mais c'est mauvais signe : le concept des Machines était déjà bancal, leur modèle économique était déjà foireux (Nantes Métropole qui comptait en tirer des recettes a désormais admis qu'il faudrait verser des subventions chaque année), à présent leur élan créatif va disparaître. Le choix de Delarozière montre aussi que Nantes n'est pas ou plus un pôle d'attraction majeur : l'argent ne suffit pas.