mardi 28 juin 2011

Nantilus (4) : L’enjeu est à terre

Côté Loire, on l’a dit hier, tous les espoirs sont permis au Nantilus. Côté terre, les perspectives sont moins roses. Avec son bar, son restaurant de 300 m2 et sa salle de réunion, le bâtiment flottant pourra accueillir 1.400 personnes à la fois. Elles ne descendront pas d’une navette fluviale, c’est pourquoi le Nantilus est relié au quai par de vastes passerelles.

Sur le plan de l'urbanisme, il participe ainsi au grignotage progressif du site des chantiers, peu à peu envahi par des éléments disparates (conteneurs, station-service de réforme, passerelle d’aéroport, bureaux, blocs-toilettes, hangars, tentes, manèges…) ; il rappelle une fois de plus l'absence d'une vraie stratégie municipale.

Pour y parvenir, il faut marcher plus de 300 m depuis Harmonie Atlantique, plus de 400 m depuis le parking des Machines, plus de 500 m depuis la station de tram Chantiers navals. Or c’est une marche en terrain découvert : la certitude d’arriver trempé les jours de pluie et de grand vent.

Ce n’est sans doute pas le genre de traitement auquel sont habitués les clients potentiels de l’établissement. Il est donc à parier que le quai ne tardera pas à accueillir un parking réservé, ou que Nantes Métropole créera une navette financée par le contribuable.

Et cela pourrait bien être l’un des enjeux inavoués de la création du Nantilus. Car le futur Manège des mondes marins pose les mêmes problèmes d'accessibilité. Au Manège sera adjoint un espace événementiel de 115 m2 capable d’accueillir 160 personnes. Si les Machines de l’île veulent le commercialiser auprès des adhérents de leur Club Entreprises, un accès automobile sera en pratique indispensable. Ce jour-là, il sera bien commode de dire que c’est la faute au Nantilus.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Je souscris pleinement à votre analyse sur les questions d'accessibilité au Nantilus et à la future Déferlante. On peut d'autant plus s'inquiéter au regard de ce qui s'est passé il y a quelques années à Paris sur le quai Henry IV réaménagé par Alexandre Chemetoff (eh oui déjà !). Rendu aux piétons, le quai est aujourd'hui régulièrement encombré d'autocars qui accèdent aux restaurants flottants et autres pastiches de paquebots venus s'amarrer sur l'espace public. Opérations réalisées pour certaines par la même équipe que le Nantilus (Yachts de Paris, Flahault Design).

Anonyme a dit…

Mais pourquoi s'acharner à vouloir aller en voiture partout? On dirait les même qui râlent sur les forums de Presse-Océan à propos de la piétonisation du centre-ville... 400mètres à pied c'est beaucoup pour vous? 5 minutes, c'est vrai que c'est long...

Sven Jelure a dit…

Pour moi, non, je suis un grand marcheur. Mais croyez-vous vraiment que le Nantilus vise une clientèle habituée à marcher sous la pluie, si ce n'est sur un terrain de golf ? Et puis il y aura les véhicules des fournisseurs, les accès de sécurité, etc. Idem, en pire, avec le Manège des mondes marins : quand la municipalité recevra ses invités dans le salon de réception adjacent, vous croyez qu'elle leur demandera d'y aller à pied ? C'est pourquoi je prends les paris : avant longtemps, il y aura un parking sur le terre-plein des Chantiers.