lundi 9 août 2010

Feiz ha Blaise

Au nom de la laïcité, la municipalité nantaise a refusé que les pèlerins du Tro-Breiz pénètrent bannières en tête dans le château de Nantes. La laïcité a bon dos. De toute évidence, ce n'est pas tant le catho qui gène que le Breton. Comme l'écrit Hervé Le Quéré, du Parti Breton :
Au-delà de l'aspect religieux, ce maire refuse avec acharnement tout signe de bretonnité et milite ardemment contre la réunification de la Bretagne, contre la langue et la culture bretonne, contre l'histoire de Bretagne qui reste absente des boutiques de cet « équipement municipal » qu'est devenu notre château...
Ce refus d'une Bretagne autre que touristique et utilitaire n'est probablement pas le reflet d'un simple intérêt électoraliste, encore moins celui d'un esprit de conquête angevin chez un natif de Maulévrier, mais plutôt d'une idéologie table-rasante. Complètement ruinée dans la réalité, celle-ci  reste tapie au fond d'esprits « fidèles aux idéaux de leurs vingt ans »... c'est-à-dire sclérosés depuis plus de quarante ans.

Le château en témoigne. Tel qu'il a été aménagé, son musée n'est pas une concession à la Bretagne mais au contraire un pan d'une oeuvre plus générale de destruction systématique (http://lameformeduneville.blogspot.com/2009/02/un-chateau-propagandiste-1-nantes-et-la.html). Redisons-le :
« Nantes en Bretagne », est-ce un thème de débat ? Pas pour ceux qui répondent « oui » ! Le débat est créé de toutes pièces par le camp d’en face, celui qui, par intérêt, pour se ranger du côté du manche ou par haine du passé et des identités populaires, voudrait qu’il y ait doute. Le musée donne à voir une version subtile de cette démarche de fausse impartialité. D’abord, son organisation permet de saucissonner l’essence de Nantes, comme si la ville d’hier n’était pas celle d’aujourd’hui, qui n'est pas celle de demain : du passé faisons table rase, morceau par morceau à défaut de Grand Soir. La salle n° 2 fait de Nantes « la cité des ducs de Bretagne », mais dès la salle n° 3 c’est « une ville du royaume de France », puis ce sera « une capitale négrière » (deux salles : le double de la « cité des ducs » !), « la ville des négociants », « la métropole d’aujourd’hui », etc.
Cela dit, la minceur des réalisations de Jean-Marc Ayrault en vingt ans de mandat ne lui vaudra pas une salle dans le musée -- tout au plus un débarras. L'histoire se venge de ceux qui l'ignorent.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

ce qui me fait tousser c'est que en tant que personnel municipal de la ville de nantes, j'ai recu, comme tous les autres employés municipaux, un mail de mon employeur lors de la venue du dalai lama pour m'inviter à aller l'accueillir à la mairie, lieu laic si il en est.
dans ce meme lieu, venait un representant d'une nation sans etat, recu en grandes pompes à la mairie, mais ce meme representant est aussi symbole de dieu sur terre dans sa religion.
en resume la mairie, laique, a donc recu un haut dignitaire religieux, a convié son personnel à aller l'acclamer en mairie.
mais elle refuse trois drapeaux et deux costumes religieux dans un autre de ces lieux laiques.
le dalai lama n 'etait pas en jogging quand il a ete recu par jmarc ayrault.

Anonyme a dit…

En effet, c'est un précédent intéressant ! Merci pour ce témoignage.
SJ

Anonyme a dit…

Au fait, le chateau de Nantes, il est à qui ?
Tout le monde sait qu'en 1532 - cela est rappelé sur le marbre dans la cour du château - fut signé le traité d'Union de la Bretagne à la France ; le Chateau devint alors propriété royale. Par la suite les républiques succéderont aux rois et tous rivaliseront en mépris pour ce lieu, y logeant des archives, des poudres ou des soldats...Classé monument historique en 1862, il est vendu par l'Etat à la Ville de Nantes en 1915. Mais les Maires de Nantes, si bien intentionnés fussent-ils, peuvent-ils, aux yeux des Bretons ou du droit, être considérés comme héritiers légitimes des biens Ducaux ? Pourrait-on vendre Versailles au Maire de cette ville ?

Anonyme a dit…

Très juste ! Le château des Ducs de Bretagne devrait plutôt appartenir à la région Bretagne. Il serait cocasse alors que la Loire-Alantique n'en fît point partie !

Poc'hanig a dit…

Un poisson d'avril de cette année, par un Breton d'Orléans, paru en image sur Agence Bretagne Presse, mais seulement le 1er avril, a annoncé la vente du château des Ducs de Bretagne par la ville de Nantes à la région Bretagne, sa reconstruction devant avoir lieu près d'une aire de repos de la voie express à l'arrivée en (région) Bretagne.

Faisons que ce n'ait pas été une prémonition !