mardi 6 octobre 2009

Du volontarisme dans l'attentisme

"Les arbitrages ne sont pas faits, nous voulons nous donner un peu de temps", disait hier Jean-Marc Ayrault à propos de la desserte de l'île de Nantes par les transports en commun, selon le récit de sa conférence de presse établi par Xavier Boussion dans Presse Océan.

"Nous voulons" : en voilà-t-y du volontarisme ! Et qui produit des résultats remarquables, puisque cet "un peu de temps" dure déjà depuis vingt ans : Jean-Marc Ayrault montre une grande efficacité dans l'attentisme. En effet, lors de son arrivée à la mairie de Nantes, il était clair que la question se poserait un jour : les chantiers navals venaient de fermer, l'avenir urbain de l'île de Nantes était déjà d'actualité.

Bon, admettons qu'il fallait "se donner un peu de temps" pour que Nantes fasse son deuil de la navale. Douze ans, est-ce suffisant pour guérir nos affects meurtris ? Toujours est-il que les choses "sérieuses" (les guillemets s'imposent) ont enfin commencé avec la mission confiée à Alexandre Chemetoff en 2001. "Le site est considéré comme lieu de ressource et d’inspiration, comme le support de l’invention du programme"*, indiquait le plan-guide établi par l'architecte. Traduction pratique : les projets seront définis a posteriori selon ce qui se passera sur le terrain. Application concrète : les transports en commun seront aménagés sur l'île après tout le reste et, aujourd'hui encore, on ignore ce qu'ils seront.

Le plus curieux est que le maire de Nantes considère en même temps, toujours selon Xavier Boussion, que l'avenir de Nantes "se joue sur quelques dossiers stratégiques", au premier rang desquels l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la ligne à grande vitesse Nantes-Rennes et la nouvelle gare -- c'est-à-dire des équipements de transports en commun ! Cela dit, peut-être compte-t-il aussi qu'il faudra plusieurs décennies pour les réaliser. Ne confondons pas vitesse et précipitation : avec nos édiles, soucions-nous de l'avenir à très, très, très long terme.

*
Place Publique, n° 4

2 commentaires:

oui a dit…

Bonsoir,

Je viens de lire (pas parcourir, non, lire) les premiers articles de votre blog. Les cinq premiers, pour être exact, soit 5 de plus qu'en 2008 et je peux le prouver.
Et 5 de plus qu'en 2010, aussi.
Destouches dirait la critique est aisée, etc.
Je confirme : vous excellez dans la critique non constructive. C'est bien de détruire ce que font les autres, mais êtes-vous capable de construire quelque chose ?
A votre lecture, il me semble que non.

Ca reflète bien mon opinion sur l'attitude française en ce moment (même si je n'aime pas généraliser) : au lieu d'être "pour" une idée, il est de bon ton d'être "contre" une autre.

Bon courage dans votre combat contre les moulins à vents, vous en aurez besoin.

G.

Sven Jelure a dit…

Merci pour votre critique si constructive. Comme vous l'avez sûrement remarqué, mon blog est intitulé "La méforme d'une ville", c'est-à-dire qu'il se penche sur (une minuscule fraction de) ce qui ne va pas à Nantes. Je consacre mes ardeurs constructives à d'autres travaux.

Il est vrai cependant que je n'ai pas grand mérite à critiquer, tant nos édiles s'acharnent à aller dans le mur, et souvent en klaxonnant. Comme vous le dites vous-même judicieusement, en les critiquant, je me bats contre des moulins à vent : des édifices d'un autre temps qui brassent beaucoup d'air sans produire grand chose.